Littérature : « Le Chant de l’assassin » de R.J. Ellory (Sonatine)

contentL’Histoire : 1972. Condamné pour meurtre, derrière les barreaux depuis plus de vingt ans, Evan Riggs n’a jamais connu sa fille, Sarah, confiée dès sa naissance à une famille adoptive. Le jour où son compagnon de cellule, Henry Quinn, un jeune musicien, sort de prison, il lui demande de la retrouver pour lui donner une lettre. Lorsqu’Henry arrive à Calvary, au Texas, le frère de Riggs, shérif de la ville, lui affirme que la jeune femme a quitté la région depuis longtemps, et que personne ne sait ce qu’elle est devenue. Mais Henry s’entête. Il a fait une promesse, il ira jusqu’au bout. Il ignore qu’en réveillant ainsi les fantômes du passé, il va découvrir un secret que les habitants de Calvary sont décidés à ne pas laisser divulguer.

Je remercie les éditions SONATINE ainsi que NetGalley pour leur confiance !

R.J. Ellory est un auteur à part car il sait magnifier et décrire, avec une élégance rare, une pudeur non feinte, les émotions qui traversent nos existences comme autant de sillons creusés dans la terre. « Les mots manquent aux émotions » écrivait très justement Victor Hugo dans « Le dernier jour d’un condamné (1829). En véritable peintre des mots et des émotions humaines, R.J. Ellory tutoie les sommets avec « Le Chant de l’assassin« , son tout dernier roman. Hanté par le spectre du destin qui échoie aux hommes, bons ou mauvais, l’écrivain s’interroge sur le fil ténu qui nous fait basculer d’un côté ou l’autre de l’existence. Il est question ici de deux frères, les Riggs, Evan et Carson et d’une jeune femme Rebecca, fille d’un de leur voisin. L’antagonisme né dès l’enfance entre les Romulus et Rémus de Calvary, dans une petite bourgade paumée du Texas va figer les horloges du temps. Rémus franchit le sillon sacré que vient de tracer Romulus. Ce dernier tue son frère et dit alors qu’il « en sera de même pour tous ceux qui oseront franchir mes remparts. » Dans « Le Chant de l’assassin », il est question d’une haine tenace entre deux frères que tout oppose. Nous sommes en 1972, Evan Riggs est emprisonné à perpétuité pour meurtre. Il partage sa cellule avec un tout jeune homme, un musicien comme lui, Henry Quinn. Ce dernier va sortir de prison. C’est alors qu’Evan lui demande de retrouver sa fille Sarah afin de lui transmettre une lettre. Mais à Calvary, un homme règne sans partage, Carson Riggs, shérif de la ville. Henry Quinn veut tenir sa promesse mais sans le vouloir, il remuera les pierres cachant autant de serpents venimeux. Les fantômes du passé vont ressurgir et les souvenirs enfouis de Calvary ne le seront bientôt plus. Quels secrets hantent cette paisible bourgade texane ? L’histoire, signée R.J. Ellory, est absolument sublime, le tout étant magnifié par un style d’écriture au cordeau. Cette tragédie est orchestrée de main de maître par un auteur qui n’a pas fini de nous surprendre. Véritable retour aux sources, dans la lignée de son premier livre « Seul le silence », « Le Chant de l’assassin » est une plongée vertigineuse dans les méandres de la psychée de deux frères. Le destin comme une fatalité pèse sur leurs épaules. On ressort de cette lecture, en se disant, que, décidément, R.J. Ellory est un auteur non seulement remarquable mais aussi incroyablement sensible. Vertigineux.

Ma note: 5/5.

Broché: 496 pages
Éditeur : Sonatine (23 mai 2019)

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