Cinéma : « American Sniper » de Clint Eastwood


570218
L’Histoire :
Tireur d’élite des Navy SEAL, Chris Kyle est envoyé en Irak dans un seul but : protéger ses camarades. Sa précision chirurgicale sauve d’innombrables vies humaines sur le champ de bataille et, tandis que les récits de ses exploits se multiplient, il décroche le surnom de « La Légende ». Cependant, sa réputation se propage au-delà des lignes ennemies, si bien que sa tête est mise à prix et qu’il devient une cible privilégiée des insurgés. Malgré le danger, et l’angoisse dans laquelle vit sa famille, Chris participe à quatre batailles décisives parmi les plus terribles de la guerre en Irak, s’imposant ainsi comme l’incarnation vivante de la devise des SEAL : « Pas de quartier ! » Mais en rentrant au pays, Chris prend conscience qu’il ne parvient pas à retrouver une vie normale.

Sacré défi que celui relevé par Clint Eastwood dans son nouveau film « American Sniper ». Comment aborder la figure du héros Chris Kyle sans tomber dans l’hagiographie ? Je préfère vous le dire tout de suite, le procès intenté à Eastwood est profondément malhonnête. Oui, il y est question de patrie, de patriotisme, d’une forme d’héroïsme mais ce dernier est toujours vain et c’est là que réside à mon sens le point fondamental de la réflexion tenu par Clint. Bradley Cooper est exceptionnel dans son rôle. Il est ce héros au masque se fissurant au fur et à mesure que tombe ses dernières illusions sur ce combat. Pourquoi se bat-il au juste ? Pour protéger les siens, son pays contre ce qu’il perçoit comme étant le mal. Il ne sera pas un « mouton » mais bel et bien le « gardien du troupeau » face aux « loups ». Ce passage du film est intéressant car il consigne le matériel intellectuel et le conditionnement dans lequel on maintient Chris depuis qu’il est tout jeune. Bradley Cooper est un héros mais tout a une fin. Ses amis tombent les uns après les autres, sa femme (Sienna Miller magistral dans son rôle d’épouse et de mère) tente coûte que coûte de maintenir un semblant de vie normal mais le mal est fait. Kyle revient d’Irak miné par des troubles d’ordre psychiques liés au stress des combats qui est un point très bien rendu dans le film. Les scènes de combat sont affreuses, où peut-on voir ici une glorification du fait guerrier ? Kyle est un héros pour ses frères soldats. Lui ne fait au fond que ce qu’il sait faire : tuer. Mais l’aspect fondamental c’est que tout est vain, la chasse des terroristes d’Al Quaîda, le sacrifice des femmes et des enfants envoyés à la mort par des fanatiques aussi.. Bouleversant, révoltant dans ce qu’il nous montre de la réalité d’une guerre « propre » qui n’est qu’un concept pour technocrates bornés, qualificatif voulant masquer la réalité, cette réalité. Oui la guerre est sale, fût elle au nom d’idéaux aussi beau que ceux de liberté etc. Un grand film est celui qui ne vous laisse pas de conscience au repos. Un grand film vous questionne. Qu’aurais je fais moi ? Injustement boudé aux Oscars, Eastwood a obtenu la plus belle des victoires avec un succès public majeur aux États-Unis et un peu partout dans le monde. Un hommage poignant mais aussi tout en pudeur sur une des pages les plus sombre du XXIème siècle. Avec « American Sniper », Eastwood signe son film le plus abouti. Une œuvre maîtresse à n’en pas douter. Ma note:5/5.

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