CINEMA

Cinéma : « Zero Dark Thirty » de Kathryn Bigelow


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L’Histoire : Le récit de la traque d’Oussama Ben Laden par une unité des forces spéciales américaines..

On pouvait craindre le pire, comment Hollywood allait-il traiter la traque la plus spectaculaire de l’histoire humaine, ou comment la puissance n°1, Les Etats-Unis d’Amérique, a t’elle fait pour retrouver et exécuter celui qui symbolisera l’horreur absolue du terrorisme aveugle pendant près d’une décennie, Oussama Ben Laden ? Un sacré sujet qui bien évidemment pouvait finir entre de mauvaises mains, fort heureusement chers ami(e)s c’est la réalisatrice oscarisée de « Démineurs » Kathryn Bigelow qui est aux manettes de ce projet cinématographique qui avait tout pour créer la polémique, qu’allait-on voir ou ne pas voir à l’écran ? « Zero Dark Thirty » démarre sobrement avec ce choix très judicieux à mon sens de ne diffuser que les bandes sons du 11 septembre 2001 sans les images. L’impact est alors encore plus forte car personnes n’a pu oublier ces images indicibles. Premières minutes en forme de coups de poing comme ces coups qui pleuvent sur un détenu torturé. Bigelow a choisi de montrer la guerre dans ce qu’elle a aussi de moins glorieux, la torture et ce débat sempiternel, des démocraties peuvent-elles utiliser la torture, même au nom de la lutte contre le terrorisme, pour obtenir des informations sur l’ennemi public n°1 du monde libre ? Bigelow vous laisse libre de votre opinion, ne cherchant pas à vous amener dans l’un ou l’autre camp et ce sera le cas tout le long du métrage. Les faits rien que les faits et nous de plonger dans les arcanes et les atermoiements d’une Amérique décontenancée face à cet ennemi d’un nouveau jour, cette hydre devrais je dire. Le plus saisissant dans ce film c’est de mesurer la solitude de l’équipe qui a pour mission de retrouver ce fantôme qu’était devenu Ben Laden, ce mythe pour qui chaque jour passé loin des griffes du grand Satan Américain était une victoire. Rien ne nous est épargné et nous de revisiter dix années d’horreurs qui se sont succédé dans le monde. Impossible de décrocher une seule fois durant ces 2h29mn que dure le long métrage de Bigelow. Les acteurs sont tous sobres et efficaces, Jessica Chastain en tête, car c’est à son acharnement, à son obsession, à son courage que l’Amérique doit sa rédemption et sa vengeance tant souhaitée. Cette transcription de la réalité de ce que nous avons pu suivre pendant près de dix ans sur tous les écrans du monde est saisissante et c’est la force majeure de ce film jamais manichéen. La dernière demi heure est d’une intensité à couper le souffle. Je n’ai que rarement été aussi pris par un film alors que nous connaissons pourtant l’issue. Là encore le traitement de l’assaut sur la « forteresse » D’Oussama Ben Laden est un modèle du genre. Éprouvant pour les nerfs l’on est saisit par la qualité de la reconstitution des lieux, rien que pour cette dernière demi heure le film mérite d’être vu. Kathryn Bigelow réussit ici encore un tour de force en s’emparant d’un sujet qui était loin d’être évident à porter à l’écran. Elle réussit grâce à sa parfaite maîtrise tant formelle que sur le fond à nous délivrer un film d’une rare puissance émotionnelle. Je n’ai qu’un seul mot à dire : bravo !

Ma note :5/5.  

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