Musique du Dude : M83 « Saturdays=Youth »- The Verve « Forth »- Beck « Modern Guilt »

Saturdays=Youth

L’album de M83 « Saturdays=Youth«  est sorti en France à la mi-avril dans un quasi anonymat, alors que cet artiste Français jouit outre-atlantique d’une très belle réputation tant auprès du public (avec un succès commercial à la clé) que des critiques. Aux États-Unis, chacun de ses LP sont attendus fébrilement. A seulement 24 ans, Anthony Gonzales compte déjà quatre albums. C’est à Antibes qu’a débuté l’aventure M83, avec un adolescent passionné de Sonic Youth et de Mogwai. Il a su créé son propre son, à la fois moderne et onirique. Un univers éthéré qui dévoile toute sa richesse en live où les émotions sont intenses, malgré certaines critiques sur le manque de relation d’Anthony avec le public (il faut dire que ce garçon est particulièrement timide). M83 est quasiment inconnu sur nos terres (j’ai pu le vérifier à l’Astropolis). La musique d’Anthony s’exporte parfaitement, un croisement de « My bloody

Valentine », « Jesus and Mary Chain » pour le côté BO de film de Sofia Coppola de certains titres du dernier LP, je pense entre autres à « Graveyard Girl » ou encore « Highway Of Endless Dreams« . Parce qu’il y a un côté très eighties (à la mode en ce moment) et lascif dans ce dernier disque de Anthony. Les Anglais aussi sont contaminés par cette électro à tendance « shoegaze » (courant du rock alternatif dont font parties entre autres The Cure, My Bloody Valentine, il serait apparu à la fin des années 1980 et aurait influencé des groupes actuels comme The Verve et M83 par exemple). Jusqu’à présent la musique de M83 était quasiment instrumental, mélangeant psyché et noisy, elle est aujourd’hui chantée par la très belle voix de Morgan Kibby, qui parle parfaitement le français (la chanteuse américaine du groupe de Los Angeles « The Romanovs« ). Une voix qui pour Anthony est à la fois : »super typée années 80, soft et proche de Kate Bush sur scène« . Il ajoute dans une interview qu’elle est « super mignonne et super motivée du haut de ses 22 ans« …Pour les Inrocks « Saturdays=Youth » est une « Radieuse exploration du versant pop des années 80 et de l’adolescence pour l’électronicien shoegazer antibois Anthony Gonzalez« . (http://www.lesinrocks.com/musique/album/p7/saturdaysyouth-m83/?cHash=f41ba121a3). Pour cet album, il s’est entouré de producteurs qui collaient à la musique de son adolescence : Ken Thomas (Sigur Ros), Ewan Pearson (The Rapture…). Nous avons ici affaire à un de mes gros coups de coeur de l’année 2008. Un album qui se laisse apprivoiser et qui dévoile ensuite des saveurs assez incroyables, les titres s’enchaînent parfaitement bien et l’on sent toute la cohésion du projet. Je retiens surtout les titres (en plus de ceux cités précédemment) « Kim and Jessie », « Skin of the night », les très « coppoliennes » « We own the sky » (qui n’aurait pas dépareillé dans Lost in translation) et l’entêtante « Highway Of Endless Dreams« 
Ma note:**** /5

Forth

On en parlait depuis quelque temps de cette reformationde the Verve, l’un des groupes majeurs

dans les années 90 avec les frères Gallaghers d’Oasis. Mais voilà, après un album énorme « Urban Hymns » et alors que le monde était à leurs pieds, Ashcroft le leader et l’âme du groupe quitte le navire en pleine tournée pour se lancer dans une carrière solo. Il nous gratifiera de trois albums solo, le premier sublime, le second moyen et le troisième franchement pas à la hauteur de ce que l’on attend de l’un des meilleurs songwriters d’Angleterre, alors « Mad Richard » comme on le surnomme outre-manche décide de nous rejouer le coup de la reformation. Cela débute par la tournée des plus grands festivals du Royaume Uni, le V festival, le Glastonbury à lété 2008 et puis le groupe décide alors de sortir un nouveau LP dix ans après leur coup d’éclat. Parce que si The Verve n’avait pas cessé d’exister, les Coldplay et consorts n’auraient certainement pas pu émerger tant le groupe de Ashcroft était fait pour truster les charts et mener la vie dure aux Gallaghers ! Première bonne nouvelle le groupe sort « Forth«  leur 4ème album dans une édition déluxe comprenant un DVD avec making of de la tournée et 6 titres lives extraits de leur dernière tournée des festivals. Je vous ai préparé une sélection du meilleur de leurs titres joués en live dans des festivals cet été, se sera dans ma playlist youtube à la fin de cette note. Mais en attendant il est temps de parler du contenu de cet album, alors coup marketing parce que la carrière solo d’Ashcroft est en panne ? ou véritable volonté créatrice ? Je vous répondrais un peu des deux très certainement, mais la sincérité d’Aschroft et de sa bande n’est pas à mon sens à remettre en cause. Les deux titres bonus de l’album ne valent rien, ceux sont des faces B qui n’auraient même pas figuré sur un single de Urban Hymns, nous nous contenterons de parler ici de l’album et des dix titres qui le compose. Une chose n’a pas changé, que ce soit en live ou en studio, lavoix d’Ashcroft est toujours l’une des plus belles d’Angleterre, je dirais même que sa voix a gagné ce petit quelque chose de maturité qui donne vraiment de très bonnes sensations. Ashcroft pourrait nous chanter n’importe quoi, il arriverait toujours à nous transporter par sa voix, il bonifie les titres médiocres, en titres presque bons. Attention, ne cherchez pas de hits comme sur Urban Hymns sur ce Forth, les titres s’étirent pour la plupart en longueur et l’on est face à quelque chose de très rock et aérien. L’album commence très fort avec les deux meilleurs titres du disque « Sit and Wonder«  (un titre qui mériterait cinq étoiles) et « Love is Noise« , deux titres très efficaces, du The Verve comme on l’aime qui donne la pêche. Parce que Forth n’a pas l’immédiateté de Urban Hymns, c’est un album qui nécessite plusieurs écoutes, de ce point de vue il est plus proche de « A Northern Soul« . « Rather Be » s onne comme un titre d’Ashcroft en solo, la voix est sublime et les arrangements vraiment beaux, un troisième titres réussis. Passons à « Judas » qui est à mon sens l’un des titres les plus faibles de l’album, parce qu’il ne décolle jamais et s’étire sur plus de 6mn, même chose pour « Numbness » que la voix d’Ashcroft n’arrive pas à sauver de l’ennui..Après ses deux titres ont commencent sérieusement à piquer du nez et ce n’est pas « I see houses » qui va nous sortir de notre torpeur, malgré un refrain assez efficace mais qui l’a encore fait bien moins The Verve que Ashcroft période solo… En live le groupe à surtout joué les trois premiers titres de l’album et l’on comprend pourquoi. Ce qui ont aimé le Ashcroft en solo sur « Keys of the World » apprécieront, les autres passeront au titre suivant « Noise Epic« , un morceau de plus de huit minutes, quand je vousdis que Ashcroft n’a pas choisi la facilité pour son retour, un titre qui a le mérite de réveiller quelque peu l’auditeur avec trois dernières minutes assez sympa, mais l’ensemble sonne plus comme une bonne démo, là encore cela ne décolle pas, où sont passées les mélodies ? « Valium Skies« , la plus courte de l’album et enfin une mélodie qui tient la route, peut-être un futur single extrait de l’album ? enfin on retrouve le Verve qu’on aime… ; « Columbo » et ses plus de 7mn, même chose je n’adhère vraiment pas. Enfin pour clore l’album « Appalachian Springs« , un bon titre qui sans être un hit vervien nous permet de finir l’album de façon honnête. Au final je retiens que sur 10 titres, cinq sont très très moyens, deux sont pas mals et seulement trois titres qui auraient été digne de figurer sur un album de The Verve il y a de cela dix ans. J’attendais beaucoupde cette reformation et force est de constater qu’elle n’est pas à la hauteur de mes espérances (comme l’album de Beck chroniqué plus bas), sans être un affreux ratage, forth divisera à coup sûr le public entre ceux qui apprécieront cette prise de risque, et ceux qui comme moi regretteront les mélodies imparables d’un groupe qui quoi qu’il arrive aura laissé une empreinte dans la musique avec un album « Urban Hymns » et quelques autres titres disséminés ici et là au cours de leur discographie. Des titres d’une puissance énorme en live et qui chose rare n’ont pas vieillit d’un pouce. Moi si je n’avais qu’un conseil, se serait de ne pas acheter cet album et d’attendre plutôt la sortie du DVD live qui à coup sûr marquera la fin de leur tournée 2008. J’attends la suite avec impatience pour laisser une dernière chance à notre ami Ashcroft, pour savoir si oui ou non il a perdu ce songwriting incroyable et ce sens imparable de la mélodie….wait and see. Ma note:***  /5.

Modern Guilt


Début Juillet est sorti le nouvel album de Beck « Modern Guilt »
produit par Danger Mouse. Inusable Beck, « éternel jeune prodige » de la scène folk rock américaine, 10 albums déjà et quinze années de carrière. Ne nous voilons pas la face, Beck à déçu ses dernières années en nous sortant des albums frahement moyens (Guero ou encore The information), bien loin des sublimes « Mellow Gold » et autres « Mutations », « Midnite Vultures ». Pour moi le dernier achat d’un album de Beck remontait au « Sea change » de 2002 et sa sublime « Lost Cause ». Depuis Beck s’était gentiment mais sûrement embourgeoisé, ses disques sonnaient comme des redites, un comble pour un artiste qualifié de touche à tout génial style Prince. Je sais que la vie personnelle d’un artiste ne doit pas servir à juger un artiste, mais je me suis souvent demandé si le fait que Beck soit devenu scientologue comme Tom « colgate » Cruise n’avait pas joué sur la fraîcheur de sa musique. Sa musique serait-elle devenu scientologue et disons le clairement « chiante et bio », telle était la question qui me taraudais à l’heure d’écouter ce nouvel opus. Le Beck version 2008 c’est 10 titres pour 33 petites minutes de musique. Cet album se veut assez éclectique mais au final il laisse une drôle de sensation de monotonie, comme si à force de vouloir toucher à tout Beck s’était perdu. L’album s’ouvre sur un titre très moyen « Orphans », du Beck comme on en a déjà entendu tan t de fois… Heureusement « Gamma ray » nous sort de notre torpeur avec un titre entraînant, et surtout bien produit, un des meilleurs du disque. Suivent le single « Chemtrails » (assez efficace il faut le reconnaître), « Modern guilt » est assez sympa mais « youthless » est à oublier. Alors que l’on sombrait à nouveau dans l’ennui, survient « Walls », un titre très court mais vraiment jolie (avec la jolie voix de Cat Power en participation, il faut tendre l’oreille pour l’entendre…), un des moments forts de l’album à n’en pas douter. « Replica », « Soul of man » se veulent plus expérimentales mais se révèlent au final très décevantes, « profanity prayers » est moyenne. L’album se clôt sur un « Volcano » terriblement ennuyeux. Trois à quatre bons titres sur dix c’est peu, surtout pour un artiste comme Beck. Un album qui ne décolle véritablement jamais, ce n’est pas mauvais loin de là, (parce qu’un titre même moyen de Beck restera toujours meilleurs que la majorité de la production actuelle) mais l’on regrette le Beck d’antan, celui pleins de verve qui nous faisais taper du pied, sauter en l’air…Beck à vieillit mes ami(e)s, il est devenu plus sage. Sans être désagréable, cet album s’inscrit dans la continuité des dernières production de l’artiste. Si je n’avais qu’un seul souhait c’est que Beck quitte ce costume du scientologue musicien un peu chiant pour revêtir celui du troublion un peu fou que l’on connaissait. Ma note:***  /5.




Commentaires: lire et poster | Envoyer à un ami

Publicités

Une réflexion sur “Musique du Dude : M83 « Saturdays=Youth »- The Verve « Forth »- Beck « Modern Guilt »

  1. Je rends visite à toi pendant mon travail de l'école (ce n'est pas du sérieux, je n'ai pas les livres de francais aussi). Merci d'être venu prendre du froid sur mon bloggi 🙂 ! Dans la Finlande nous aimions le albumin premier des Verves, après plus rien dans la création qui change et oubliés. Les musiques que tu offres sont bonnes pour écouter pourtant. Beck je ne connais pas, je ne peux pas dire avec. Je fais jouer du rock, du metal et du traditionnel suomi ou svenska surtout, dans la voiture et la maison. Bonne journée !

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s