Blu-Ray : « Knight of Cups » de Terrence Malick

435642.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxxL’Histoire : Knight of Cups suit la quête de Rick, un scénariste en vogue, entre Los Angeles et Las Vegas. Au milieu de décors urbains grandioses, il cherche à briser le sort qui l’a plongé dans une mélancolie profonde. Sur sa route, des femmes telles des muses l’aideront à leur façon à trouver sa voie.
Terrence Malick est depuis près de quarante années, une énigme, un réalisateur culte pour qui les cinéphiles de tout poil ont un avis souvent tranché. Il y a ceux qui aiment et ceux qui ne peuvent que sommeiller, voir carrément roupiller devant ses films. Je fais partie sans nulle doute de cette première catégorie. Il y a selon moi deux Terrence Malick : celui de l’avant « The Tree Of Life » (2011) et celui de l’après. « The Tree of Life« , Cannes, le festival, Brad Pitt et l’apothéose d’une carrière, la consécration tant public que critique. Malick n’a jamais fait les choses à moitié. Dès 1978, « Les moissons du ciel » s’impose comme un chef d’œuvre, vingt ans plus tard, en 1998, c’est à une autre perle de sa filmographie, le poignant « La ligne rouge » et son casting cinq étoiles, de tutoyer les sommets. En 2005, « Le nouveau monde » est une nouvelle fois une réussite, certes un peu moins évidente, mais tout de même une très belle relecture de l’histoire de Pocahontas. Malick instaure un style inimitable avec une voix Off omniprésente et des plans d’une stupéfiante beauté. La musique est un autre symbole du cinéma Malickien, tout comme sa célébration de la nature et son questionnement sur Dieu et l’univers tout entier. Le réalisateur à ainsi pu fonder un style reconnaissable entre tous. Sa marque de fabrique qui fait la renommée d’un auteur qui en 40 ans n’a fait que 5 films.. Mais voilà, après « The Tree of Life« , la boulimie de projets semble s’emparer de lui et Malick de signer ainsi deux films en quatre ans. Tous les acteurs et actrices se l’arrachent et sont près à se damner pour tourner avec le maître. Oui mais voilà, la quintessence de son cinéma, si elle est encore présente à travers l’utilisation maniaque des procédés explicités plus haut, semble tout de même s’éroder d’œuvre en œuvre. 2012, voit la sortie de « A la Merveille« , première déception pour moi et film chroniqué ici même sur ce blog. Malick, pour la toute première fois, ne m’a pas vraiment touché, pire il m’a par moment ennuyé. « Knight of Cups » est sorti l’année dernière, en 2015. Il n’est pas sorti dans mon cinéma favori. J’ai été un peu surpris de cela. La sortie en Blu-ray-DVD-VOD en mars 2016, me permet de combler mon attente quand à ce film qui, je l’espérais vraiment, allait me réconcilier avec le cinéma du maître et faire de moi à nouveau un disciple. Premier point, le casting est vraiment chouette avec Christian Bale, Natalie Portman et Cate Blanchett en tête. Prestigieux, ce casting cinq étoiles augure t’il d’un cinéma à nouveau flamboyant ? La réponse est malheureusement non et je m’en explique. Tous les ingrédients du cinéma Malickien sont là. Les images sont sublimes, les décors sont sublimes, les actrices et acteurs sont sublimes, la musique est sublime, oui mais voilà, car il y a un grand « mais », les émotions elles sont en mode mineures. Malick semble ici se perdre dans prêchi prêcha new Age, redondant, paresseux et terriblement ennuyeux. Oui, on s’ennuie franchement à essayer de suivre cette histoire qui n’en a pas ou qui plutôt cherche à perdre son spectateur dans les méandres d’un cinéma pompier et plombant. La forme ne masque pas la vacuité du fond. C’est long, terriblement long et Christian Bale en tête erre comme une âme en perdition dans cette succession d’images certes belles mais qui n’ont pas l’ombre d’un sens. On se perd à chercher un sens à « Knight Of Cups« . Vaniteux, Malick ne touche plus, pire il coule avec ce film célébré par une certaine presse qui n’a pas le courage de dire que notre homme c’est pour le moins perdu et fourvoyé en se caricaturant ainsi de la sorte. Alors oui, ce film est un voyage au bout de l’ennui ! J’aime le cinéma dit d’auteur, le cinéma cérébral, celui qui donne du sens mais là je dis non. Malick se moquerait-il de son monde en usant et abusant de ce qui autrefois avait fait le charme d’un cinéma exigeant, certes, mais d’une très grande qualité ? A éviter.
Ma note:♥♥     /5.

Rick (Christian Bale)

Nancy (Cate Blanchett) und Rick (Christian Bale)

Elizabeth (Natalie Portman)
Elizabeth (Natalie Portman)
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