Cinéma du Dude Octobre-Novembre07 : « My blueberry nights » – « American Gangster » – « Jesse James »

My Blueberry Nights [Blu-ray]

Un pur moment de grâce, le temps qui semble s’arrêter, le regard de Norah Jones, la présence de Jude Law, Rachel Weisz, Natalie Portman, magnifiquement filmé par Wong Kar Wai, j’aivraiment passé un grand moment de cinéma, oublier le temps d’un film les misères de ce monde, en se perdant dans les yeux de Norah Jones. L’histoire est toute simple : après une rupture douloureuse, Elizabeth se lance dans un périple à travers l’Amérique, laissant derrière elle une vie de souvenirs, un rêve et un nouvel ami – un émouvant patron de bar – tout en cherchant de quoi panser son coeur brisé. Occupant des emplois de serveuse, Elizabeth se lie d’amitié avec des clients dont les désirs sont plus grands que les siens : un policier tourmenté et sa femme qui l’a quitté, une joueuse dans la déveine qui a une affaire à régler. Mais si l’histoire est simple, elle est une nouvelle fois magnifiée par la virtuosité de Wong Kar Wai, qui n’est décidément jamais aussi bon que lorsqu’il nous refait du Wong Kar-Wai version « In the mood for love ». Son style est unique et reconnaissable dès les premières secondes du film, la BO (Cat Power, Norah Jones…) est une nouvelle fois magnifique, l’émotion est toujours juste portée en cela par des acteurs au diapason d’une Norah Jones désarmante de sincérité, d’émotion. Jude Law est sublime (on pourrait le filmer n’importe où cela ne changerai rien), tout en retenu, le duo qu’il forme avec Norah Jones fonctionne à merveille et l’on y croit dès les premières secondes. « My blueberry nights » se situe dans l’exact prolongement du sublime « In the mood for love », avec toujours ces scènes d’émotions pures, ces instants de grâce tellement rares au cinéma (c’est ce qui fait leur charme). Ah! cette scène de baiser entre Norah Jones et Jude Law, si poétique et sensuelle, rien que pour cette scène le film mérite d’être vu. Bref, j’ai passé un très grand moment, la musique, les images, les acteurs, l’ensemble est profondément mélancolique et pourtant l’on en sort apaisé, purifié en quelque sorte. Cela fait du bien de se dire que le monde n’est pas totalement pourri et qu’il reste quelque part une Elizabeth et un Jeremy.

Note:*****/5.



American gangster

Disons le tout de suite, « American Gangster » est un très grand film, certainement l’un des meilleurs films qu’il m’ait été donné de voir en cette année 2007. Dès les premières minutes, le duo d’acteurs Russel Crowe-Denzel Washington fait merveille, on sent que ces deux là sont partis pour nous faire un grand film, maginifiquement guidés par un Ridley Scott toujours aussi inspiré dans sa mise en scène. Les 2h40mn du film ne sont pas un problème, bien au contraire, aucune baisse de régime n’est à noter (ce qui est assez rare pour un film de cette durée), on est tout de suite happé dans cette univers de violence, dans une Amérique empêtrée dans la guerre du Viêtnam. L’histoire tient vraiment la route (je ne vous dévoile rien de l’intrigue), Denzel Washington a pour une fois le rôle du « méchant » Frank Lucas, tandis que Russel Crowe, égal à lui même est parfait dans celui du flic luttant contre une corruption généralisée à tous les étages de la société. La reconstitution de l’époque, la façon de montrer comment l’on amenait la drogue, comment on la vendait, les dégâts occasionnés dans la société US, tout ces éléments rendent ce film passionnant du début à la fin. « American Gangster » est un film de genre, un pure, un vrai, un hommage à tous les classiques : des « Affranchis » à « Serpico » en passant par « Donnie Brasco » et le sous estimé « Copland », bref c’est déjà un classique que nous nous empresserons d’aller acheter lors de sa sortie en DVD. C’est très certainement le meilleur film dans ce genre depuis « les Affranchis » de Scorcese, et de ce point de vue, le film de Ridley Scott est en tout point supérieur aux « Inflitrés » de Scorcese, le duo Russel Crowe-Denzel Washington éclipsant totalement la performance surrévaluée du duo Di Caprio-Damon. Alors en cette fin d’année 2007, ne manqué surtout pas « American Gangster » vous ne le regretterez pas (parole du Dude) en passant un grand moment de cinéma.

Note:*****/5.


Crépusculaire, tel est le mot qui définirait le mieux l’atmosphère générale de « L’Assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford ». Loin des codes habituels du genre, des facilités scénaristiques holywoodiennes, nous avons ici une oeuvre personnelle, magnifiée par un Brad Pitt totalement habité par son personnage, énigmatique et impérial dans le rôle de Jesse James. Sa performance est exceptionnelle et elle restera à n’en pas douter un des grands moments de sa carrière d’acteur, certainement un de ses meilleurs rôles, qui méritait amplement la coupe Volpi du meilleur acteur à la dernière Mostra de Venise en 2007. Je passe sur l’histoire du film en elle même, tous le monde la connaît, ou du moins croit la connaître. « Jesse James » est un film qui prend le temps en 2h40mn de nous dépeindre les méandres de l’âme de ses personnages de western torturés, complexes. Le film sublime ses personnages, les acteurs sont tous au diapason de Brad Pitt c’est à dire exceptionnels, à commencer par Casey Affleck, époustouflant de justesse dans l’interprétation de Robert Ford. Le rythme lent du film n’amène aucun ennui, bien au contraire, le film est construit comme une lente agonie de Jesse James qui semble vouloir en finir avec cette vie d’errance, de crimes, pour toujours. C’est un film étrange, rare, poétique, vrai, empris de mélancolie. Les images et la mise en scène d’Andrew Dominik sont tout simplement exceptionnelles, je n’avais pas vu une telle maîtrise et une telle beauté visuelle depuis « Le nouveau monde » de Malick. Le traitement de l’image avec ses ralentis est d’une rare beauté (la séquence de l’attaque du train est un modèle du genre). Nous avons là un immense western poétique et crépusculaire, magnifié par des acteurs tous superbes dans leur rôle respectif avec un Brad Pitt éblouissant de justesse. Sélectionné à la dernière Mostra de Venise, ce film ne sort malheureusement que dans 200 petites salles en France (que dire du scandale de sa distribution aux Etats-Unis), alors si je n’ai qu’un seul conseil à vous donner c’est d’aller voir ce film en salle. Les films de cette envergure sont trop rares, « Jesse James » est d’ores et déjà un chef d’oeuvre, un classique au même titre que les meilleurs westerns de Clint Easthwood. A mes yeux, nous avons là le meilleur film qui soit sortie en France depuis le début de l’année 2007. Mon coup de coeur de l’année 2007.

Note:*****/5.


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