LITTERATURE ET HISTOIRE

Essai : « Dans l’infinité des déserts » de William Atkins (Albin Michel)

L’Histoire : Les déserts, qui occupent un tiers de la surface terrestre, ont toujours captivé les hommes. Depuis les prophètes de la Bible et les mystiques jusqu’à Marco Polo et Lawrence d’Arabie, nombreux sont ceux à s’être lancés à leur découverte. Sanctuaire et refuge pour certains, lieu d’exil ou « vide atroce » pour d’autres : de quoi le désert est-il le lieu dans la vie et l’histoire de l’humanité ?

Je remercie chaleureusement les éditions Albin Michel pour cette lecture et leur confiance

Mon avis :

Note : 5 sur 5.

« Dans l’infinité des déserts, (Voyage aux quatre coins du monde) » de William Atkins, journaliste et écrivain anglais, unanimement salué pour cet essai par la presse anglo-saxonne. Qui n’a pas un jour rêvé de partir à l’aventure dans des espaces lointains, loin de la foule, des grattes ciels, de ces journées harassantes et chronophages. William Atkins a cette fascination pour les déserts et ce livre porte bien son nom car il va nous emmener à Oman, en Australie, en Chine, en Russie, en Egypte ainsi qu’aux Etats-Unis. Les déserts occupent plus d’un tiers de la surface terrestre. Cet attrait du désert existe dès les origines de l’histoire humaine. On peut remonter aux temps bibliques avec les prophètes. Le livre de l’Exode dans lequel les Hébreux voyagent pendant quarante ans dans le désert du Sinaï après avoir traversé la mer Rouge. Qu’on songe bien évidemment à Jésus-Christ partant jeûner quarante jours dans le désert, lieu des tentations du Diable mais aussi de purification. Le désert est la matrice dans laquelle le monachisme chrétien s’est formé. C’est depuis le désert arabique que Mahomet, dernier des prophètes et messager de Dieu, fondera la religion musulmane avec le Coran regroupant les paroles de Dieu ou révélations. Au XXème siècle on peut citer Lawrence d’Arabie dont le mythe fût intimement lié au désert Arabique. Les Européens n’avaient aucune idée de ce qu’étaient les déserts secs avant de les explorer au XIXème siècle. Il y a des femmes aventurières comme Mildred Cable et les sœurs French sont des figures importantes pour l’exploration du désert de Gobi en Chine. On y fait des découvertes fantastiques dans les grottes des Milles Bouddhas de milliers de manuscrits. Autre aventurier, Alexeï Ivanovitch Boutakov qui est le « Magellan de la mer d’Aral » pour Alexander von Humboldt et qui au milieu du XIXème siècle navigue et cartographie cette région reculée du monde. William Atkins a exploré en trois ans, la péninsule Arabique mais aussi les terrains des essais nucléaires en Australie, les rivages de la défunte mer d’Aral au Kazakhstan, jusqu’au pays des Ouïghours dans le nord-ouest de la Chine, du festival Burning Man dans le Nevada aux antiques monastères du désert Arabique en Égypte. A chaque épisode de son incroyable voyage, William Atkins voit son récit alterner entre histoire du lieu, avec les aventuriers qui les premiers ont visités ces déserts, mais aussi les descriptions, la topographie des lieux et les réflexions de l’auteur sur cette solitude qui s’abat sur vous en ces lieux, la liberté d’un territoire où les lois n’existent pas. Ce qui est très bien c’est qu’à chaque nouveau voyage, William Atkins, nous permet de situer les déserts grâce à des cartes d’une grande clarté et d’autant plus précieuses. C’est un récit de voyage, de rencontres humaines, assez curieusement d’ailleurs puisque l’on imagine le désert inexorablement vide alors qu’en fait l’activité humaine a atteint ces lieux les plus reculés et pas toujours pour les bonnes raisons. Atkins parle des nombreux essais nucléaires effectués dans ces zones retirées du monde, l’exploitation du pétrole, les conflits armés.. Il parle de cette course folle à l’armement durant la Guerre froide, de la radioactivité présente dans cette partie du désert australien, du sort des Aborigènes. Il aborde la question des Ouïgours et de la répression contre eux en Chine. On se sert de ces lieux depuis très longtemps, en Chine et en Russie, pour y envoyer les criminels et les opposants politiques. Un essai ample, riche en témoignages, en découvertes qui plaira aux amateurs de voyages inédits. L’ensemble du texte est précis tout en étant accessible et d’une grande clarté. Il nous ouvre sur ces confins du monde, leur singularité, les symboles qui s’en dégagent, les mythes et autres histoires incroyables qui les habitent. C’est un essai passionnant paru aux éditions Albin-Michel, dans la collection dirigée par Francis Geffard. A découvrir !

(26 commentaires)

  1. il m’intéresse beaucoup, beaucoup,
    j’ai hésité car le côté « essai » me freinait un peu, vu l’état actuel de mes neurones…. et aussi cette COP 26 qui tourne au « foutage de gueule »… oups, pardon, qui m’horripile
    Mais je vais me laisser tenter…

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  2. ReCoucou mon cher Frédéric. Me voici de retour…
    Alors pour mieux t’expliquer mon problème de publication de commentaire concernant ton précédent article, j’ai bien vérifié via tous les commentaires que je publie régulièrement et il s’agit d’un souci dont je n’avais encore rencontré depuis que je suis sur WordPress : En fait, mon commentaire a été signalé par WordPress comme étant corrompu, c’est pour cela que tu ne l’as pas aperçu …
    Bref, ce fut pareil lorsque j’ai voulu commenter un ancien article de Carfax (une blogueuse qui parle de la culture Asiatique).
    Voilà pour le problème qui je l’espère ne se reproduira plus…
    J’ai donc préféré commenter ton nouvel article qui date d’aujourd’hui…
    Alors, oui, moi qui aime les nouvelles cultures, je ne pourrai qu’apprécier cet essai de William Atkins.
    J’ai déjà pu admirer des déserts dans ma vie… Notamment au Tchad, non loin de sa Capitale N’Djamena… Et c’était vraiment magnifique… Certes désertique et totalement inconnu des touristes car très peu fréquenté… Mais c’était ça justement qui était magique ! Je m’en souviens encore comme si c’était hier…
    Il y avait aussi par période des invasions de criquets dans la ville de N’Djamena où encore assez régulièrement des tempêtes de sable (ce que l’on appelle Harmattan) qui pouvait soudainement obscurcir le ciel (passant alors du bleu azur à une couleur ocre presque rouge) en un rien de temps mais c’était tout ça que j’aimais aussi durant mon expatriation passé là-bas….
    Des souvenirs que je n’oublierai jamais et qui sont toujours gravés dans ma mémoire…
    Alors oui, je note ce livre avec plaisir pour un jour le lire…
    Merci encore Frédéric pour ce bel article…
    Je te souhaite un très bon week-end. Gros bisous à toi et à très bientôt 😁😀👍.

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  3. Coucou ma chère Cécile, je comprends mieux pour le bug du message. J’aime beaucoup le blog de Carfax, j’y suis abonné. Quelle chance d’avoir pu connaître ces endroits qui sont tellement différents de ce que l’on connaît ici. J’aime beaucoup quand tu décris ces lieux. Ce livre devrait te plaire, à la fois récit de voyage avec des réflexions de l’auteur sur certains problèmes actuels dans le monde, je songe aux Ouighours en Chine. Quel plaisir de te lire. J’ai hâte de découvrir tes nouvelles chroniques sur ton blog🌞. Merci Cécile pour tes commentaires et visites qui font chaud au cœur. Passe un beau weekend, Gros bisous et @très vite 😊🌞😀👍

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  4. je suis écœurée j’ai des envies de « tout faire péter » la montagne a accouché d’une souris (naine en plus!) + 2,7° à l’horizon et un arrangement de dernière minute c’est monstrueux 🙂
    bon dimanche à toi, ici brouillard humidité froid …

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