Cinéma : « Ad Astra » de James Gray avec Brad Pitt

4638430.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxxL’Histoire : L’astronaute Roy McBride s’aventure jusqu’aux confins du système solaire à la recherche de son père disparu et pour résoudre un mystère qui menace la survie de notre planète. Lors de son voyage, il sera confronté à des révélations mettant en cause la nature même de l’existence humaine, et notre place dans l’univers.

Le cinéma de James Gray a toujours divisé les spectateurs en deux camps irréconciliables : ceux, dont je fais partie, qui y voient un réalisateur de génie, à l’image d’un Christopher Nolan, Terrence Malick, et ceux qui ne comprennent pas grand chose à son œuvre et considèrent ses films comme des « errances » d’un cinéma où l’on s’ennuie.. Je caricature un peu mais dans l’esprit, il s’agit de cela. En allant voir les notes obtenues sur Allociné par le film, ce constat est criant : les critiques ont adorés alors que les 3/4 des personnes l’ayant vu lui mettent la note de 3/5 ou moins. Cette césure entre un public gavé de films popcorn, plus vraiment prêt à réfléchir, à prendre le temps d’apprécier un voyage est un bilan fataliste que je pose et qui me navre. Car, selon moi, James Gray signe avec « Ad Astra » le chef d’œuvre que l’on attendait de lui depuis ses débuts en tant que réalisateur prodige. Financé par Plan B, la société de production de Brad Pitt, « Ad Astra » est une odyssée, une tragédie aux confins de l’espace. Une véritable plongée cathartique dans les abysses de la psyché d’un fils astronaute, interprété de façon magistrale par Brad Pitt, recherchant son père disparu, joué par un Tommy Lee Jones impressionnant. Brad Pitt n’a jamais semblé aussi fragile, sensible, à fleur de peau. Il est de tous les plans, magnétique, son regard se perdant dans le vague, obnubilé par cette quête à la recherche de ses origines. James Gray et sa recherche du père dans ses films, c’est déjà une longue histoire. Ces questionnements font partie de l’ADN de son œuvre. « Ad Astra » est un anti-blockbuster car James Gray prend le contre pied de ce que beaucoup attendent : un film bourrés d’effets spéciaux et d’actions.. si vous voulez voir ça, alors vous vous méprenez sur James Gray car le bougre a de la ressource et du talent à revendre. Là où d’autres se seraient laissez aller à ces facilités stylistiques, James Gray ne transige pas et transpose son univers New-yorkais, ses obsessions dans l’espace. Un lieu qui est source de plans prodigieux et d’une beauté à couper le souffle. La façon qu’il a de filmer Brad Pitt, ce qu’il arrive à capter dans son regard, c’est juste magnifique et d’une grande justesse. Les 2h que dure le film on semblé passer à la vitesse de la lumière pour reprendre la métaphore spatiale. Le futur qu’il imagine est redoutable et on le touche presque du doigt tant la reconstitution est belle. « Les réponses que nous cherchons n’ont jamais été aussi proches » dit l’affiche. C’est ce que j’ai adoré dans « Ad Astra », cette idée qu’on puisse allez aux confins de l’univers pour finalement se dire que le plus beau est à nos pieds, à porter de main et que nous ne l’avions pas vu alors qu’il était là tout près. Si vous avez aimez « Interstellar », allez y car ces deux films sont dans la même veine. Nolan et Gray héritiers de Kubrick, c’est un peu l’idée en somme. Passionnante, envoûtante, emmené par un Brad Pitt au sommet de son art, c’est peu dire que ce « Ad Astra », signé James Gray, m’a séduit. C’est un immense film qui mérite que vous lui laissiez sa chance.

Ma note: 5/5.

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