Littérature et Musique : Ellory – Murakami – Norah Jones New Single – Benjamin Biolay « La Superbe »


 

Biolay -   Brandt rhapsodie

Benjamin Biolay a sorti son cinquième album « La Superbe », 22 titres pour un double LP qui possède une classe folle. La critique est unanime des Inrocks à Télérama, Biolay vient d’écrire ici un disque qui porte bien son nom. Conçu comme un film musical, ce voyage au pays de Biolay est un régal, les orchestrations, les musiques sont comme à chaque fois particulièrement travaillées, les textes sont poétiques à souhait. Il semble à l’aise dans tous les styles. C’est incontestablement, à mon sens, un surdoué, une tête à claque sincère, arrogant certes mais cachant au fond de lui une profonde sensibilité, et puis cette mélancolie qui nous offre un premier disque bouleversant. Au delà de l’image publique qu’il peut donner de lui, il convient de juger l’homme avant tout sur ce qu’il produit, hors là avec « Trash Yéyé » en 2007 et « La Superbe » en 2009, Biolay nous démontre s’il en était besoin qu’il se trouve à des années lumières des piètres Bénabar et autres Renan Luce. Biolay aime la pop anglaise et cela se sent, son don inné à dénicher des mélodies entêtantes est bel et bien là. Depuis sa sortie, je ne me lasse pas d’écouter ce disque en tout point superbe. Outre ce premier extrait qui a donné ce titre à l’album on pourra aussi noter plusieurs autres moments forts « 15 aôut », « Brandt Rhapsodie », « Ton héritage » et puis dans un autre style « Buenos Aires ». Oser sortir un double album en 2009 et en plus tenir se pari haut la main, on ne peut que s’incliner devant cette évidence, Biolay est un génie ! Comme toujours les thèmes évoqués tournent autour de la mélancolie, de l’amour qui s’échappe inévitablement, du temps qui passe… C’est l’album du mois du Dude et il sera très certainement dans mon top 5 des disques de l’année 2009, mais nous aurons le temps de reparler de cela avec Aurelio, Pierre, Niggy et tant d’autres ami(e)s voxiens 🙂
Ma note:*****/5.


L’histoire : Joseph a douze ans lorsqu’il découvre dans son village de Géorgie le corps d’une fillette assassinée. Une des premières victimes d’une longue série de crimes. Des années plus tard, alors que l’affaire semble enfin élucidée, Joseph s’installe à New York. Mais, de nouveau, les meurtres d’enfants se multiplient… Pour exorciser ses démons, Joseph part à la recherche de ce tueur qui le hante.
Mon avis : Je ne vous dévoile rien d’autre sur cette histoire dans le but de vous préserver tout le suspense de ce roman absolument haletant. Ici, et c’est suffisamment rare pour le noter, le thriller ne se conjugue pas avec un style pauvre, l’écriture de R.J. Ellory est belle, soignée, ses descriptions du Sud des Etats-Unis puis de New York des années 1930 à la fin des années 1960 sont un vrai bonheur. On éprouve un réel plaisir à lire cette histoire sombre, au porte de l’enfer, le doute s’insinue en nous de façon progressive et nous ne pouvons plus alors interrompre la lecture de ce livre en tout point remarquable. C’est bien simple, j’ai lu les 200 dernières pages en une seule nuit. C’est d’autant plus surprenant, que je ne suis pas habituellement un amateur de ce style de littérature, mais là vraiment j’ai été littéralement emporté par le souffle de ce récit, la place accordée à la psychologie des personnages, ses descriptions de ce qui forment l’essence même de la vie, l’amour mais aussi de ses frontières les plus abjectes, la folie et la mort. R.J. Ellory signe ici avec « Seul le Silence », un grand roman, un thriller sombre et intimiste avec en prime une réflexion sur ce qui nous pousse à écrire, à (sur)vivre dans un monde ou du plus beau peut surgir à tout moment le néant.
Ma note:*****/5.

L’Histoire : Au cours d’un voyage en avion, le narrateur entend une chanson des Beatles, Norwegian Wood, qui

La ballade de l'impossible

ressuscite en lui, brusquement, le souvenir d’un amour vieux de dix-huit ans. Quand il était lycéen, son meilleur ami, Kizuki, s’est suicidé, un soir, après avoir joué au billard avec lui. Kizuki avait une amie d’enfance, Naoko. Ils étaient amoureux mais ils sortaient souvent à trois avec le narrateur, comme s’ils avaient besoin de sa présence. Depuis, pour ce dernier, la mort fait partie de la vie, elle est présente, partout, dans l’air qu’il respire. Un an après ce suicide, le narrateur, maintenant étudiant à l’université, rencontre par hasard Naoko dans la rue et ils commencent à se voir de temps en temps. Naoko était insaisissable ; elle l’est toujours pour lui, incertaine et angoissée, mais il commence à l’aimer ainsi. Une nuit, elle lui livre son secret, puis disparaît. Quatre mois plus tard, il recevra d’elle une longue lettre, envoyée d’un sanatorium dans la montagne. Entre-temps, le narrateur a rencontré une jeune fille, Midori, étudiante à la même faculté. Franche, pleine d’esprit et de vie. Autour d’elle, il y a également des ombres de mort…
Mon avis : Murakami nous emmène dans « La Ballade de l’impossible » au coeur d’un univers où l’amour, la passion se conjuguent bien souvent avec la mort, comme si tout amour portait déjà en lui le germe qui allait le vouer au néant. La poésie et la grâce de l’écriture de Murakami confèrent à ce livre une place toute particulière parmi les romans décrivant ce qui nous effraie peut-être le plus dans l’amour, cette perte de contrôle absolue, le temps qui soudain ce modifie, cette sensation d’abandon, ce sentiment d’avoir trouvé pour la première fois une raison d’espérer… Hanté par la mort ce livre est malgré tout un formidable hymne à la vie, au temps qui passe, à ses amours de jeunesse qui nous marquent à jamais d’une empreinte indélébile. Ici point de moral, nous sommes les jouets de nos sentiments, de nos pulsions. Murakami décrit magnifiquement l’attraction irrésistible qui nous pousse à vouloir ne former plus qu’un avec l’autre mais qui peut aussi se retourner contre nous-mêmes, dans une sorte de « don » ultime de soi, c’est alors la Passion, la mort qui nous ouvre ses bras. On ressort profondément ému de la lecture de ce livre.
Ma note:*****/5.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s