Sélection livre et film culte du Dude : « Le feu follet » Drieu La Rochelle adapté par Louis Malle

Le feu follet, suivi de adieu à gonzague

Ce livre de Pierre Drieu La Rochelle (1893-1945) est à mon sens, son plus réussit. C’est un livre qui m’accompagne depuis de longues années déjà, je l’ai relu et terminé hier tard dans la nuit…..je suis à chaque fois bouleversé par la modernité de ce texte, son réalisme saisissant dans cette peinture du mal-être, de la dépendance à la drogue…la vie, les amis qui passent, qui changent…Drieu La Rochelle a écrit « Le feu follet » en 1931, il s’inspire notamment du suicide d’un ami Jacques Rigaut, qui après plusieurs cures de désintoxication, préfère se suicider d’une balle tirée en plein coeur le 6 novembre 1929. Jacques Rigaut était un écrivain dadaïste, un mouvement littéraire qui remettait en cause les convenances idéologiques, politiques et artistiques. « Le suicide doit être une vocation » écrivait notamment Jacques Rigaut. Drieu La Rochelle finira lui aussi par se suicider, après de nombreuses tentatives, il réussira à se donner la mort le 15 mars 1945 à Paris. « Le feu follet » raconte les derniers jours d’un homme Alain Leroy, qui accro à l’héroïne, décide d’en finir, « Je suis dans une angoisse perpétuelle » dit-il. Un roman prodigieux, profondément désenchanté, un des textes les plus émouvant que j’ai lu…c’est aussi le roman d’un ratage, Drieu La Rochelle était obsédé par cette jusqu’à sa son dernier souffle. L’adaptation de Louis Malle au cinéma du roman de Drieu La Rochelle en 1963, est une grande réussite. Le film reprend des pans entiers des dialogues du livre, quelques éléments diffèrent, dans le film Alain Leroy est accro à l’alcool…mais cela ne trahit en rien l’état d’esprit du roman de Drieu La Rochelle, magnifiquement retranscris par un Louis Malle au sommet de son art. Un chef d’oeuvre absolu du cinéma français, une musique d’Erik Satie sublime. Ce

qui m’a toujours fasciné dans cette adaptation de Louis Malle, c’est sa fidélité totale à l’esprit du roman, rien n’est gommé, toute la complexité du personnage d’Alain Leroy est retranscris à l’écran notamment grâce à la performance exceptionnelle de Maurice Ronet, inoubliable dans ce rôle, son regard…le moindre de ses gestes sont lourds de sens, il nous hypnotise littéralement. Un film immense de Louis Malle à voir et à re-voir.

Un site que je vous recommande sur Pierre Drieu La Rochelle : http://drieu-la-rochelle.ifrance.com/

(p.160) « Le Feu Follet » Pierre Drieu La Rochelle : « Je me tue parce que vous ne m’avez pas aimé, parce que je ne vous ai pas aimés. Je me tue parce que nos rapports furent lâches, pour resserrer nos rapports. Je laisserai sur vous une tache indélébile. » Ces mots forment aussi le testament du personnage d’Alain Leroy dans le film de Louis Malle.

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