Réflexions sur la foi chrétienne : l’espérance – Cinéma « Lovely Bones »

Réflexion, Foi, Espérance

Noël 2009

La très belle homélie de notre Saint-Père Benoît XVI prononcée lors de la messe de minuit 2009 est à lire ici :
http://www.vatican.va/holy_father/benedict_xvi/homilies/2009/documents/hf_ben-xvi_hom_20091224_christmas_fr.html
Il est toujours intéressant de se confronter aux textes, à la vérité révélée par ces mots qui ont une résonance toute particulière dans mon ♥. Au moment où ici et là j’entends que l’on se pose la question de savoir ce que c’est que d’être Français et bien je pense qu’il est bon d’aller bien au delà de ces querelles stériles, en réfléchissant sur ce qui fait avant tout l’essence de notre humanité… Ainsi dont certain(e)s semblent découvrir la faille qui traverse nos sociétés « modernes » bâties sur le sable du matérialisme, du relativisme et de toutes sortes de truchements visant à nous faire croire par exemple que la France serait née subitement en 1789. Ainsi dont, nous serions sortis des ténèbres dans la nuit du 4 août ? La belle histoire… 1600 ans de culture judéo-chrétienne et près de 800 ans de royauté jeté à la fosse commune par une République infatuée d’elle-même, amnésique au point d’être incapable de se souvenir de ce qui forme pourtant les racines de ce territoire. Face à cette crise économique, politique ou bien encore morale, oserais-je dire existentielle, il m’ait apparu intéressant de lire quel pouvait être le point de vue de l’Église catholique apostolique et romaine sur ce qui se vit en ce début de XXIème siècle. Face à cette perte de repère généralisée, la foi peut être cet élément auquel nous raccrocher pour espérer, ce roc solidement planté au milieu de la tempête !

Encyclique : L'Amour Dans la Verite

La troisième encyclique de Benoît XVI « L’amour dans la vérité » confirme tout le bien que je pensais de notre Saint-Père. Il est à mon sens l’un des derniers esprits encore « vivants » de cette triste époque. Si des désaccords existent sur les questions de l’avortement ou encore de l’accompagnement des personnes en fin de vie, sur bien d’autres points je le rejoins et adhère à cette idée d’un « développement intégral de l’homme. » Le Saint-Père nous rappelle les fondements de la mission apostolique des Souverains Pontifes qui se doivent de « guider d’une manière apostolique l’Église du Christ (…) » La doctrine sociale de l’Église parle d’un « humanisme transcendant » qui doit dépasser les seules contingences économiques et matérielles. Et Benoît XVI d’écrire cette phrase qui me plais beaucoup : « Je voudrais rappeler (…) aux gouvernants (…), que l’homme, la personne dans son intégrité, est le premier capital à sauvegarder et à valoriser. » Pour cela, il convient de ne pas « retrancher de l’histoire l’espérance chrétienne » qui est fondamentale, cette Parole d’un Dieu qui « est Vérité et Amour. » Il nous rappelle que Dieu a aussi sa place dans la sphère publique. Ainsi la doctrine sociale de l’Église est née pour revendiquer ce « droit de cité » de la religion chrétienne. L’humanisme intégral, lui, n’exclut pas Dieu au contraire de cet « humanisme inhumain » qui rejette Dieu. Il faut faire attention car le « processus de Mondialisation pourrait substituer la technologie aux idéologies » et devenir à son tour « un pouvoir idéologique. » Les lecteurs de ses deux précédentes encycliques ne seront pas surpris de le voir oser un rapprochement courageux et à mon sens très juste entre un laïcisme  « prônant l’exclusion de la religion du domaine public » et le fondamentalisme religieux « empêchant toute possibilité d’un dialogue fécond et d’une collaboration entre la foi et la raison. » Foi et raison sont ici consubstantiels en somme et Benoît XVI, loin de suivre la praxis actuelle visant à les opposer, d’écrire que « La raison a toujours besoin d’être purifiée par la foi. La religion a toujours besoin d’être purifiée par la raison afin qu’apparaisse son véritable visage humain authentique. » Il ouvre ici des pistes de réflexion qui sont autant d’éléments pour nous permettre d’y voir un peu plus clair en ces temps de bouleversements majeurs. On peut être en désaccord avec les écrits de Benoît XVI mais une chose est certaine, on ne peut l’accuser de vouloir travestir ses convictions. Il creuse son sillon, inlassablement, en bon pasteur de son troupeau. La lecture de ce texte m’a beaucoup plu, cette encyclique est certes plus exigeante que les précédentes, mais je ne peux que vous inviter à découvrir la pensée de cet homme au delà des clichés exposés ici ou là dans nos médias. Chacun ensuite est libre de se forger sa propre opinion selon que l’on soit croyant, non-croyant, sceptique, ou un peu des trois en même temps, bref « des humains » essayant d’avancer vaille que vaille avec nos contradictions, nos doutes et peut-être, je vous le souhaite de tout ♥, une pincée d’espérance !

Peinture Marie qui défaites les nœuds

Le tableau de « Marie qui défait les nœuds » est vénéré dans l’église de Saint Peter am Perlack, à Augsburg en Allemagne, depuis 1700. Il a été peint par un artiste inconnu. C’est non seulement un très bel exemple de ce que la foi a pu produire sur le plan artistique, mais également un moyen de réfléchir à partir de ce tableau sur ce que l’on va appeler la neuvaine de « Marie qui défait les nœuds. » La neuvaine est une tradition séculaire catholique consistant à offrir un peu de son temps pendant neuf jours afin de prier pour rechercher avec ces mots qui libèrent une espérance ou une rédemption selon les cas. Le but ici n’est pas de répéter de manière mécanique un texte, il faut simplement vivre ces mots écris pour nous, ouvrir son ♥ et se mettre à nu devant notre Mère bien-aimée. Il n’y a pas de tabous, toutes les choses qui nous font du mal et bien nous pouvons en quelque sorte les expulser en priant Marie de nous guider, de nous aider à aimer, à avancer sur ces chemins tortueux de la vie… La religion chrétienne place l’amour sous ses trois formes comme étant l’alpha et l’oméga du message du Christ. Partant de là, il ne faut surtout pas croire que c’est la perfection qui est le but ultime à atteindre, bien au contraire, les plus saints sont magnifiquement humains, oserais-je même dire « plus humain que les humains ». Il faut nous déculpabiliser, la foi ne doit pas être perçue comme une forme de contrition forcée, une atteinte à nos libertés ou tout du moins à ce que nous pensons être des libertés. C’est si intime la foi, comme l’amour elle connaît des périodes de crise et des moments d’extases avec le reste du temps une bienveillante neutralité. Les mots peuvent guérir les bleus à l’âme, j’en suis intimement persuadé. C’est un chemin difficile, long, éreintant, le doute est là, inhérent à la foi, mais cette soif d’espérance nous pousse à poursuivre encore et encore. Si j’écris cela c’est parce qu’ici et là j’entends ce qui peut être dit au nom de la foi. J’ai toujours le sentiment de toucher au plus secret de moi-même lorsque j’évoque la question religieuse. Voilà, ami(e)s lecteurs, vous qui êtes habitués de ces lieux ou bien au contraire nouvel arrivant, je voulais vous signifier qu’il peut y avoir à certains moments de nos vies, un besoin d’être aidé, d’être éclairé dans la nuit. La Vierge Marie peut-être cette étoile qui nous guide dans la nuit.. Le catholicisme a cette particularité qui m’ait chère du culte mariale. Il n’y a rien de plus beau, de plus apaisant qu’une Vierge à l’enfant peinte ou sculptée. Le miracle au fond réside dans cette inexplicable sensation d’être en face d’une présence qui peut faire du bien alors que l’on est seul face à soi-même, alors qu’à l’inverse l’on se sent si seul au milieu d’une foule, ou face à certaines personnes. Ce sentiment étrange d’être face à Celui qui est plus « intime à moi-même que je ne le suis à moi-même » écrivait Saint Augustin. Je mets ici quelques liens vers des ouvrages que je possède et dans lesquels je puise quelques nourritures.

 

La prière, un peu comme la poésie, nous invite à prendre la mesure de cette force contenue dans les mots, on peut la lire par plaisir, curiosité littéraire, ou bien au contraire dans un désir ardent d’entrer en intercession, de se confier ainsi dans le creux de la nuit à Celui ou Celle qui ne juge pas..

« (…)Accueille mon appel Garde-moi, guide-moi, protège-moi.

Tu es mon refuge assuré.

Marie, Toi qui défais les nœuds, prie pour moi.

Amen.« 

-Cinéma

Lovely Bones

Il y a des films comme cela qui vous procure une irrésistible envie d’aller au cinéma, « Lovely Bones »de Peter Jackson (que je ne présente plus) fait partie de cela. Précédé d’une bande annonce et d’une affiche des plus réussies, c’est avec fébrilité que j’attendais l’arrivée de ce qui devait être l’une des sorties cinéma les plus importante de cette année 2010 ! J’ai eu cette chance de voir « Lovely Bones » qui est adapté de l’excellent livre d’Alice Sebold (si vous ne l’avez pas encore lu, je vous le recommande chaudement) et pour porter ce dernier à l’écran Peter Jackson a eu l’intelligence de co-écrire le scénario avec l’auteur et de s’entourer d’un casting parfait emmené par Mark Wahlberg, Rachel Weisz, Susan Sarandon, un « prédateur-assassin » on ne peut plus terrifiant de « normalité » qui nous glace le sang et puis n’oublions pas non plus l’actrice qui joue la toute jeune fille et qui est elle aussi très convaincante. Superbement mis en image par un Jackson toujours aussi inspiré quand il s’agit de nous faire voyager visuellement, emmené par des acteurs au diapason d’un scénario qui a su profiter du formidable potentiel du livre, « Lovely Bones » peut d’ors et déjà s’inscrire dans la liste des films qui marqueront 2010 ! Bien sûr quelques esprits chagrins trouveront certains passages du film mièvres alors que moi je les vois comme de pures moments de poésie au milieu de l’indicible horreur de ces crimes commis contre ce que nous avons de plus cher au monde, les enfants. J’ai pensé en voyant l’esthétique de ce film au « Créatures Célestes » de Peter Jackson bien entendu mais aussi à « The fountain » de Aronofsky (avec Rachel Weisz). Pendant les deux heures que dure le film, on est à tour à tour ému, effrayé mais aussi ébloui par la maîtrise formelle de Jackson. Nous sommes décidément bien gâté en ce début de 2010 car après « Bright Star », c’est au tour de « Lovely Bones » de me convaincre définitivement. Le film sort le 10 Février en salle et je ne peux que vous inviter ami(e)s de vox à aller le voir nombreux. Vous passerez j’en suis certain un très beau moment de cinéma.

Ma Note:5/5.

 

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