Cinéma du Dude Mars-Avril-Mai08 : »There Will be Blood »-« Julia »-« Femmes de l’ombre-« Indiana Jones »

There will be blood

Mardi soir, après deux journées vraiment éprouvantes, je suis épuisé. Malgré la fatigue, le mauvais temps qui continue (pluie et grands vents), je ressens l’impérieux besoin de décompresser, d’évacuer tout ce stress accumulé depuis plusieurs semaines. Je décide donc d’avoir recours une nouvelle fois à mon antidépresseur préféré : le cinéma. Mon choix se porte sur « There Will be Blood », qui n’est bien évidemment pas diffusé dans le complexe CGR de ma ville… (« There Will be Blood » est sorti dans moins de 119 salles en France), mais heureusement il est bien présent dans mon cinéma préféré. Il est 20h45 lorsque je m’engouffre dans la salle. Première constatation, la salle est petite mais bien garnie (le film est tout de même sorti il y a maintenant quinze jours), cela ne fit que confirmer mon impression concernant l’excellent bouche à oreille autour de ce film. Il faut dire que l’accueil critique de la presse spécialisée fût particulièrement élogieux : de Télérama à Studio, en passant par Première et Brazil, etc. Les lumières s’éteignent, le voyage peut débuter….le silence tout d’abord, pas de dialogue pendant les quinze premières minutes, mais une musique signée Jonny Greenwood (le guitariste de Radiohead) inquiétante et frissonnante, qui nous fait entrer dans cette univers…de fou, de « self made man » à la recherche de « l’or noir ». « There Will be Blood » c’est l’histoire de Daniel Plainview, un homme accompagné de son fils, qui décide un jour d’aller tenter sa chance dans une petite ville de Californie, où paraît-il, le pétrole coulerait à flot… A travers le récit de la vie de cet homme et de son fils, c’est l’histoire de l’Amérique de la fin du XIXème siècle et du début du XXème siècle qui nous est contée, une histoire faite de trahison, d’ambition, de corruption….le tout baignée dans un monde profondément empreint de religiosité. Paul Thomas Anderson (déjà l’auteur du très jolie « Magnolia ») nous livre ici un film hors-norme, un véritable chef-d’oeuvre tant sur le fond que sur la forme, des images d’une beauté saisissante nous rappellant tour à tour les films de Malick, de Kubrick....(« Les moissons du ciel » de Malick par exemple), un film contemplatif (à l’image du « Jesse James » d’Andrew Dominik) âpre et violent, culminant dans une dernière demi-heure à la démesure digne d’un Kubrick. Un réalisateur exceptionnel, des figurants tous aussi bons les uns que les autres, un Paul Dano remarquable dans le rôle d’Eli le jeune homme de foi, mais malgré cela, celui qui transcende littéralement ce film et qui lui permet de passer du statut d’excellent film (comme on en voit un ou deux par an) à celui de chef d’oeuvre absolu du cinéma, c’est la performance INCROYABLE (et le mot est faible!) de Daniel Day Lewis. Il est renversant, époustouflant du début à la fin du film (et quelle fin !) et l’on comprend pourquoi cette homme est considéré à juste titre comme le « meilleur acteur du monde », l’oscar du meilleur acteur est indiscutable tant son magnétisme est puissant, il est véritablement habité par son personnage (un conseil regarder le en vo), n’hésitant pas à transformer sa véritable voix, sa façon de marcher…il est Daniel Plainview. Ce rôle restera à coup sûr comme l’un des moments les plus forts de sa carrière, il est inoubliable, tour à tour aimant, docile, manipulateur, violent, diabolique….(là encore la métamorphose opérée tout au long du film n’est pas sans rappeller celle de Jack Nicholson dans le film culte de Kubrick « Shining« ). Après avoir vu « No country for old men » et « There will be blood », je pense que malgré tout le talent des frères Coen (et pourtant j’ai adoré leur film), l’oscar du meilleur film et celui du meilleur réalisateur. Au final sur huit nominations, « There Will be blood » n’en avait remporté que deux (meilleur photo et meilleur acteur). Vous l’aurez compris ce film est prodigieux, un monument du septième signé Paul Thomas Anderson, magnifié par l’éblouissante performance de « Monsieur » Daniel Day Lewis….les lumières se rallument, je reste là assis sur mon siège en écoutant le générique de la fin du film, je peine à réaliser la monumentale claque cinématographique que je viens de me prendre en ce soir du 11 mars 2008…. Ma note:*****/5. (je note toujours sur cinq mais je crois que pour celui-ci ********/5…loll).

Julia

Après dix années d’absence, Eric Zonca revient enfin dans les salles obscures avec ce road-movie intitulé « Julia ». L’action se passe aux Etats-Unis et au Mexique. Tilda Swinton y campe une femme névrosée et alcoolique qui va se retrouver mêlée à un enlèvement d’enfant. Je ne vous le cache pas, le film est très sombre. Le personnage de Julia est antipathique à souhait au début du film. Ce qui transparaît le plus à la vision de ce film c’est l’incroyable performance de Tilda Swinton (après Daniel Day Lewis..nouvelle claque en matière de jeu avec cette actrice phénoménale). Zonca ne cherche pas à nous la rendre belle, les expressions de son visage sont terribles et il faut reconnaître que pendant une bonne partie du film elle nous fait peur cette Julia. Mais l’enlèvement de cet enfant va lui permettre en quelque sorte de se retrouver. L’enfant va symboliser la rédemption de cette femme qui se croyait incapable d’aimer et d’être aimer. Tilda Swinton est pratiquement présente sur chaque plan du film, et l’on comprend pourquoi Zonca à insisté auprès de ces producteurs pour qu’elle joue Julia, elle irradie littéralement dans ce drame éprouvant pour les nerfs du spectateur. Zonca ne cherche pas à faire un film qui plaira au plus grand nombre, son cinéma est sans concession, mais si on se laisse emporter par l’histoire on passe vraiment un très bon moment. Maintenant quelques petits bémol selon moi qui m’empêche de lui donné cinq étoiles, Tilda Swinton est tellement incroyable qu’elle vampirise presque ce film, rendant les autres acteurs du film presque insignifiant, enfin le film est peut-être un tout petit peu trop long, l’histoire met du temps à se mettre en place, mais une fois que le road movie démarre….on est emporté. Un beau moment de cinéma et puis avec le printemps du cinéma et les places à 3.50 euro pourquoi se priver ? Ma note:**** /5.

Les femmes de l'ombre

La nouvelle réalisation de Jean Paul Salomé s’intitule « Les femmes de l’ombre ». Auteur des catastrophiques « Belphegor » et « Arsène Lupin », il nous revient donc avec un sujet et un casting plus qu’intéressant. Alors le film il est comment ? Autant vous le dire tout de suite, pas de déception pour moi juste une confirmation de ce que je pressentais depuis le début : Salomé est un piètre réalisateur. Commençons par les quelques satisfactions : Sophie Marceau est excellente et charismatique à souhait dans son rôle de chef de ce commando de quatre femmes. Une mention spéciale aussi pour le jeune comédien Vincent Rottiers formidable d’ambiguïté dans le rôle de ce collaborateur plus que perdu….Maintenant venons en au problème de fond de ce film, je devrais dire de ce « téléfilm », et c’est là que le bas blesse. Le film de Salomé n’en est pas un, le décor est planté, Paris occupé reconstitué et pourtant pas un seul instant on y croit, l’histoire ne prend pas c’est aussi simple que cela. La réalisation est d’une platitude confondante, qui n’est pas sans nous rappeler le « bon téléfilm de France 3 du samedi soir »…. Salomé ne sait pas où posé sa caméra, filmé, cadré…le manque de souffle est prodigieux, les scènes toutes plus invraisemblables les unes que les autres se succèdent, sans que l’on ss sente un seul instant concerné par ce qui se passe à l’écran. Autre problème de taille : la direction des acteurs est inexistante. Réunir un bon casting ne suffit pas à faire un bon film. Julien Boisselier n’est tout simplement pas crédible dans son rôle de chef de ce commando, il est mièvre à souhait…..mention spéciale dans la médiocrité à Marie Gillain et Deborah François, tout simplement inexistante, le colonnel SS est passable, quand à Julie Depardieu…elle nous fait du Julie Depardieu. Le sujet aurait pu être beau, parler de l’action de ces femmes dans la résistance active, épisode trop souvent mésestimé voire tout simplement oublié, était une bien belle idée, mais voilà Salomé n’est pas un réalisateur, son casting n’est pas à la hauteur (hormis Marceau et Rottiers), le film ne décolle jamais, pire on s’ennuie ferme devant les péripéties surréalistes de nos héroïnes….un téléfilm en somme, alors un conseil, attendez la diffusion sur france2….

Ma note:*    /5.

S’il y avait bien un événement en ce mois de mai 2008 au cinéma, c’était bien la sortie d’Indiana Jones IV. Je me suis donc rendu dans la salle obscure de mon cinéma préféré avec ce mélange d’impatience et d’angoisse. Vous me direz pourquoi de l’angoisse ? parce que je sais par expérience que lorsque l’attente autour d’une telle licence de film est aussi énorme, la déception peut souvent apparaître une fois le résultat final vu, je me rappelle encore le catastrophique premier épisode de Star Wars et la trilogie inepte qui s’en suivit…Heureusement ici dès les premières minutes on se rend compte que Spielberg et Lucas n’ont pas voulu décevoir l’amateur de la trilogie Indiana Jones, parce qu’ici point d’innovation la recette est exactement la même, c’est aussi un peu sa limite avouons-le. Harrison Ford est toujours aussi fort, humour et action, son fils (dont je craignais le pire) est vraiment bien dans son rôle, Cate Blanchett dans son rôle de « méchante de service » s’en sort plus tôt bien avec ce rôle caricatural à souhait. Un vent de nostalgie souffle sur ce quatrième épisode, du cinéma à l’ancienne, avec des cascades à l’ancienne, mais avec bien sûr toujours le savoir faire de Spielberg pour mélanger la pointe des effets spéciaux avec ses effets vintages. Le choix de conserver la musique originale est excellent, dès les premières notes on n’y est, le chapeau et le fouet indispensables outils du professeur Jones sont aussi de la partie. Alors et l’histoire dans tout cela, que dire sinon qu’elle tient sur un emballage carambar mais c’est le style qui veut cela. Cette fois les méchants sont des Russes communistes qui veulent retrouver une cité d’or avec un crâne de cristal…bon dis comme cela c’est sûr mais bon peut importe l’histoire, on est heureux de retrouver Indiana Jones. La première demi heure est énorme, le rythme baisse ensuite mais il n’y a pas vraiment de temps morts. 2h10 d’aventure, d’action et d’humour, même si ce dernier élément est un tout petit peu moins présent, cet Indiana Jones est à voir pour tous ceux qui pensent que Benjamin Gates est Le film d’aventure ultime, ils verront là que malgré les années « papy Indiana » est encore le meilleur ! Indiana Jones IV c’est un peu le « best of » du cinéma made in Spielberg avec en point d’orgue la rencontre du troisième type avec les ….extraterrestres. Un spectacle familial par excellence, un grand moment de divertissement signé Spielberg et Lucas, qui malgré quelques imperfections (dont cette fin un peu convenu où l’on imagine déjà le slogan du Vème épisode : « Indiana Jones son plus grand défi : le mariage »…lol) réussit à nous divertir agréablement.

Ma note :**** /5.


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3 réflexions sur “Cinéma du Dude Mars-Avril-Mai08 : »There Will be Blood »-« Julia »-« Femmes de l’ombre-« Indiana Jones »

  1. Petite , je le regardais parce que sinon c'était dodo , aujourd'hui je suis allée le voir car rien d'autre ne m'inspirait , ce fut terrible . Et comme le dis : nostalgie et rencontre du 3 ème type . C'était très drôle et divertissant et le retour du communisme donne la larme à l'oeil lorsque la méchante meurt je pense …
    Au moins pendant ce temps le monde n'appartenait plus à Obahama ,Sarko ou autres crétins , c'était Indi et pfffiou , j'ai adoré , j'hallucine . !!
    Bizzzzzzzzzzz

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