Ma chronique :

« Jesse James » est publié aux éditions Glénat BD. La couverture et les illustrations signées Regnault sont particulièrement réussies. Le scénario est l’œuvre de Regnault et Dobbs, avec les conseils de l’historien Farid Ameur. Résumer la vie d’un mythe du Far west comme Jesse James tient de la gageure notamment parce que cette BD ne fait que 56 p. On est un peu prisonnier du format, surtout que l’histoire est purement chronologique. J’aurais préféré un récit avec des retours en arrière, des flash-back. Un récit plus torturé comme l’était l’esprit malade de ce Jesse James des plus ambigu. La légende dorée l’a dépeint comme une sorte de Robin des bois détroussant les banquiers notamment. La réalité est beaucoup plus complexe bien évidemment. La BD commence tambour battant avec l’irruption de cavaliers nordistes, nous sommes en pleine Guerre de Sécession en 1863, lorsque ces hommes arrivent à la propriété des James. Refusant de parler, le patriarche de la famille est pendu sans aucune forme de procès. Les Nordistes ne sauront rien de l’emplacement de la planque d’un groupe de sudistes particulièrement violent et tenace. Ces images resteront gravées dans la mémoire de Jesse James. En pleine guerre civile, entre 1861 et 1865, entre les Confédérés ou sudistes et les forces de l’Union, les frères James participent aux massacres et autres exactions des sudistes. Jesse se cache au Texas une fois la guerre perdue. Il a une haine tenace des Yankees. Une majorité des habitants du Sud soutiennent Jesse James et sa bande de hors-la-loi qui pillent les banques, attaquent les trains, etc. La vengeance l’obsède et il continuera pendant presque deux décennies de semer la mort avec l’excuse de l’argent. Le mythe est en place et l’assassinat de Jesse James par Robert Ford qui abat d’une balle dans la nuque, un Jesse tué en 1882, alors qu’il décide de remettre un cadre et de tourner le dos à Robert Ford, se rapproche presque d’un suicide. Jesse James devient une légende, un mythe. Mais il y a également une légende noire avec cet engagement du côté des Confédérés qu’il ne reniera jamais, la mort aussi d’innocents lors des attaques pour de l’argent. Il rejette viscéralement les idées progressistes des hommes de l’Union. Sa violence, son caractère incontrôlable de tête brûlée en font un sujet fascinant pour le cinéma, la littérature et la BD bien évidemment. Au final, on obtient une BD qui manque d’un petit quelque chose. J’ai trouvé la fin de Jesse James trop vite expédiée. Encore une fois résumer une telle vie en si peu de pages me parais difficile. Je souligne, par contre, le travail des scénaristes et de l’historien pour rétablir certaines vérités sur Jesse James. Une lecture agréable, mais un peu répétitive, surtout que les planches avec les extraits de journaux cassent le rythme, le souffle que l’on attend d’un tel récit. Une lecture qui ne me laissera pas un souvenir impérissable.

Date de publication : 18 mai 2022 ; Éditeur : Glénat BD ; Nombre de pages : 56 p.

Mon avis :

Note : 3 sur 5.