Les films de l’année 2010, le top 5 du Dude !

L’année 2010 restera pour moi comme un bon cru en matière de cinéma. Le choix de ces cinq films de l’année fût difficile même si comme à chaque fois certains se détachent du lot de façon plus évidente. Voici la liste des 14 films vu au cinéma en cette année qui s’achève :

« Bright Star »-« Orphan »-« Les chèvres du Pentagone »-« Crazy Heart »-« Alice au pays des merveilles »-« Robin des bois »-« Shrek 4 »-« Inception »-« Toy Story 3 »-« Shutter Island »-« The expendables »-« Des hommes et des Dieux »-« Harry Potter et les reliques de la mort »-« Narnia 3 »

5 « Crazy Heart« 

Sorti la veille de mon 28ème anniversaire, le 3 mars dernier, mais injustement boudé par les deux cinémas lorientais, c’est avec un peu de retard mais un plaisir qui n’en est que plus grand, que j’ai découvert ce « Crazy heart ». Un film qui a valut à notre Dude préféré Jeff Bridges l’oscar du meilleur acteur. Bad Blake est un vieux chanteur de country survivant, bon gré mal gré, grâce à de vieux tubes country et une poignée de concerts dans des rades du Texas pas très loin de Nashville. Ce personnage miné par l’alcool et un passé lourd de sens, seul Bridges pouvait l’incarner avec brio. Dès le début du film, comme un clin d’oeil à The Big Lebowski, c’est dans un bowling que Bad Blake donne son premier concert. Bridges lui donne la morgue vieillissante, une fuck off attitude dont il a le secret, pour cela rien ne vaut la version originale sous titrée qui nous donne à entendre les expressions d’un Bad Blake désabusé. L’irruption d’une jeune femme venu l’interviewer va bouleverser la vie de Bad Blake… L’émotion, l’humour (quel regard plein de vérité porté sur les coulisses du monde de la musique country), la qualité de la photo, des images, l’interprétation de Robert Duvall, de Maggie Gyllenhaal sont autant d’éléments qui participent à la qualité de ce film. Un portrait touchant d’un homme blessé, d’un anti-héros comme l’Amérique en fabrique aussi. Le Texas, c’est la véritable Amérique, l’âme et le coeur des États-Unis bat là-bas, pas très loin de Nashville. Ce film s’adresse à tous les amoureux d’une certaine Amérique, d’un « american way of life » authentique loin des clichés MTV and co. Face à la vulgarité et au culte de l’apparence californienne, la rudesse texane n’en apparaît que plus sincère. Bad Blake tout comme The big Lebowski forment les anti-héros d’une Amérique qui recherche ses repères, ses racines. Si Crazy Heart est une parfaite réussite c’est aussi parce que ce regard porté sur ces gens est profondément humain. On rit de certains travers mais toujours avec une pointe d’émotion. Un film indépendant qui nous réconcilie avec un cinéma authentique. Adoubé par la critique, marqué par l’oscar de son interprète principal, ce « Crazy Heart » mérite que vous lui consacriez un peu de votre temps. Un très bon moment de cinéma pour un de mes coups de coeur de cette année 2010.

4 « Toy Story 3 »

Toy Story 3 ne déroge pas à la sacrosainte règle qui fait de Pixar le numéro un incontesté du film d’animation depuis une dizaine d’années déjà. Une nouvelle fois, le tour de force de réunir adultes et enfants pour célébrer les qualités d’un même film, est amplement réussit. Pixar, c’est avant tout des scénarios aux multiples rebondissements, riches et toujours aussi inventifs, mêlant finesse des dialogues et action pour notre plus grand bonheur. Les personnages sont attachants et les occasions de rire se comptent à la pelle (ah ! le duo Ken et Barbie est mémorable…). L’émotion pointe même le bout de son nez lorsque l’on évoque la fin de l’enfance et l’entrée dans le monde adulte. Voilà l’autre Atout de Pixar, cette capacité à associer humour et émotion, en proposant à chaque âge son propre degré de lecture. Petits et grands peuvent d’ors et déjà se réjouir car nous sommes là face au film d’animation le plus abouti de cette année 2010.

3 « Des hommes et des dieux »

Un Xavier Beauvois touché par la grâce dans son dernier film « Des hommes et des dieux », nous contant la vie des Moines Cisterciens de Tibhirine en Algérie de 1993 jusqu’à leur enlèvement en 1996. Les interprètes sont tous au diapason de ce dernier, Lambert Wilson en tête (à tel point que l’on se demande encore comment la palme du meilleur acteur a pu lui échapper), dans ce film qui a obtenu le grand prix du jury à Cannes en 2010.  La BOF est sublime, magnifiant par la même des scènes d’une rare intensité. Sobre et profondément émouvant, on ne peut rester insensible face à ce film qui constitue l’un des événements cinéma de cette année 2010 à n’en pas douter. La séquence du dernier repas pris au monastère accompagnée de la musique du lac des cygnes de Piotr Ilitch Tchaïkovski est en ce sens, l’incarnation d’un cinéma exigeant certes mais ici ô combien émouvant. Les chants des moines se marient parfaitement à la beauté formelle de ces paysages. Beauvois nous donnent à voir l’histoire de ces hommes qui n’ont pu échapper à leur destin. Si le rythme est volontiers lent, voir contemplatif, pas une seule seconde l’on ne sent poindre l’ennui. Une œuvre entière, une magistrale leçon de cinéma qui aurait sans nulle doute mérité  la palme d’or à Cannes. Les critiques sont dithyrambiques et ce n’est que justice pour l’équipe du film. Un très grand film de cinéma.

2 « Inception »

« Inception » est le nom du nouveau projet de Christopher Nolan (The Dark Night) et il est à coup sûr, Le film à ne surtout pas manquer cet été. Une nouvelle fois Nolan repousse les limites de ce que l’on a déjà pu voir en matière de SF en nous offrant ce film de 2h30mn d’une intensité rarement atteinte. Le scénario (entièrement écrit par Nolan) est implacable, le montage tout simplement hallucinant. Le coup de force de ce Inception c’est d’être à la fois intelligent et intelligible. Emmené par un Di Caprio au sommet, une Marion Cotillard toute en émotion, la jeune Ellen Page (Juno), tout ce petit monde se met au diapason de ce film qui fait d’ors et déjà figure de classique instantané au même titre qu’un Blade Runner et autre Matrix en leur temps. On ne s’ennuie pas une seule seconde tant l’action est soutenu. Je ne vous dévoile bien évidemment rien de l’intrigue et ne peux que vous exhorter à voir ce formidable film de genre. On peut préciser également qu’avec ce film et Shutter Island, Léonardo di Caprio est l’acteur qui a rapporté le plus d’argent à l’industrie du cinéma avec plus d’1 milliard de dollars récoltés.

1 « Bright Star »

Sorti le 6 Janvier 2010, Bright Star est selon moi, et ce pour de nombreuses raisons, Le film de cette année 2010. C’est indicible, impalpable, invisible et pourtant cela s’est incarné dans mon coeur. Est ce donc cela que l’on appelle « Amour » ?demande Fanny à sa mère dans le film. Ce dernier, signé Jane Campion, auteur du déjà culte « La leçon de piano », a été injustement oublié au festival de Cannes, alors qu’il aurait mérité à mon sens un prix. Peu importe au fond puisqu’il m’a moi profondément touché. La vie de John Keats (1795-1821) est marquée par la fulgurance, telle une comète qui a un jour traversé ce ciel où virevoltait les mots du poète. Qu’il est bon de retrouver l’essence de ces mots vidés de leur sens. Dans ce film, les mots s’incarnent véritablement. Ils sont la chair, la nourriture d’amour indispensable, ce lien inaltérable liant l’être aimant et l’aimé. La traduction du manque est très juste. C’est à devenir fou, une douleur sourde et lancinante et l’on se surprend à se demander comment l’on a fait pour vivre sans elle. Elle est le manque. Les vers de ce poète parti trop tôt ont quelque chose de surnaturel. L’amour et la souffrance ont été ses muses. « Celui qui n’a pas connu l’absence ne sais rien de l’amour » écrit Christian Bobin dans « Une petite robe de fête. » C’est d’une telle justesse, la voilà la vérité et c’est de cela dont traite ce film d’une beauté formelle, esthétique, d’une élégance et d’un raffinement qui confine au sublime ! (le mot ici n’est point usurpé) John Keats mourra de la tuberculose à seulement 26 ans, foudroyé, et personne ne sait alors qu’il sera l’un des poètes romantiques les plus importants de sa génération. Il se consumera aussi pour une autre raison, celle-ci a pour nom Fanny Brawne, sa voisine. Les deux êtres vont tomber éperdument amoureux l’un de l’autre. L’amour irradie littéralement la pellicule de Jane Campion, totalement maître de son sujet. C’est un cinéma exigeant, pur, beau tant sur le fond que dans la forme, un cinéma non dénué d’un certain clacissisme (ce qui à mon sens est une vertu). Ici tous les écueils du mélo hollywoodien sont rejetés avec vigueur, la réalisatrice ne retenant que l’essence d’une passion qui consume forcément deux êtres follement épris l’un de l’autre. Ce qui est parfaitement rendu et absolument bouleversant c’est ce sens profond et véritable que l’on donnait aux mots qui étaient alors véritablement incarnés et non vidés de leur sens comme aujourd’hui. Une époque où l’on s’envoyait des lettres cachetées avec des baisers enflammés en guise de timbres postes… le romantisme qu’il soit en peinture, en poésie, en musique est véritablement le courant artistique que je préfère, celui où je me sens le mieux. Ce film est un baume sur le coeur des derniers Iroquois qui croient encore que les mots, les livres, la poésie ont leur place dans une histoire, et qu’ils sont même fondamentaux. Réhabilitons ces mots qui peuvent nous apparaître désuet mais qui font pourtant parti intégrante de notre âme. Ceux qui sourit en lisant que l’amour rend fou, que l’amour nous rend imprudent n’ont pas connu la passion, la véritable passion… à l’inverse ceux d’entre vous qui le vivent où l’ont vécu me comprennent j’en suis certain. J’ai particulièrement retenu ce passage du film où la jeune femme demande à sa mère, « est ce cela l’amour…souffrir… » La poésie de Keats est sublimée par une musique très belle qui nous procure de pures moments de grâce. « Bright Star » est sans artifice et repose sur une maîtrise formelle sans faille d’une réalisatrice qui nous livre là un véritable chef d’œuvre, une petite bulle de poésie dans un monde qui en manque cruellement. Un grand coup de chapeau aux acteurs d’une sincérité bouleversante. Les acteurs sont tous inconnus mais alors quel talent ! Abbie Cornish et Ben Wishaw sont bouleversants de sincérité. Ici, tout est finesse et volupté, plaisir des mots qui sont chairs, beauté des décors, des images, certains plans sont à ce titre dignes de peintures romantiques. Je le pressentais, une sensation étrange, indéfinissable qui avait débuté à la vue de cette affiche très belle et qui c’est confirmé avec la bande annonce. Il y avait une forme d’urgence, il fallait que je le vois et le plus vite possible. Cela m’arrive parfois, une véritable pulsion, un désir indubitable de voir le miracle tant espéré se réaliser. Bright Star est à ce titre, une expérience poétique et cinématographique d’une rare intensité.

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8 réflexions sur “Les films de l’année 2010, le top 5 du Dude !

  1. Bonsoir theDude

    je vais peu au cinéma mais j’ai vu récemment « Des hommes et des dieux » (dont j’avais lu la critique chez toi), Bright Star et Poetry : trois films qui m’ont ravie.

    Bon we, TheDude. et bisessssssss.

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    1. Coucou Aliénor ! Il faut absolument que je vois Poetry dont on me dis le plus grand bien. Bright Star je l’adore, il m’émeut au plus haut point, quand à des hommes et des dieux, je l’ai lui aussi beaucoup aimé, du vrai et grand cinéma, il y avait longtemps que le cinéma français n’avait pas produit une telle oeuvre.
      Merci de ta visite, passe un bon dimanche ! bises 😉

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  2. J’ai vu 26 films au ciné cette année et beaucoup de bons, effectivement … ( 2 ou 3  » navets aussi ! )
    J’ai été tenté de faire entrer dans le top 5,  » Le nom des gens  » de Michel Leclerc, avec Jacques Gamblin et Sara Forestier et autres…, tous très justes; un film particulier, très original que j’ai adoré … mais il a fallu choisir ! alors allez, dans mon Top 8 !
    Pour  » Black Swan « , je vais guetter sa sortie dans mon ciné, je pense aussi que son atmosphère devrait me plaire …
    Bon week end à toi… pour moi, je pars ré-explorer un bout d’Egypte pour quelques temps, espérant ne pas tomber en pleine révolution !!! Bises … à bientôt !

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    1. Coucou marithé ! passe un bon voyage alors, profite bien surtout, tu me raconteras à ton retour. Tu me donnes envie de voir « le nom des gens », j’aime bien ces deux acteurs. Gros bisous de ma Bretagne et à bientôt !!
      The Dude.

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  3. Pour moi, mon Top 5 sera :
    1 Bright Star
    2 Shutter island
    3 Un balcon sur la mer
    4 Poétry
    5 Biutiful
    Avec mention spéciale en 6 et 7, pour « Des hommes et des Dieux » et « Elle s’appelait Sarah »… qui se bousculent pour entrer dans mon Top 5 !
    J’en profite pour te faire une grosse bise de janvier,
    avec plein de vœux sympathiques !!!
    Pas toujours le temps de mettre un commentaire, mais je suis tes notes avec plaisir et intérêt …

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    1. Coucou Cerisemarithe ! à mon tour je t’envoie mes meilleurs voeux pour cette année 2011, la santé surtout ! c’est gentil ce que tu m’écris là, merci à toi vraiment 🙂 Il faut absolument que je vois « un balcon sur la mer » et ce « poétry » qui me tente beaucoup. Un bien joli classement que le tien preuve s’il en est que nous avons connu une bien belle année 2010 en terme de cinéma, espérons à présent que 2011 sera à la auteur. Alors moi, vois-tu, je viens de voir un film formidable avec Natalie Portman sur le milieu de la danse, ça se passe à New York et cela s’appelle « Black swan », ce dernier est une pure merveille, je pense que ça devrais te plaire marithé 😉 passe un bon week end, @ plus tard sur le web ! gros bisous 🙂
      The Dude.

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  4. Coucou Le Dude

    Première impression sur ta liste de films avant de te réécrire pour te communiquer la mienne….A propos de CRAZY HEART et sans t’avoir encore lu, es tu sûr d’être très objectif …….

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    1. Salut Dreamcatcher ! tu as tout à fait raison pour le crazy heart avec Bridges, je reconnais volontiers que j’ai surestimé ce film qui est bon certes mais pas non plus de quoi être dans le top 5 de l’année. Mais voilà, il y a Jeff Bridges alias the dude dans the big lebowski, alors mon coeur a flanché…lol J’aurais pu mettre à sa place le shutter island que j’ai adoré. C’est toujours difficile un classement. Pour les trois premiers je n’ai pas eu d’hésitations : « bright star »; « des hommes et des dieux » et le « inception »… pour la quatrième place j’ai songé à d’autres films mais je me suis dis pourquoi pas un film d’animation. Le toy story 3 m’avais bien plu. J’ai hâte de connaître ton classement ! on ne change pas de formule et j’avoue éprouver un grand plaisir à me remémorer les films vus dans l’année. Tu sais que pour m’en rappeler, outre mes notes, je conserve les tickets de cinéma 🙂 Passe une bonne soirée
      @ plus tard
      The Dude.

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