Musique – Cinéma – DVD/Blu-Ray – Littérature

Le disque du Mois : Sébastien Tellier « My God Is Blue »

« Il » est de retour.. quatre années après le succès critique dithyrambique de son odyssée sexuelle, le plus fou et barbu des électrons libres de la désormais célèbre french touch nous  revient, toujours sur le label Record Makers, avec le non moins intriguant « My God Is Blue ». Comme à chaque fois chez Sébastien Tellier, le concept est au moins aussi important que le contenu. Cette fois-ci, c’est après avoir bu une décoction aux vertus extralucides que notre homme c’est découvert soudainement gourou d’un énorme et improbable trip en bleu. Pourquoi le bleu me direz-vous ? nulle ne le sait à par « maman », nom qui doit désormais affubler notre histrion barbu, fondateur de l’Alliance bleue, un mouvement sectaire, euh non.. un mouvement en somme qu’il est ici bien trop difficile d’essayer de définir tant les mots semblent des prisons de chair et de sang à côté de l’histoire abracadabrantesque contée par notre héros. Revenu de ses débauches (encore que cf. « cochon ville »), Sébastien Tellier se découvre maître spirituel. Encore une fois, il allie avec malice l’auto dérision, le second degré avec ce qui reste tout de même son vrai métier à savoir la musique. Car oui il est bien question de musique avec ce « My God Is Blue ». 12 titres constituant un album qui il est certain ne pourra pas laisser indifférent. Avec Mr Flash aux manettes Tellier a poussé le thème de l’album conceptuel jusqu’à ses frontières les plus lointaines. Dès le premier titre, « Pepito bleu » (cela ne s’invente pas), cloches et chœurs sur un son volontiers éthéré viennent célébrer l’ouverture de l’ode mystique avec des paroles absurdes au possible.. « pour commencer la prière des cieux, je vais m’asseoir décoré de Pepitos bleus.. », passé le trouble de ce texte mystico comique on se retrouve très vite à siffloter cette mélodie qui vous trotte dans la tête longtemps après la première écoute. Mais passons aux choses sérieuses si je puis m’exprimer ainsi, suivent dans l’ordre deux titres excellents, « The colour of your mind » et « Sedulous », la très disco « cochon ville » hymne au n’importe quoi assumé et titre le plus évident à mon sens du disque. Le cinquième titre est un moment fort du LP, elle prend la forme d’une splendide ballade acoustique « Magical Hurricane » se terminant par une montée d’orgue des plus réussies. « Russian Attractions »  et « Mayday » sont les deux titres les plus faiblards du LP, s’ensuit l’instrumental et très réussi « Draw your world », du Tellier comme on l’aime, aussi belle est la chanson « My Poséidon », « Against The Law » à une mélodie très chouette avec un texte délirant sur les coiffeurs.. , chanson éponyme du LP « My God Is Blue » sonne très bluette, sans doute la plus kitsch du disque mais l’air reste dans la tête c’est indéniable. Enfin comment clore ce disque si ce n’est avec un instrumental dont seul Tellier a le secret « Yes it’s possible » qui sonne très seventies. Un disque vous l’aurez compris aux sonorités multiples, certainement le plus conceptuel de Tellier, moins évident de prime abord que Sexuality c’est une certitude. Mais passé l’irrésistible envie de rire du personnage complètement déjanté qu’il c’est forgé, nous ne pouvons oublié que Sébastien Tellier est un faiseur de mélodies hors pairs, un cas à part dans ce monde de l’électro française. Imposteur pour les uns, génie pour les autres, ce n’est pas avec ce disque que les avis risquent de changer. Quoiqu’il en soit, l’artiste déjanté reste le seul à faire cette musique qui se laisse lentement apprivoiser. « My God Is Blue » malgré ces quelques faiblesses soulignées plus bas dans ma chronique reste malgré tout à mon sens un très grand disque truffé de moments épiques. Il est bel et bien définitivement à part dans le paysage musical français, un ovni.. oui un ovni parti loin, très loin sur Sirius..

Ma note :♥♥♥♥♥/5.

En écoute intégrale ici :

http://www.deezer.com/fr/music/sebastien-tellier/my-god-is-blue-1621040

Paul Weller pour être tout à fait franc je le connaissais surtout ces dernières années pour ces projets hors musique, je pense à sa collaboration avec la marque Pretty Green de Liam Gallagher, ou encore ces nombreuses photos en véritable parrain de toute la génération Brit pop, Noel Gallagher en tête mais aussi feu Blur et autre Richard Ashcroft de The Verve.. J’ai grandis avec cette musique et même si ce terme de Brit pop ne signifie vraiment rien à mes oreilles, il a le mérite de fédérer un ensemble de groupes disparates qui avaient qu’une seule idée, démontrer au monde qu’ils détenaient encore les clés de la pop et du rock mondial après ces années de triomphe US avec Kurt Cobain et Nirvana en tête de gondole.. tout cela ne nous rajeunis pas mais qu’il est bon de se replonger ainsi dans ces souvenirs de ferveurs quasi orgasmiques lorsque nous défaisions le plastique entourant la précieuse galette qui allait, et nous le croyions vraiment, révolutionner notre putain de monde ou plus sûrement dans mon cas me donner furieusement envie de taper du pied. Et Paul Weller dans tout cela me direz vous ? l’artiste revient avec « Sonik Kicks », 14 titres garantie 100% pur son british, une synthèse loin d’être passéiste mais bien au contraire résolument tourné vers l’avenir et surtout résolument optimiste dans son rendu. Tout commence par l’excellent titre « Green », la ballade pop « The Attic » jusqu’au très abouti « Paper chase » avant dernier et peut-être meilleur titre de ce disque réjouissant même si non dénué d’imperfections. Ainsi l’ensemble aurait pu être sans aucun doute plus resserré mais ne boudons pas, si vous aimez la pop anglaise, la vrai, l’éternelle, alors ce LP est pour vous ! Ma note :♥♥♥   /5.

L’Histoire : Au début de l’été 1956, Marilyn Monroe se rend en Angleterre pour la première fois. En pleine lune de miel avec le célèbre dramaturge Arthur Miller, elle est venue tourner « Le prince et la danseuse », le film qui restera célèbre pour l’avoir réunie à l’écran avec Sir Laurence Olivier..

Une idée n’a cessé de me trotter dans la tête pendant l’heure et demi qu’a duré ce film : qu’aurait pu donner « My week with Marylin » s’il avait été réalisé par un autre ? si le scénario avait été digne du potentiel formidable que constituait la vie de Marylin Monroe ? si les acteurs avaient été au diapason d’une Michelle Williams lumineuse et littéralement bluffante dans son interprétation de la star hollywoodienne ? Las, ce « télé »film n’est qu’une succession de poncifs sur les coulisses d’un film où joue Marylin Monroe. Cette dernière est la grande absente au fond, un comble me direz-vous. Le film ne fait qu’ébaucher ceux qui constituent pourtant les failles les plus à mêmes de mieux saisir la personnalité complexe de Marylin Monroe. Au-delà de la simple succession de clichés sur l’actrice, certains moments du film rendent rageant ce choix d’une production lisse et sans saveur. Ainsi lorsque Marylin se confie sur son enfance à son jeune courtisan, on aurait aimé que soit creusé cette idée. Reste la performance de Michelle Williams qui n’a plus grand-chose à prouver tant il est certain qu’elle est une immense actrice. Au final, beaucoup de regrets et j’attends pour ma part toujours le biopic qui saura rendre compte de la complexité de cette jeune femme bien au-delà du simple mythe.

Ma note :♥♥♥   /5.

DVD/Blu-Ray

L’Histoire : Dans la propriété des Recchi, riche famille d’industriels milanais, Emma coule des jours monotones, enfermée dans son mariage et son sens du devoir.
Au printemps, elle fait la connaissance d’Antonio, surdoué en cuisine et meilleur ami de son fils. Leur rencontre déclenche des passions longtemps réprimées et conduit Emma sur le chemin d’un retour à la vie..

Quelques lignes sur un film vu ce mois-ci en DVD et qui m’a tout particulièrement touché, il s’appelle « Amore » du réalisateur italien Luca Guadagnino qui offre ici un rôle à sa mesure à une Tilda Swinton éblouissante de bout en bout en femme s’éveillant aux multiples délices des sens. L’on se surprend à regarder ces images comme on le ferait d’un tableau nous contant la foudroyante et inexorable fuite en avant d’une femme bouleversée par un amour emportant tout sur son passage et remettant en cause les fondements mêmes de son existence menée jusqu’à présent. C’est esthétiquement et sur le fond du propos en lui-même très beau. On ressort envoûté, subjugué, par cette plongée dans les précipices insoupçonnés d’une âme tourmentée par cet élan d’amour passionnel. Bien-sûr, comment ne pas le souligner, Amore doit beaucoup à son actrice principale qui est je le répète mais c’est vraiment le cas, incroyable tant elle porte sur son dos l’ensemble du film. Une œuvre baroque où la musique a elle aussi une importance cruciale. J’ai adoré.

Ma note :♥♥♥♥♥/5.

L’Histoire : Dans le Paris des années 30, le jeune Hugo est un orphelin de douze ans qui vit dans une gare. Son passé est un mystère et son destin une énigme. De son père, il ne lui reste qu’un étrange automate dont il cherche la clé – en forme de cœur – qui pourrait le faire fonctionner. En rencontrant Isabelle, il a peut-être trouvé la clé, mais ce n’est que le début de l’aventure…

Un Blu-Ray qui avec celui d’Avatar fera office de référence tant par la qualité de l’image, sublime de bout en bout et qui rend justice à la magnificence des décors, que du son. Un vrai bonheur pour les sens que ce « Hugo Cabret » de Martin Scorcese vu à sa sortie au cinéma en décembre 2011 et qui m’avait énormément plu. Un spectacle davantage destiné aux grands enfants que nous sommes restés au fond qu’aux tous petits tant ce film se veut un vibrant hommage au tout début du cinéma et en particulier à celui de Méliès.

Ma note :♥♥♥♥♥/5.

Retrouver ma critique de ce film de Martin Scorcese ici :

https://thedude524.wordpress.com/2011/12/21/cinema-philosophie-musique/

L’Histoire : Cynthia a quatorze ans. Elle a fait le mur pour la première fois, telle une adolescente rebelle devant l’autorité familiale. Sauf que, le lendemain, plus aucune trace de ses parents et de son petit frère. Et aucun indice. Vingt-cinq ans plus tard, elle n’en sait toujours pas davantage. Jusqu’à ce qu’un coup de téléphone fasse resurgir le passé

« Cette nuit là » est le premier roman publié en France par Linwood Barclay. C’est d’ors et déjà un best seller mondial tant il est vrai que cet auteur sait manier l’art du suspense dans un thriller où les surprises s’enchaînent à vitesse grand V. Le point de départ est intéressant, ces disparitions inexpliquées, toutes ces interrogations laissées en suspens, c’est le point fort de la première partie de l’ouvrage qu’on ne peut plus lâcher tant l’envie d’en savoir plus nous tenaille. Là encore, Barclay n’a pas la puissance littéraire d’Ellory mais il est indéniable que l’on prend plaisir à suivre les différentes pérégrinations de nos trois personnages principaux. La seconde partie voit l’intrigue s’envoler littéralement et percer peu à peu les multiples secrets qui jalonnent le récit. Soyons honnête jusqu’au bout, je n’ai pas trouvé la fin à la hauteur des questionnements soulevés, on se dit presque : « tout cela pour ça ». Soyez rassuré je ne dévoilerais rien ami(e)s lecteurs et vous laisserais la surprise totale. Si vous voulez décompresser, vous reposer l’esprit en somme, alors ce livre est parfait pour vous. Il remplit amplement son contrat et mérite son succès c’est indéniable sans pour autant transcender les codes du genre.

Ma note :♥♥♥♥  /5.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s