Cinéma du Dude Janvier10 : « Bright Star »-« Orphan » Littérature : Christian Bobin

 

C’est indicible, impalpable, invisible et pourtant cela s’est incarné dans mon coeur. Est ce donc cela que l’on appelle « Amour » ? Ce film de Jane Campion (auteur du très beau « La leçon de Piano« ) intitulé« Bright Star » m’a profondément touché. L’émotion aurait pu me submerger mais j’ai tenu bon. La vie de ce poète nommé John Keats (1795-1821) est marquée par cette fulgurance, cette comète qui a un jour traversé ce ciel où virevoltait les mots du poète. Qu’il est bon de retrouver l’essence de ces mots vidés de leur sens. Dans ce film, les mots s’incarnent véritablement. Ils sont la chair, la nourriture d’amour indispensable, ce lien inaltérable liant l’être aimant et l’aimé. La traduction du manque est très juste. C’est à devenir fou, une douleur sourde et lancinante et l’on se surprend à se demander comment l’on a fait pour vivre sans elle. Elle est le manque. Les vers de ce poète parti trop tôt ont quelque chose de surnaturel. L’amour et la souffrance ont été ses muses. Je quittais cette salle le coeur lourd. Mon cher John Keats, voyez vous, je vis cela. Je me consume peu à peu, ensorcelé, amoureux… C’est dans les yeux d’Abbie Cornish que je vous retrouvais mademoiselle. Je n’ai cessé de penser à vous, mon horizon, mon étoile dans la nuit. Tel Hylas c’est dans vos yeux que je veux me noyer ! « Celui qui n’a pas connu l’absence ne sais rien de l’amour » écrit Christian Bobin dans « Une petite robe de fête. » C’est d’une telle justesse, la voilà la vérité et c’est de cela dont traite ce film d’une beauté formelle, esthétique saisissante, d’une élégance et d’un raffinement qui confine au sublime ! (le mot ici n’est point usurpé) John Keats mourra de la tuberculose à seulement 26 ans, foudroyé, et personne ne sait alors qu’il sera l’un des poètes romantiques les plus importants de sa génération. Il se consumera aussi pour une autre raison, celle-ci a pour nom Fanny Brawne, sa voisine. Les deux êtres vont tomber éperdument amoureux l’un de l’autre. L’amour irradie littéralement la pellicule de Jane Campion, totalement maître de son sujet. C’est un cinéma exigeant, pur, beau tant sur le fond que dans la forme, un cinéma non dénué d’un certain clacissisme (ce qui à mon sens est une vertu). Ici tous les écueils du mélo hollywoodien sont rejetés avec vigueur, la réalisatrice ne retenant que l’essence d’une passion qui consume forcément deux êtres follement épris l’un de l’autre. Ce qui est parfaitement rendu et absolument bouleversant c’est ce sens profond et véritable que l’on donnait aux mots qui étaient alors véritablement incarnés et non vidés de leur sens

comme aujourd’hui. Une époque où l’on s’envoyait des lettres cachetées avec des baisers enflammés en guise de timbres postes… le romantisme qu’il soit en peinture, en poésie, en musique est véritablement le courant artistique que je préfère, celui où je me sens le mieux. Ce film est un baume sur le coeur des derniers Iroquois qui croient encore que les mots, les livres, la poésie ont leur place dans une histoire, et qu’ils sont même fondamentaux. Réhabilitons ces mots qui peuvent nous apparaître désuet mais qui font pourtant parti intégrante de notre âme. Ceux qui sourit en lisant que l’amour rend fou, que l’amour nous rend imprudent n’ont pas connu la passion, la véritable passion… à l’inverse ceux d’entre vous qui le vivent où l’ont vécu me comprennent j’en suis certain. J’ai particulièrement retenu ce passage du film où la jeune femme demande à sa mère, « est ce cela l’amour…souffrir… » La poésie de Keats est sublimé par une musique très belle qui nous procure de pures moments de grâce. « Bright Star » est sans artifice et repose sur une maîtrise formelle sans faille d’une réalisatrice qui nous livre là un véritable chef d’œuvre, une petite bulle de poésie dans un monde qui en manque cruellement. Un grand coup de chapeau aux acteurs d’une sincérité bouleversante. Les acteurs sont tous inconnus mais alors quel talent ! Abbie Cornish et Ben Wishaw sont bouleversants de sincérité. Ici, tout est finesse et volupté, plaisir des mots qui sont chairs, beauté des décors, des images, certains plans sont à ce titre dignes de peintures romantiques. Je le pressentais, une sensation étrange, indéfinissable qui avait débuté à la vue de cette affiche très belle et qui c’est confirmé avec la bande annonce. Il y avait une forme d’urgence, il fallait que je le vois et le plus vite possible. Cela m’arrive parfois, une véritable pulsion, un désir indubitable de voir le miracle tant espéré se réaliser. « Bright Star«  est sorti hier dans un nombre de salles limité. Je ne peux que vous encourager à aller vivre au cinéma cette expérience poétique d’une rare intensité. Ma Note:♥♥♥♥♥/5.

« Je rêve que nous sommes des papillons n’ayant à vivre que trois jours d’été. Avec vous, ces trois jours seraient plus plaisants  que cinquante années d’une vie ordinaire. » John Keats

Les critiques sont excellentes notamment celle de Télérama, pour plus d’informations, cf.

Une petite robe de fête
Christian Bobin

Cette nourriture que peuvent constituer les mots et bien, chers ami(e)s sachez que ces derniers temps c’est dans les livres de Christian Bobin que j’ai chercher à puiser cette force et cette tendresse qui sont indispensables au jeune homme que je suis. Je suis sûr qu’il en est de même pour vous, je le ressens ainsi en vous lisant. Les mots de Bobin sont un baume pour les cœurs emprisonnés, les esprits chagrinés, les âmes en peine ou les personnes qui tout simplement ressentent ce manque inhérent à la vie. Qu’il est bon dans ces moments d’aller à cette source pour y retrouver l’espérance. La littérature est un viatique, sans elle point de salut à mon sens parce qu’elle nous ouvre les portes fermées ou seulement entrouverte de cet autre qui est en nous. C’est à la lueur de la lampe de chevet éclaircissant le texte imprimé sur le papier que nous mesurons et devinons l’importance pour les pauvres êtres que nous sommes, de trouver des réponses, mêmes ci ces dernières ne sont que des ébauches. Lire c’est s’ouvrir au monde, lire c’est voyager, penser, et puis mes ami(e)s c’est ensuite le partage que nous en faisons. Il est bon, à l’heure où la culture est attaquée par des despotes non « éclairés » d’utiliser ces mots qui constituent

Geai
Christian Bobin

les livres qui font partie de nos vies. Parce qu’aimer c’est aussi tout espérer et bien enrichissons nous par ces livres et ensuite propageons autour de nous, du mieux que nous le pouvons, cette force d’amour et d’espérance. J’insiste sur ces deux derniers mots parce qu’à mon sens ils sont cruciaux. Les livres de Bobin nous plongent dans un monde où la poésie est un instant de grâce. Les ouvrages sont courts mais n’en sont pas moins riches de sens. Chacun des mots de Bobin sont utilisés un peu comme les petits carreaux qui formaient les mosaïques antiques. C’est ainsi en nous élevant par la pensée que nous pouvons contempler la beauté de ce qu’une main et un esprit peuvent produire. Pourquoi opposons-nous sans cesse métiers manuels et professions de l’esprit alors que le miracle de l’écriture, la sublimation, la transcendance de nos vies sont le fruit de cette union entre une main, une plume et un esprit. Lire Bobin est un bonheur que l’on ne rencontre que trop rarement parmi les écrivains contemporains français, c’est pourquoi je voulais rendre hommage à l’une des plus belles plumes actuelles. Le chrétien que je suis ne peux s’empêcher d’admirer cet homme qui écrit comme un chrétien sans en être véritablement un. Je m’explique, la terminologie employée par Bobin est fondamentalement chrétienne et pourtant alors qu’il pressent l’existence de ce que le croyant qualifiera de Dieu, lui reste comme sur le seuil d’une maison, il regarde et il attend et cela me touche. Je peux vous conseiller notamment la lecture de « Geai » (mon préféré), de « Louise Amour », « Le Très-Bas » (sur la vie de Saint François d’Assise) ou bien encore « Une petite robe de fête »

« Orphan » ou Esther est un pur film de genre et comme son affiche nous le laisse entendre, nous ne verrons plus jamais les enfants du même œil après cela. N’y allons pas par quatre chemins, Esther est certes un divertissement honorable qui remplit son rôle, on a peur, le climat est oppressant et l’actrice jouant la petite fille démoniaque est assez sensationnelle, mais voilà, le problème de fond de Orphan c’est qu’il ne fait que revisiter sans apporter d’originalité. On se surprend à suivre l’histoire sans désintérêt, les rebondissements sont efficaces et la fin (non je ne vous dirais rien…loll) réserve son lot de surprises. En fait ce film me fait penser à la « Chambre 1408 », c’est un produit calibré, sans trop de fausses notes mais auquel il manque une âme, un style, un réalisateur oserais-je dire. Au final, je ne peux pas dire que j’ai été déçu par Orphan dans le sens ou je n’en attendais pas non plus des merveilles. Orphan est divertissant et c’est déjà pas mal, pour le cinéma et bien on repassera :))

Ma Note:♥♥♥  /5.

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3 réflexions sur “Cinéma du Dude Janvier10 : « Bright Star »-« Orphan » Littérature : Christian Bobin

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  2. kikou, toi etre toujours aussi bavard lolllll et etre dans ton univers que je respecte, il est magnifique, et cela te permet de t échapper,
    merci pour cette très belle note, et j en profite pour t adresser tous mes voeux pour cette nouvelle année
    te fais de gros bisousssssssssssssss

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