Poésies et Peintures du Dude : S. D’Arbouville – H. Bataille – C. Guérin – S. R. Gifford

Ce soir je souhaite partager avec vous mon goût pour ses trois poèmes qui constituent pour moi de très belles allégories sur l’écriture, sur le mal d’aimer, sur les souvenirs… Pour illustrer ses trois textes j’ai choisis l’artiste Sanford Robinson Gifford (1823-1880), un peintre américain connu pour ses paysages aux effets de lumières sublimes. Il est d’ailleurs à ce titre l’une des figures les plus importantes du mouvement luministe américain. J’espère que cette note vous plaira. Avec toute mon amitié !
The Dude.

Il est si tard… Charles Guérin (1873-1907)

Il est si tard, il fait, cette nuit de novembre,
Si triste dans mon cœur et si froid dans la chambre
Où je marche d’un pas âpre, le front baissé,
Arrêtant les sanglots sur mes lèvres, poussé
Par les ressorts secrets et rudes de mon âme !

La maison dort d’un grand sommeil, l’âtre est sans flamme ;
Sur ma table une cire agonise. Et l’amour,
Qui m’avait, tendre espoir, caressé tout le jour,
L’amour revient, armé de lanières cruelles,
Lacérer l’insensé qu’il berçait dans ses ailes.

Ô poète ! peseur de mots, orfèvre vain,
Ton vieil orgueil d’esprit succombe au mal divin !
Tu rejettes ton dur manteau de pierreries,
Et déchirant ton sein de tes ongles, tu cries
Ton immense fureur d’aimer et d’être aimé.

Et jusqu’à l’aube, auprès d’un flambeau consumé,
Et promenant ta main incertaine et glacée
A travers les outils qui servaient ta pensée,
Dans le silence noir et nu, pauvre homme amer,
Tu pleures sur ton coeur stérile et sur ta chair.


La jeune fille et l’ange de la poésie Sophie d’Arbouville (1810-1850)

L’ange reste près d’elle ; il sourit à ses pleurs,
Et resserre les nœuds de ses chaînes de fleurs ;
Arrachant une plume à son aile azurée,
Il la met dans la main qui s’était retirée.
En vain, elle résiste, il triomphe… il sourit…
Laissant couler ses pleurs, la jeune femme écrit.


Les souvenirs Henri Bataille (1872-1922)

Les souvenirs, ce sont les chambres sans serrures,
Des chambres vides où l’on n’ose plus entrer,
Parce que de vieux parents jadis y moururent.
On vit dans la maison où sont ces chambres closes.
On sait qu’elles sont là comme à leur habitude,
Et c’est la chambre bleue, et c’est la chambre rose…
La maison se remplit ainsi de solitude,
Et l’on y continue à vivre en souriant…





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