Cinéma : « Les Chansons que mes frères m’ont apprises » de Chloé Zhao


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L’Histoire :
Johnny vient de terminer ses études. Lui et sa petite amie s’apprêtent à quitter la réserve indienne de Pine Ridge pour chercher du travail à Los Angeles. La disparition soudaine du père de Johnny vient bousculer ses projets. Il hésite également à laisser derrière lui Jashaun, sa petite sœur de treize ans dont il est particulièrement proche. C’est tout simplement son avenir que Johnny doit maintenant reconsidérer…

« Les Chansons que mes frères m’ont apprises« , un titre énigmatique, poétique et profond qui colle parfaitement à la sensation qui nous traverse au sortir de ce film signée par Chloé Zhao, une jeune réalisatrice née en Chine et vivant depuis dix ans à New York. Ce regard, son regard n’est pas celui des vautours voleurs d’images funèbres. Elle pointe avec délicatesse, sans suffisance aucune, les difficultés d’existence, le mal de vivre, dans une réserve indienne du Dakota, à Pine Ridge. Un endroit qui accumule les handicaps : l’alcool surtout qui rend fou, l’obésité, la drogue, les familles déchirées, la violence des gangs, les trafics en tout genre, le suicide, l’ennui enfin et le fait de n’être pas considéré tout à fait comme des hommes à part entière.. Ces humiliations, ces blessures, les indiens des Etats-Unis les vivent plus que de raison. On est ému par cette réalité, révolté même mais sans que jamais l’auteure ne cède aux facilités dramatiques communément admises dans malheureusement beaucoup trop de film-documentaire. La force de ce dernier, c’est de puiser justement dans son aspect naturaliste. Les acteurs sont au diapason, la relation si forte et si belle entre un frère et une sœur que rien ne peut séparer, John Reddy (d’une intensité rare) et la toute jeune Jashaun St. John (éblouissante) est le point fort de cette traversée d’une Amérique à la dérive, en perte de repères. Jamais sépulcrale ou mortifère, ce n’est pas ce qu’a souhaité exprimer Chloé Zhao, on sent bien au contraire poindre ici et là des notes d’espérances et une poésie des mots et des images saisissantes. Cela fait plaisir de voir qu’il y a encore des cinémas en France qui osent programmer de véritables œuvres qui donnent non seulement à voir mais également à penser notre monde et sa complexité. Ma note:5/5.

Interview de la jeune réalisatrice sur Télérama :

http://www.telerama.fr/cinema/chloe-zhao-j-ai-perdu-toutes-mes-illusions-sur-le-cinema-independant-americain,130987.php

http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19553259&cfilm=233834.html

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