Réflexions sur l’Espérance…

L’exorde ou prélude : C’est peut-être la note la plus personnelle jamais écrite sur mon blog. En effet parler de foi sans tomber dans le prosélytisme tient de l’exercice périlleux. Mon but n’est pas de convaincre, ou de démontrer que La vérité est ici, le chemin de la foi est suffisamment difficile, long et tortueux pour moi. Non j’ai souhaité à travers cette note, partager avec vous quelques éléments de réflexion pris dans des textes qui ont nourri ma pensée sur ce sujet épineux. Chacun ensuite est bien entendu libre de se forger sa propre opinion sur le dogme, l’Eglise, la foi. Je me rends bien compte qu’aujourd’hui le message autour du Christianisme est quelque peu brouillé, d’ou l’importance selon-moi de revenir aux fondamentaux, aux éléments qui fondent notre foi en l’espérance. Ne nous méprenons pas, la foi n’empêche pas le doute d’exister, je dirai même que l’un se nourrit de l’autre. « Les Chrétiens ne sont pas des surhommes » écris Bernanos, ajoutant même que les saints sont à ce titre « les plus humains des humains ».

Il est parfois des moments dans la vie d’un homme ou le besoin se fait sentir de s’arrêter, de s’asseoir sur le bord du chemin, afin de s’accorder un second souffle. La route est encore longue. Quel chemin dois-je emprunter à présent ? J’aperçois bien là au loin ces mirages, ces lumières fugaces. « La passion prend tout ce qu’on lui cède et ne rend rien » écrivait Bernanos. « La passion » justement, curieux sentiment s’il en est, dont l’étymologie latine comprend les mots « passio » mais aussi et surtout « pati » qui signifie souffrir. On dit de la passion qu’elle est bien souvent plus forte que la raison. Souffrance et passion sont intimement liées, formant là un curieux mélange. « La Passion » c’est aussi le nom donné au calvaire enduré par notre Seigneur Jésus Christ. « Désormais, en toute liberté, Tu te livres aux mains des hommes, car Ta vie, nul ne la prend, c’est Toi qui la donnes ». Ces mots sont ceux de Jean de la Croix Robert qui fût notamment abbé de l’abbaye de Landévennec. La souffrance fait partie de l’existence humaine mais nous ne sommes pas seuls car « Le Verbe s’est fait chair ». « Vraiment cet homme était fils de Dieu », ce cri d’un centurion romain est aussi le titre de ce livre sublime de Jean de la Croix Robert paru dans la collection Parole et silence. Dans cet ouvrage, il nous raconte avec la puissance de ses mots le chemin de croix du Christ, les quatorze

Vraiment cet homme était fils de Dieu : Chemin de croix

stations du supplice, de la condamnation à mort du Christ à sa mise au tombeau. Un texte poignant d’une force peu commune dans lequel je puise à chaque nouvelle lecture de nouvelles pistes de réflexion. J’ai choisi de partager ici avec vous quelques passages qui m’ont particulièrement ému : « Le Verbe s’est fait chair. Dieu à envoyé son Fils unique, homme parmi les hommes pour rassembler en Lui, tous ses enfants dispersés ».

(p.7) « Tout converge donc vers le Calvaire, vers cette Passion qui nous révèle l’amour de Dieu pour nous ; tout culmine en cette mort sur la croix (…) C’est en cette Heure et en ce lieu que la lumière brille dans les ténèbres, et c’est à l’ombre de la croix que l’homme, enfin, peut s’ouvrir à l’espérance qui ne déçoit pas, à la louange qui n’aura pas de fin ».

(p.8) « Quand la Parole de Dieu s’enfonce au silence de la mort et s’achève dans le cri du Crucifié, que reste-t-il pour la nôtre sinon le silencieux murmure de notre compassion et de notre émerveillement ! »

(p.43) « Seigneur tu tombes pour la troisième fois, la dernière. Fallait-il que tu tombes pour le Père, pour le Fils et pour l’Esprit Saint, et pour que la rédemption de l’homme soit l’œuvre de la Trinité Sainte ? »

(p.51) « Jésus, Seigneur tout puissant, voici venue Ton Heure, l’Heure de l’impuissance, celle des mains et des pieds cloués, transpercés, fixés au bois de la Croix. (…) Te voici enfin élevé de terre, Toi qui étais descendu jusqu’à nous »

« Si tu es le Fils de Dieu, descend de la croix, sauve Toi Toi-même ». Ceux qui t’insultent ainsi n’ont pas toujours pas compris que ce n’est pas Toi, mais nous que Tu veux sauver (…) »

« Mon Dieu Mon Dieu pourquoi m’as-tu abandonné ? »

(p.55) «« Tout, désormais est consommé, Ton souffle de vie, dans un grand cri s’est libéré. A ton Père, livré au silence de Ta mort, Tu as remis Ton Esprit »

« Au troisième jour, Je me relèverai »

« Le Crucifié a triomphé du pêché et de la mort, il est ressuscité, glorifié dans la demeure du Père, caché encore

mais présent à jamais dans son Eglise, présent là où deux ou trois sont réunis en son nom, et présent aussi à chacun de nous quand, au secret du cœur, nous faisons silence pour l’écouter »

Un monde sans Dieu est un monde sans espérance. J’aimerai conclure cette note sur ces mots extraits de l’encyclique « Spe Salvi » Sauvés dans l’Espérance, de notre Saint-Père Benoît XVI, des mots qui ont une résonnance toute particulière pour moi…

(p.53) « Je peux toujours encore espérer, même si apparemment pour ma vie ou pour le moment historique que je suis en train de vivre, je n’ai plus rien à espérer (…) malgré tous les échecs, ma vie personnelle et l’histoire dans son ensemble sont gardées dans le pouvoir indestructible de l’Amour (…) seule une telle espérance peut dans ce cas donner encore le courage d’agir et de poursuivre. »

Il termine son encyclique en rappelant que pour l’Eglise, Marie est comme une « étoile de la mer » : Ave maris stella.

« La vie humaine est un chemin, tel un voyage sur la mer de l’histoire, souvent obscur et dans l’orage ». Nous avons besoin de scruter les lumières d’espérance. «Elle devint la vivante arche de l’alliance dans laquelle Dieu se fit chair et devint l’un de nous ».

« Sainte Marie, Mère de Dieu, notre Mère, enseigne-nous à croire, à espérer et à aimer avec toi. Indique-nous le chemin vers son règne ! Etoile de la mer, brille sur nous et conduis-nous sur notre route ! »



ps: Il est parfois des rencontres heureuses et enrichissantes, celle du « Prince Taliesin » sur vox fait partie de ceux-là, sa noblesse de coeur et d’esprit l’honore, vous avez toute ma gratitude Prince Taliesin. Merci !!

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