BD-thèque : « L’âge d’or » de Cyril Pedrosa et Roxane Moreil (Dupuis) – « La ballade du soldat Odawaa » de Cédric Apikian et Christian Rossi (Casterman)

20200504_151338L’Histoire : La légende parle d’un « âge d’or, où vallées et montagnes n’étaient entravées d’aucune mu-raille. Où les hommes allaient et venaient librement… » Mais ce temps lointain est bien révolu. Le royaume est accablé par la disette et les malversations des seigneurs de la cour. À la mort du vieux roi, sa fille Tilda s’apprête à monter sur le trône pour lui succéder. Avec le soutien du sage Tankred et du loyal Bertil, ses plus proches conseillers et amis, elle entend mener à bien les réformes nécessaires pour soulager son peuple des maux qui l’accablent. Mais un complot mené par son jeune frère la condamne brusquement à l’exil. Guidée par des signes étranges, Tilda décide de reconquérir son royaume avec l’aide de ses deux compagnons. Commence alors un long périple, où leur destin sera lié à « L’âge d’or » ; bien plus qu’une légende, bien plus que l’histoire passée des hommes libres et de leur combat, c’est un livre oublié dont le pouvoir est si grand qu’il changera le monde.

« L’âge d’or » a obtenu le prix BD Fnac-FranceInter 2019 et c’est peu dire qu’il l’a amplement mérité. Cyril Pedrosa est le dessinateur mais aussi le co-scénariste avec Roxane Moreil de ce volume un qui confirme toutes ses promesses. La couverture, sublime, est un appel au mystère de l’aventure, aux élans de la geste médiévale. Le scénario est prenant. Le vieux roi meurt. Alors que sa fille Tilda s’apprête à lui succéder, elle est renversée par son jeune frère qui la condamne à l’exil loin de son royaume. Avec l’aide des loyaux Tankred et Bertil, deux preux chevaliers, Tilda va chercher à reconquérir son royaume pour le bien de son peuple. Si l’histoire est somme toute classique, le traitement graphique, les illustrations le sont moins. Ces dernières sont d’une rare beauté et c’est l’atout majeur de cette aventure médiévale au souffle épique et mystérieux. On est époustouflé, ébloui par le talent de Cyril Pedrosa. C’est un très bel objet de plus de 200 pages avec des dessins flamboyants aux couleurs tantôt froides tantôt chaudes qui rappellent les enluminures des manuscrits médiévaux. C’est un tour de force, une prouesse formidable que cet « Age d’or » que je vous recommande chaudement. On est là, très clairement face à une BD qui va rester, un classique instantané. Il n’y a plus qu’à attendre le second tome à paraître cette année qui j’en suis certain sera tout aussi réussi. Patience.

Ma note: 5/5

Broché : 232 pages
Éditeur : Dupuis (7 septembre 2018)
Collection : L’âge d’or

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Couv_376239L’Histoire : Comment galvaniser les troupes quand le moral sombre, que l’on pressent l’enlisement dans l’horreur ? Un capitaine du contingent canadien, dépêché sur le sol français, forme un commando de snipers amérindiens, dont le fameux soldat Odawaa, matricule Tomahawk. Très vite ses faits d’armes, surhumains, d’une violence inouïe, sèment la panique dans les lignes ennemies.

« La ballade du soldat Odawaa » est une BD de Cédric Apikian et Christian Rossi parue aux éditions Casterman. C’est un western impitoyable sur fond de Première guerre mondiale, au croisement de Sergio Leone et Sam Peckinpah. C’est violent, addictif car le scénario de Cédric Apikian nous tient en haleine, les illustrations de Christian Rossi (dessins) et de Walter (couleurs) sont pleines de sauvagerie et décrivent parfaitement ce no man’s land de février 1915. On y suit la chasse à l’homme menée par le fameux soldat Odawaa, matricule Tomahawk, de père indien Cree et de mère française, il sert dans les troupes canadiennes et sème la mort par le biais de son fusil à lunette car il est l’élément central d’une unité de tireurs d’élite amérindiens. Il va devoir retrouver le commandant allemand Von Schaffner, un criminel de guerre de la pire espèce. Difficile de s’ennuyer lorsque l’on est à pareil fête. Là, on est très clairement face à une BD majeure à l’univers sombre et déchirant s’inspirant librement des faits d’arme des héros de guerre canadiens, notamment Francis Pegahmagabow et Henry Norwest. Crépusculaire, ensorcelante « La ballade du soldat Odawaa » est indispensable dans toute bonne BDthèque.

Ma note: 5/5

Relié : 88 pages
Éditeur : CASTERMAN (30 octobre 2019)
Collection : ALBUMS

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