Mon avis : L’auteur successeur de Stieg Larsson pour la série de romans policiers « Millenium » dont il a écrit les tomes 4,5 et 6, nous revient avec un nouveau duo d’enquêteurs pour une histoire manquant cruellement de rythme et d’originalité. Pour ma part, ce nouveau David Lagercrantz est une réelle déception et je vais vous expliquer pourquoi.

Note : 3 sur 5.

Je remercie chaleureusement Babelio et les Editions HarperCollins Noir pour cette lecture !

David Lagercrantz est surtout connu pour avoir pris la suite du regretté Stieg Larsson en écrivant les tomes 4,5 et 6 de la célèbre série de romans policier « Millenium. » Ici, avec « Obscuritas« , il franchit une nouvelle étape, de sa carrière de romancier, avec la constitution d’un nouveau duo d’enquêteurs appelés à devenir récurrent. Une rencontre improbable, comme souvent, à l’origine de l’association atypique entre un homme, Hans Rekke et une policière débutante, Micaela Vargas réunis dans une enquête sur un dénommé Jamal Kabir. Pour vous décrire Hans Rekke, je vous dirais qu’il est aussi brillant psychologue que fragile psychiquement. Il lutte depuis plusieurs années contre une dépression très sévère qui le rende dépendant aux antidépresseurs, anxiolytique et autre somnifère qu’il avale comme des bonbons. Il a une pulsion suicidaire importante au début du roman et c’est cette tragédie, cet instant où il pensait se jeter sur une voie emprunté par un métro, qui est le point de départ réel de cette histoire. le drame est évité par l’intervention de Micaela Vargas. Elle ressent le puissant mal être de cet homme et mesure dans un même élan tout le potentiel, assez prodigieux, du psychologue durant leur enquête atypique sur un dénommé Jamal Kabir, officieusement arbitre de football arrivé d’Afghanistan et qui est retrouvé mort dans les broussailles, autour du terrain de sport. Micaela a du potentiel mais l’enquêtrice débute et, comme à chaque fois dans ce cas là, sa hiérarchie cherche à la cantonner à un rôle anecdotique dans l’enquête qui s’ouvre. Mais c’est sans compter sur le caractère volcanique et impétueux de cette jeune femme. Rekke et Micaela vont devoir s’apprivoiser mutuellement pour se jeter dans une enquête où tout les éléments convergent vers un dénommé Guiseppe Costa, auteur présumé du meurtre. Mais pour nos deux enquêteurs, quelque chose ne tourne pas rond. Qui était le véritable Jamal Kabir ? Pourquoi cet homme en apparence sans histoire a t’il été assassiné de cette façon. Ils sont persuadés que Costa est un coupable trop facile, trop évident de prime abord. Jugé violent, volontiers provocateur et à l’origine d’un incident de jeu avec l’arbitre de football Jamal Kabir, tout semble accuser Costa. Ce duo d’enquêteurs cochent toutes les cases du duo improbable que l’on retrouve très souvent dans les romans policiers. le type un peu fêlé et son acolyte « rentre dedans. » de ce point de vue, il n’y a pas franchement d’originalité. Rekke est un personnage intéressant, pleins de fêlures, de blessures et doté d’un sixième sens hors du commun pour repérer les petits détails conduisant à de grandes révélations et avancées dans l’enquête. J’ai éprouvé beaucoup plus de mal à m’attacher à Micaela. Son personnage est plus classique, sans réelle originalité. Son histoire personnelle m’a semblé plus ennuyeuse. C’est un roman qui prend le temps d’installer une atmosphère. L’enquête qui se déroule en Suède au début des années 2000, nous conduit jusqu’e dans l’Afghanistan des talibans et les débuts de l’invasion de l’Irak par l’armée américaine. A mesure que l’enquête avance, la CIA semble vouloir jouer un rôle trouble qu’il s’agira de dévoiler. L’enquête en elle même est intéressante mais le gros problème de ce roman policier c’est son manque de rythme. Il n’y a pas vraiment de suspens car l’on devine bien trop vite la réelle identité de Jamal Kabir. L’idée sur le papier est plutôt séduisante mais dans la forme il manque cruellement de souffle, d’originalité. Ce duo d’enquêteurs, j’ai vraiment eu le sentiment de l’avoir lu cent fois. Trop d’invraisemblance, une cohabitation entre les deux enquêteurs qui est bien trop artificielle. « Obscuritas » n’est pas un mauvais roman policier, loin de là, mais ce n’est pas non plus un roman débordant d’originalité. Si vous aimez les thrillers très classique, sans presque pas d’effusion de sang ni de descriptions macabres, alors ce livre est fait pour vous. Si vous recherchez de l’adrénaline, de l’originalité et de la violence, une sorte de malaise qui rend une lecture unique, alors très clairement « Obscuritas » n’est pas fait pour vous. David Lagercrantz et son « Obscuritas » ne m’ont pas convaincu.

Photo de David Lagercrantz réalisé par Frankie Fouganthin

C’est assez rare que je m’arrête sur un auteur, sa vie, ce qu’il dégage mais la mort de Jean Teulé m’a beaucoup touché. Je ne l’ai jamais rencontré dans un salon littéraire, mais son sourire, sa légèreté, sa bonne humeur communicative m’ont toujours plu. Loin du microcosme des auteur(e)s à l’égo démesuré s’admirant dans la classe le matin en enfilant leur chemise et écharpe blanche, Jean Teulé s’inscrivait dans la lignée des écrivains d’une grande simplicité, un peu à l’image d’un Christian Bobin à qui je l’associe dans mon imaginaire. L’œuvre de Jean Teulé était à son image, attachante et totalement délirante, comme son dernier livre au titre génialement drôle « Azincourt par temps de pluie » avec ce côté Italo Calvino. Un homme attachant, jamais méprisant, un auteur bien plus remarquable que beaucoup. Non pas de noms… Voilà, je voulais juste écrire ce petit mot en sa mémoire. Un auteur populaire, talentueux, généreux, vous me manquerez Jean Teulé mais heureusement, il me reste à découvrir l’incroyable élan de votre imagination et les nombreux livres que je n’ai pas encore lu de vous.