Récit : « Voyage autour de mon enfance » d’Emmanuel de Waresquiel (chez Tallandier)

Je remercie Babelio et les éditions Tallandier pour cette lecture précieuse.

Mon avis :

Note : 5 sur 5.

Au delà de l’historien exceptionnel qu’est Emmanuel de Waresquiel, de son immense talent d’écriture, de la qualité des biographies qui l’ont fait connaître, ce nouveau livre intitulé « Voyage autour de mon enfance » m’a permis d’appréhender cet homme sous le prisme de l’enfance, de son enfance. Emmanuel de Waresquiel se confie avec pudeur sur son enfance quelque peu originale pour nous mais qui était la norme chez cette noblesse ancienne qui ne roulait pas sur l’or mais vivait dans ce que l’on appelait un château. N’imaginons pas là quelque chose de gigantesque mais bien plutôt les oripeaux, la trace du temps qui passe mais qui dans ce milieu des années 1960, semblait se figer. Cette période des années 60 où l’on commence à percevoir les bouleversements qui conduiront aux bouleversements politiques de la fin de cette période. Né en 1957, Emmanuel de Waresquiel nous touche car il nous décrit un lieu comme hors du temps et où l’agitation du monde semble ne pas affecter ces lieux de tendresse, celle d’une mère aux accents anglais, que l’on vouvoyait mais qui a apporté à l’auteur enfant, tout son amour et sa confiance en l’avenir de son fils. Son père tout droit sorti de l’école Saint Cyr, est un pur produit de cette génération qui a connu la guerre de 39-45. Ce père taiseux, aimant, touchant. Emmanuel de Waresquiel dompte la litanie des échos lointains de l’enfance et nous prend totalement au jeu de son récit raconté sans nostalgie d’un temps aujourd’hui perdu. C’est un livre écrit d’une traite, citant les auteurs marquant mais aussi les odeurs, les sensations, les émotions de l’enfance. Ce sentiment que rien ne doit bouger et que l’on resterait bien éternellement loin de l’école lui préférant une autre, l’école buissonnière. Emmanuel de Waresquiel est rêveur, plutôt indolent, assez seul puisque ne rencontrant peu d’enfant de son âge. Le portrait des lignées paternelles et maternelles est impressionnant mais là encore l’auteur nous raconte sur un ton badin, avec simplicité, sans effet d’accentuation du prestige de ses ancêtres. Ecrivain admirable, on sent sous le vernis de cette enfance choyée, les obsessions et l’attachement profond au récit d’histoire, à la magie de la reconstitution des temps par petite touche de ci de là, tel un artiste peintre créant sur sa toile. Ce récit est aussi celui d’un voyage où l’auteur nous guide en ami, nous questionne car la période de l’enfance est consubstantielle de l’adulte que nous devenons. Une nouvelle fois Emmanuel de Waresquiel m’a emporté et réjoui.

12 réflexions sur “Récit : « Voyage autour de mon enfance » d’Emmanuel de Waresquiel (chez Tallandier)

  1. Bonjour Frédéric ! Ça a l’air d’être un bon livre ! Cet aspect autobiographique me paraît intéressant de même que l’époque des années 60 vue par une famille aristocratique ! Merci de cette présentation ! Bonne journée à toi !

    Aimé par 1 personne

  2. Bonsoir mon ami breton,
    Encore une découverte grâce à toi !
    Je ne connais cet auteur que de nom et voilà que j’ai très envie de lire sa biographie quand je te lis. Je le glisse donc dans ma PAL avec la mention « prioritaire » !
    Merci pour ce beau billet.
    Belle fin de week-end à toi et bises lyonnaises ! 😊

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