Ma chronique :

Auteur d’un best-seller au titre éponyme « L’homme chevreuil », de l’auteur Geoffroy Delorme, ce dernier voit l’aboutissement de son travail, avec son adaptation en roman graphique. On retrouve au scénario et à l’adaptation du texte Vincent Zabus, tandis que les dessins et illustrations sont l’oeuvre de Jean-Denis Pendanx. À tout juste vingt ans, Geoffroy Delorme, rencontre un chevreuil lors de l’une de ses pérégrinations dans la forêt pas très éloignée de chez-lui. Il a un déclic et il lui semble avoir trouvé un sens à sa vie. Il plaque tout pour les rejoindre. Il y a un petit côté « Into the wilde », formidable film de Sean Penn, en moins tragique tout de même. Mais ce choix de partir vivre dans une forêt pendant sept longues années, de braver le froid et la faim au prix de splendides rencontres avec les chevreuils, à un côté quelque peu jusque boutiste aux yeux de beaucoup ne jurant que par l’argent et la réussite professionnelle. Un jeune homme qui a réussi à être accepté des chevreuils, à apprendre leur mode de vie, à mieux saisir la bonté, mais aussi la cruauté parfois présente dans la nature elle-même. Mais c’est l’homme qui est l’être le plus dangereux, par son potentiel destructeur. Les chevreuils en savent quelque chose, mais pas qu’eux. Lorsque les chasseurs et leurs chiens font irruption, la peur s’installe chez ses pauvres cervidés. Les chevreuils ont pourtant des moyens de réguler dans la nature leur population, et sans intervention humaine, puisque beaucoup de petits meurent en bas âge. Cette triste réalité montre, selon l’auteur, que la volonté humaine de réguler ces populations par la chasse n’a pas d’intérêt. Pendant sept ans, va se tisser un lien indéfectible entre Geoffroy et les chevreuils, on s’immerge au coeur de la forêt et on prend le temps de contempler les merveilles de la nature. Ce que l’on ne perçoit plus forcément en tant qu’hommes et femmes toujours pressés, Geoffroy lui, le voit. Il reconsidère les notions de réussite. Il apprend des bêtes et tisse des liens indéfectibles. La solitude, l’absence de confort moderne, rien ne lui déplaît. Tisser ce lien avec le chevreuil est ce dont-il a besoin. J’ai aimé les illustrations qui sont très belles et réalistes. Elles permettent de plonger au coeur de la forêt, d’apprendre énormément de choses sur les cervidés. C’est tendre, parfois cruel, à l’image de notre monde. Un roman graphique qui nécessite de prendre son temps pour savourer chaque planche d’illustrations. Si vous aimez la nature et tout particulièrement les chevreuils, alors ce roman graphique est fait pour vous. Je trouve, à ce titre, que la couverture est particulièrement belle. Une jolie surprise qui fait du bien à notre fibre écologiste. Respecter les différentes espèces qui forment l’écosystème vivant dans nos forêts. Être reconnaissant de ce que la nature nous offre. Geoffroy Delorme ne nous décrit pas un monde naïf, loin s’en faut, mais il nous rappelle que nous ne devons pas nous considérer comme étant au-dessus des animaux sous prétexte d’une intelligence prétendument supérieure. Certains esprits chagrins ont pu critiquer ce récit en pointant du doigts les invraisemblances, remettant en cause la véracité du récit. Sans doute, mais au fond, peu m’importe, car j’ai trouvé ce roman graphique lumineux. La BD vient tout juste de paraître chez Les Arène BD. Je vous la recommande.

Date de publication : 2 avril 2026 ; Éditeur : Les Arène BD ; Nombre de pages : 162 p.

Mon avis :

Note : 5 sur 5.