Littérature : R.J. Ellory « Seul le Silence » – Murakami « La Ballade de l’impossible »



R.J. Ellory Seul Le Silence

L’histoire : Joseph a douze ans lorsqu’il découvre dans son village de Géorgie le corps d’une fillette assassinée. Une des premières victimes d’une longue série de crimes. Des années plus tard, alors que l’affaire semble enfin élucidée, Joseph s’installe à New York. Mais, de nouveau, les meurtres d’enfants se multiplient… Pour exorciser ses démons, Joseph part à la recherche de ce tueur qui le hante.
Mon avis : Je ne vous dévoile rien d’autre sur cette histoire dans le but de vous préserver tout le suspense de ce roman absolument haletant. Ici, et c’est suffisamment rare pour le noter, le thriller ne se conjugue pas avec un style pauvre, l’écriture de R.J. Ellory est belle, soignée, ses descriptions du Sud des Etats-Unis puis de New York des années 1930 à la fin des années 1960 sont un vrai bonheur. On éprouve un réel plaisir à lire cette histoire sombre, au porte de l’enfer, le doute s’insinue en nous de façon progressive et nous ne pouvons plus alors interrompre la lecture de ce livre en tout point remarquable. C’est bien simple, j’ai lu les 200 dernières pages en une seule nuit. C’est d’autant plus surprenant, que je ne suis pas habituellement un amateur de ce style de littérature, mais là vraiment j’ai été littéralement emporté par le souffle de ce récit, la place accordée à la psychologie des personnages, ses descriptions de ce qui forment l’essence même de la vie, l’amour mais aussi de ses frontières les plus abjectes, la folie et la mort. R.J. Ellory signe ici avec « Seul le Silence », un grand roman, un thriller sombre et intimiste avec en prime une réflexion sur ce qui nous pousse à écrire, à (sur)vivre dans un monde ou du plus beau peut surgir à tout moment le néant.
Ma note:5/5.

L’Histoire : Au cours d’un voyage en avion, le narrateur entend une chanson des Beatles, Norwegian Wood, qui

La ballade de l'impossible

ressuscite en lui, brusquement, le souvenir d’un amour vieux de dix-huit ans. Quand il était lycéen, son meilleur ami, Kizuki, s’est suicidé, un soir, après avoir joué au billard avec lui. Kizuki avait une amie d’enfance, Naoko. Ils étaient amoureux mais ils sortaient souvent à trois avec le narrateur, comme s’ils avaient besoin de sa présence. Depuis, pour ce dernier, la mort fait partie de la vie, elle est présente, partout, dans l’air qu’il respire. Un an après ce suicide, le narrateur, maintenant étudiant à l’université, rencontre par hasard Naoko dans la rue et ils commencent à se voir de temps en temps. Naoko était insaisissable ; elle l’est toujours pour lui, incertaine et angoissée, mais il commence à l’aimer ainsi. Une nuit, elle lui livre son secret, puis disparaît. Quatre mois plus tard, il recevra d’elle une longue lettre, envoyée d’un sanatorium dans la montagne. Entre-temps, le narrateur a rencontré une jeune fille, Midori, étudiante à la même faculté. Franche, pleine d’esprit et de vie. Autour d’elle, il y a également des ombres de mort…
Mon avis : Murakami nous emmène dans « La Ballade de l’impossible » au coeur d’un univers où l’amour, la passion se conjuguent bien souvent avec la mort, comme si tout amour portait déjà en lui le germe qui allait le vouer au néant. La poésie et la grâce de l’écriture de Murakami confèrent à ce livre une place toute particulière parmi les romans décrivant ce qui nous effraie peut-être le plus dans l’amour, cette perte de contrôle absolue, le temps qui soudain ce modifie, cette sensation d’abandon, ce sentiment d’avoir trouvé pour la première fois une raison d’espérer… Hanté par la mort ce livre est malgré tout un formidable hymne à la vie, au temps qui passe, à ses amours de jeunesse qui nous marquent à jamais d’une empreinte indélébile. Ici point de moral, nous sommes les jouets de nos sentiments, de nos pulsions. Murakami décrit magnifiquement l’attraction irrésistible qui nous pousse à vouloir ne former plus qu’un avec l’autre mais qui peut aussi se retourner contre nous-mêmes, dans une sorte de « don » ultime de soi, c’est alors la Passion, la mort qui nous ouvre ses bras. On ressort profondément ému de la lecture de ce livre.
Ma note:5/5.

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