Littérature : « Luca » de Franck Thilliez

1330540702L’Histoire : Partout, il y a la terreur. Celle d’une jeune femme dans une chambre d’hôtel sordide, ventre loué à prix d’or pour couple en mal d’enfant, et qui s’évapore comme elle était arrivée. Partout, il y a la terreur. Celle d’un corps mutilé qui gît au fond d’une fosse creusée dans la forêt. Partout, il y a la terreur. Celle d’un homme qui connaît le jour et l’heure de sa mort. Et puis il y a une lettre, comme un manifeste, et qui annonce le pire. S’engage alors, pour l’équipe du commandant Sharko, une sinistre course contre la montre. C’était écrit : l’enfer ne fait que commencer.

« Luca« , le nouveau Franck Thilliez est salué de façon dithyrambique un peu partout, dans la presse et sur les blogs, comme étant Le livre à lire. Propulsé en tête des ventes par un public qui lui ait acquis et fidèle, Thilliez peut être heureux car avec son dernier né, il signe un authentique et palpitant thriller absolument dément. Brassant de multiples problématiques et autres questionnements sur le transhumanisme, cette mouvance très diverse dans sa composition mais ayant un but bien précis pour le devenir de l’humanité, celui d’user des découvertes scientifiques et techniques visant à améliorer les performances humaines, il nous foudroie par sa maitrise du fond et de la forme. Dit comme cela, on peut se dire, qu’après tout, le transhumanisme est un courant de pensée comme un autre, mais Franck Thilliez nous montre les dérives de cette utopie qui est aujourd’hui devenu réalité, où comment la science peut-être dévoyée par des hommes sans scrupules uniquement soucieux de profits et d’un hypothétique Graal valant tous les sacrifices, les expérimentations : vaincre la mort. Avec sa maestria, son talent lui permettant de rendre accessible un ensemble d’informations complexes afin de tisser une véritable toile d’araignée aux multiples ramifications, rendant son « Luca » brillant, intelligent, addictif et résolument visionnaire, inventif, Franck Thilliez nous plonge dans l’antre de la bête. L’histoire est multiple et passionnante. Tout démarre dans une chambre d’hôtel où une jeune femme loue son ventre à un couple en mal d’enfant. Elle disparaît dans la nature. Au même moment, on retrouve un corps mutilé dans une fosse creusée en pleine forêt. L’individu a été littéralement déchiqueté.. Enfin, un homme succombe devant le nouveau siège du 36 : le Bastion. Le jour et l’heure de sa mort avait été prédit. Deux enlèvements sont perpétrés. Une lettre, une sorte de manifeste prédisant le pire.. La première partie est de facture classique puis « Luca » s’envole très loin dans la stratosphère polar dans sa seconde partie absolument diabolique et au suspens, aux rebondissements savamment dosés. C’est prodigieux de voir avec quel plaisir Thilliez nous mènent en bateau. Brouillant les pistes, on suit avec un plaisir de lecture total les circonvolutions de son esprit qui créé là encore une histoire sans temps mort et qui nous emmène très loin dans une réflexion sur le devenir de l’homme. Les questions éthiques sont au cœur de ce livre qui manie des sujets complexes sans que l’on ne soit jamais perdu dans les méandres de ce pavé de 550 pages. A ce degré de maîtrise de l’art de nous raconter une histoire, il n’y a que peu d’élus et Franck Thilliez confirme avec « Luca » qu’il fait parti de ceux là, qu’il est solidement installé au sommet et même qu’il y prend ses aises pour notre plus grand bonheur.

Je tenais à remercier chaleureusement Gwen « https://lebouquinivre.wordpress.com/ » et Pascaline « https://lireetcourir.wordpress.com/« , deux blogueuses, deux amies qui m’ont, par leurs très belles critiques, encouragées à lire ce livre !
Retrouvez leurs critiques du Franck Thilliez « Luca » ici même :
https://lireetcourir.wordpress.com/2019/05/07/luca-franck-thilliez/
https://lebouquinivre.wordpress.com/2019/05/12/luca-franck-thilliez/

Ma note: 5/5.

Broché: 552 pages
Éditeur : Fleuve éditions (2 mai 2019)

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