Ma chronique :

Peu de conflits auront duré aussi longtemps, je songe à la guerre de Cent Ans dans l’histoire française, mais cela commence à sérieusement dater. La guerre entre l’Etat hébreu et ses voisins arabes, plus particulièrement entre le peuple palestinien et Israël qui dure depuis la création de l’état sioniste. C’est un conflit très difficile à aborder, car il est sujet à des prises de position exacerbées dans les deux camps. Les massacres et les guerres entre les Caïn et Abel du Moyen-Orient ont soulevé une levée de bouclier de la part de la communauté internationale. Florent Calvez signe une BD qui s’appelle « L’embrasement » inspiré du livre de l’historien et militaire français, Michel Goya. Il faut être sacrément courageux, voir inconscient, dans ce contexte d’une violence inouïe, pour se lancer dans la rédaction d’une BD qui se veut transpartisane et neutre dans la mesure du possible. Ici, dans cette chronique, je ne vais pas me lancer dans une diatribe pour l’un ou l’autre camp. Je ne maîtrise pas assez le sujet, mais surtout, je souhaite me concentrer sur les tenants et les aboutissants, de celle vue par un spécialiste comme Goya, et le travail phénoménal de Florent Calvez. Les planches d’illustrations sont splendides et très réalistes. Cette couverture terrifiante m’a tout de suite attiré. Dans les deux camps, des peuples qui souffrent et qui sont pris en otage par leurs décideurs. Le terrorisme et la corruption du Hamas, la réponse totalement disproportionnée d’Israël qui s’est coupé de l’essentiel de la communauté international, suite aux crimes de guerre qui, soit dit en passant, sont l’œuvre des deux camps. Car comment oublier le 7 octobre et le massacre aveugle de civils par les terroristes du Hamas, mais aussi comment oublier les bombardements contre les infrastructures civiles à Gaza, les hôpitaux, les stations pour l’eau potable, le blocus pour empêcher la nourriture de pénétrer dans Gaza. Car c’est de cette enclave où vivent 1,5 million de Palestiniens, dont il est question. Au fond, on ne sent pas une réelle volonté des pays arabes pour aider et financer la reconstruction de Gaza totalement rasé par l’aviation israélienne. Du côté de Netanyahou, on souhaite poursuivre l’anéantissement du Hamas à Gaza, mais aussi du Hezbollah au Liban financé par l’Iran, un pays dont on parle beaucoup ces dernières semaines surtout depuis l’entrée en guerre des Etats-Unis. Le sort des otages israéliens à Gaza, qui étaient enlevés et séquestrés depuis de trop longs mois avec des sévices, des mauvais traitement, des actes de tortures et des viols. Florent Calvez construit un récit passionnant pour mieux comprendre ce conflit qui cristallise les tensions internationales. Israël mène une guerre existentielle et on peine à mesurer cela. L’antisémitisme gagne du terrain et Israël, mis à part le soutien des Etats-Unis qui font figure d’exception, est ostracisé dans les grandes instances internationales où les débats sont houleux. Gaza martyrisé et la souffrance du peuple palestinien, mais aussi le sort monstrueux des otages israéliens aux mains des tortionnaires du Hamas. Chaque chapitre se termine avec une double page d’explication de Michel Goya. Elles sont très instructives. Les illustrations sont des plus réalistes et renforcent cette immersion dans l’horreur. C’est une synthèse non-exhaustive bien évidemment, mais elle suffit amplement pour mieux comprendre cette guerre qui dure depuis trop longtemps. Vraiment, je recommande cette BD qui, à l’heure de la désinformation, dans les deux camps, fait un bien fou, car on y apprend énormément de choses. Malheureusement, la paix entre le Hamas et Israël semble être une chimère pour le moment, tant la haine est présente dans les deux camps. Une BD passionnante, un auteur talentueux et les éclaircissements d’un militaire spécialiste de la question. Lisez « L’Embrasement » vous ne le regretterez pas.

Date de publication : 19 février 2026 ; Éditeur : Delcourt ; Nombre de pages : 134 p.

Mon avis :

Note : 5 sur 5.