Littérature : « L’inconnu me dévore » de Xavier Grall (1930-1981)


91ffKKDmnFLL’Histoire :
Fils de Rimbaud, de Kerouac et de Céline, Xavier Grall est un barde rebelle, un insurgé solitaire et mystique dont les mots éclatent de couleurs, de colère, de sensualité et d’un  » insatiable besoin de routes et de prières « . Un prix littéraire a été créé en 2006 par le Festival de la parole poétique (Pays de Quimperlé) en hommage à Xavier Grall. Le Prix Xavier-Grall est remis à un poète (homme et femme alternativement) pour l’ensemble de son œuvre. Une rue porte son nom à Rennes, dans le quartier est des Longs-Champs.

Pour qui croit au destin, il était donc écrit que je croiserais un jour les chemins de l’oeuvre de Xavier Grall (1930-1981). Il y eut tout d’abord la résonnance d’un titre « L’inconnu me dévore« , la rencontre avec une vraie gueule de cinéma, un esprit contestataire, sans cesse révolté, en communion avec la nature, un poète faisant vibrer les mots tel un joueur de harpe celtique. Xavier Grall était Breton et c’est peu dire qu’il a aimé son pays, sa terre, ses genêts, l’océan, les oiseaux, les vieilles pierres, les chapelles, les vieux chemins en creux. « L’art n’est que la respiration haletante de l’amour » écrit-il. Cet amour était consubstantiel de la colère qui l’animait contre les misères de ce monde. Dans « L’inconnu me dévore », Xavier Grall dresse le portrait d’une vie, sa vie et il s’adresse dans une prose enflammée à ses filles, ses Divines comme ils les appellent. L’ouvrage fût posthume car publié après qu’il eût rejoint les étoiles et cette lumière, ce soleil qu’il chérissait tant. L’oiseau de nuit guettait et c’est peu dire que Xavier Grall s’est brûlé les ailes dans les vapeurs de l’opium, de l’herbe, du cognac, de l’absinthe enfin mère de tous les poètes. Il nous décrit son enfance janséniste, sa foi de « catholique solitaire, mystique et fou » selon ses propres mots. Tel l’écrivain Jack Kerouac qu’il admirait tant, Xavier Grall nous décrit sa force d’amour, les mystères de sa foi profonde et si éloignée des ors de l’Eglise romaine et des bigots qu’il fouette de ses mots cinglants. « Ma foi est une méharée silencieuse et lyrique ». Testament de l’auteur adressé à ses filles, je fûs éblouis et saisi par l’ivresse des mots de Xavier Grall. On peut résumer sa vie à ses mots « J’ai tant aimé et ma sagesse fût d’aimer follement. » La lecture de « L’inconnu me dévore » a suscité chez moi une vive émotion. Le style d’écriture est admirable, tout comme la sincérité d’un auteur qui ne transigeait pas avec la vérité, sa vérité, la seule qu’il eût connu : l’amour. Car au fond écrit-il « Il n’y a qu’un pêché, c’est de ne pas aimer ». Le poète écorché, l’amant de sa chère Bretagne, l’homme de conviction aimant la vie avec passion malgré ces vicissitudes, le chrétien des origines rejetant les dogmes et les interdits, Xavier Grall c’est un peu de tout cela. Et moi de finir sur ces mots sublimes de Grall : « Tout est fabuleux pour qui sait regarder. La fraîcheur du regard est le commencement de la sainteté ». A défaut de sainteté, Xavier Grall m’a ému et transpercé jusqu’au coeur, là où vibre mon âme celte et ce désir un peu fou d’embrasser le monde d’un seul regard sans se brûler les yeux !

Ma note:5/5.

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