Les films de l’année 2014 !


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5) « 
Tonnerre » de Guillaume Brac

Box Office France : 52 143 entrées

L’Histoire : Un rocker trop sentimental, une jeune femme indécise, un vieux père fantasque. Dans la petite ville de Tonnerre, les joies de l’amour ne durent qu’un temps. Une disparition aussi soudaine qu’inexpliquée et voici que la passion cède place à l’obsession.

Quel plaisir de retrouver mon cinéma fétiche à l’heure de voir « Tonnerre », le premier long métrage de Guillaume Brac. Un film que j’attendais avec une certaine fébrilité après en avoir vu la bande annonce. Porté par deux comédiens sublimes : Vincent Macaigne (si touchant en trentenaire adulescent) et Solène Rigot, j’ai également été véritablement subjugué par les décors (ah ! cette neige) qui donnent tant de charme à ce cinéma naturaliste s’il en est. Cette chronique douce amère, parenthèse poétique et sombre, nous plonge dans les affres de l’amour passion tel qu’ils peuvent se vivre aux différents âges de la vie. Réflexion poussée ou chacun à sa part de vérité et d’ombre, tout en nuance et jouant sur la carte d’un jeu d’acteur au diapason d’une bande originale aussi discrète que mélancolique. Jamais mortifère malgré une seconde partie du film axée davantage sur le polar, il émane de « Tonnerre » une justesse, une mesure, une sincérité enfin, qui force le respect et lève les quelques petits reproches que l’on pourrait lui asséner. On sourit, on est ému et l’on passe un très beau moment de cinéma. Mention spéciale à Guillaume Brac, le réalisateur, qui a tout d’un futur très grand et aux deux comédiens principaux que sont Vincent Macaigne, qui irradie la pellicule, et à la diaphane Solène Rigot. C’est mon premier coup de cœur de l’année. Ma note :5/5.

5087844) « Gone Girl » de David Fincher

Box Office France :1 803 515 entrées

LHistoire : A l’occasion de son cinquième anniversaire de mariage, Nick Dunne signale la disparition de sa femme, Amy. Sous la pression de la police et l’affolement des médias, l’image du couple modèle commence à s’effriter. Très vite, les mensonges de Nick et son étrange comportement amènent tout le monde à se poser la même question : a-t-il tué sa femme ?

Chaque film signé David Fincher rajoute une pierre de plus à l’œuvre déjà monumentale de ce réalisateur hors norme. « Gone Girl » ne déroge pas à la règle avec ce sens inné du plan juste, son esthétique froide et son angoisse distillée tout au long du récit. Un thriller haletant qui joue avec nos nerfs et une intrigue suffisamment maline pour nous embobiner en beauté. Le couple Ben Affleck, Rosamund Pike fonctionne à merveille dans cette description d’une Amérique rongée par le mensonge, la duplicité, les errances d’un système médiatique phagocytée par sa recherche du sensationnelle à n’importe quel prix. Son constat est accablant et le film de développer du même coup une philosophie de la noirceur, du mal niché au cœur même de ce que l’Amérique a de plus chère : ses valeurs que sont la famille, l’institution du mariage, la réussite sociale.. Fincher livre ici une étude glaçante de cette ambivalence américaine. L’ensemble dégage une incroyable force, une maîtrise formelle qui confine même parfois à un exercice de style presque trop parfait pour être tout à fait honnête. Peut-on reprocher à un film d’être parfait sur la forme ? Oui quand cela nuit à l’émotion suscitée. Malgré ce petit défaut inhérent au cinéma de David Fincher, « Gone Girl » demeure une fascinante peinture sociale de la société américaine contemporaine. Un des films majeurs de cette fin d’année à n’en pas douter. Ma note:5/5.

1228633) « Un Homme très recherché » de Anton Corbijn

Box Office France : 210 896 entrées

L’Histoire : Plus de dix ans après les attentats du 11 Septembre 2001, la ville de Hambourg a du mal à se remettre d’avoir abrité une importante cellule terroriste à l’origine des attaques contre le World Trade Center. Lorsqu’un immigré d’origine russe-tchétchène, ayant subi de terribles sévices, débarque dans la communauté musulmane de Hambourg pour récupérer la fortune mal acquise de son père, les services secrets allemands et américains sont en alerte. Une course contre la montre s’engage alors pour identifier cet homme très recherché : s’agit-il d’une victime ou d’un extrémiste aux intentions destructrices ?
« Un Homme très recherché » est l’adaptation d’un roman de John Le Carré. Je ne vais pas vous cacher plus longtemps l’enthousiasme qui m’a saisi après l’avoir vu. Pendant deux heures, nulle cascade, nulle munition tirée mais une réalisation d’un classicisme me rappelant les grandes heures du cinéma et du thriller (Sydney Lumet etc.) Un hommage à ces films qui ne sent pas pour autant la naphtaline. Bien au contraire. La virtuosité de la mise en scène, l’intrigue et le suspens s’en dégageant pour ne plus jamais nous lâcher et puis ce qui fait tout le sel de cette œuvre, la composition remarquable de Philip Seymour Hoffman, juste étourdissant dans le rôle de cet homme bouffé par ses démons intérieurs et ses erreurs passées. Alcoolique, fumant clope sur clope, le teint blafard, l’on ne peut s’empêcher de penser à cette fin tragique survenue en Février dernier. Car, il y a deux films ou presque ici. L’une n’étant pas moins en verve que l’autre. Le suicide, à petit feu durant deux heures, de cet acteur hors norme est non moins touchant. Hoffman sublime ici son rôle en lui conférant les oripeaux de l’épitaphe. Crépusculaire, saisissant, on touche là au grand art. Rachel McAdams est aussi à créditer d’une belle prestation mais inévitablement son impact apparaît sans commune mesure avec celui d’Hoffman. Un grand film d’espionnage servi par des acteurs au diapason d’un Philip Seymour Hoffman littéralement habité. Ma note:5/5.

4056622) « Les Gardiens de la galaxie » de James Gunn

Box Office France : 2 323 759 entrées

L’Histoire : Peter Quill est un aventurier traqué par tous les chasseurs de primes pour avoir volé un mystérieux globe convoité par le puissant Ronan, dont les agissements menacent l’univers tout entier. Lorsqu’il découvre le véritable pouvoir de ce globe et la menace qui pèse sur la galaxie, il conclut une alliance fragile avec quatre aliens disparates : Rocket, un raton laveur fin tireur, Groot, un humanoïde semblable à un arbre, l’énigmatique et mortelle Gamora, et Drax le Destructeur, qui ne rêve que de vengeance. En les ralliant à sa cause, il les convainc de livrer un ultime combat aussi désespéré soit-il pour sauver ce qui peut encore l’être …

James Gunn réalise un sans faute avec « Les Gardiens de la Galaxie », nouvel avatar de chez Marvel-Disney qui joue la carte de l’humour et de l’émotion là où s’empilent trop souvent, pour notre plus grand malheur de spectateur cinéphile, les blockbusters sans âme aucune. L’Histoire est originale et non une énième suite ou redite (n’est ce pas « Expendables »!), les acteurs, Chris Pratt en tête, sont au diapason d’un film qui nous réconcilie avec un cinéma pop-corn ne se prenant surtout pas au sérieux, tout en respectant néanmoins les règles élémentaires qui font les grands films de divertissement. Là où d’autres s’échinent à nous abreuver d’effets spéciaux tous plus grandiloquents les uns que les autres, sans profondeur, sans réflexion sur le pourquoi du comment, « Les Gardiens de la Galaxie » nous immergent dans un monde extrêmement riche visuellement et doté d’atouts non négligeables. Peter Quill est ainsi l’aventurier le plus cool survenu dans le paysage hollywoodien depuis les mythiques Star wars et autres Indiana Jones (et oui rien que ça!). L’humour est dévastateur sans être non plus trop insistant, les personnages sont travaillés et ont fier allure notamment ce cher Groot et son unique phrase assénée comme autant de pensums ! Rocket, le raton laveur qui tire plus vite que son ombre, Gamora, Drax.. Le walkman et sa Bo dévastatrice donne à lui seul ce supplément d’âme qui manque tant à d’autres productions. C’est à mon sens, le meilleur film de la série des Marvels. Un classique de la SF du XXIème siècle ! Ma note:5/5.

1396421) « Interstellar » de Christopher Nolan

Box Office France :2 454 359

L’Histoire : Le film raconte les aventures d’un groupe d’explorateurs qui utilisent une faille récemment découverte dans l’espace-temps afin de repousser les limites humaines et partir à la conquête des distances astronomiques dans un voyage interstellaire. 

Christopher Nolan a écrit et réalisé avec son frère « Interstellar », un film audacieux, une œuvre intemporelle, d’une ambition et d’une classe folle. Car si « Interstellar » est un formidable film de science fiction c’est aussi et avant tout parce qu’il nous confronte au drame vécu par un père qui doit quitter sa fille pour espérer la sauver, elle et le reste de l’humanité. La première demi heure est tout sauf spectaculaire, Nolan y installe la trame d’un récit qui ne faiblit pas un seul instant durant les 2h49mn que dure « Interstellar ». Tour à tour émouvant, cérébral, ou véritable feu d’artifice visuel créant une ambiance proche d’un « 2001, l’odyssée de l’espace » du XXIème siècle, impossible de ne pas se sentir littéralement scotché sur son fauteuil de cinéma ! Car c’est pour retrouver ces sensations, ces émotions que l’on aime le septième art. Les acteurs, Matthew McConaughey en tête épaulé de Jessica Chastain, Anne Hathaway, Matt Damon.. sont au service de ce film qui culmine dans sa dernière heure, renvoyant « Gravity » à une ébauche là où « Interstellar » signe l’aboutissement, la maîtrise d’un cinéma qui pousse ici à des hauteurs vertigineuses le sens d’un spectacle entier et réfléchi. Très attendu, ce qui devait être un blockbuster s’avère être un film d’une infinie richesse, une œuvre d’auteur sûr de sa force et de son talent, car qui aujourd’hui peut se targuer de mener à terme un projet d’une telle ambition. Christopher Nolan signe ici un véritable chef d’œuvre (n’ayons pas peur du mot) qui fera date, quintessence d’un cinéma jugé moribond mais qui avec de tels chefs d’orchestres a encore de beaux jours devant lui. Le spectacle est ici au service de l’humain et non l’inverse et cela franchement ça fait du bien. C’est à mon sens le film de l’année 2014 ! ni plus, ni moins. Je ne peux que vous inviter à courir le voir ami(e)s cinéphiles ! Ma note:5/5.

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