Merci à Hedwige et à son formidable blog https://trancheslivres.wordpress.com/ de m’avoir fait découvrir ce très beau roman !

Ma chronique :

« Les Fantômes de Shearwater » est le troisième roman de l’autrice australienne Charlotte McConaghy. C’est le tout premier livre que je lis d’elle et ce ne sera pas le dernier, tant j’ai trouvé ce roman absolument palpitant, plein d’un souffle qui nous emporte du début à la fin. Imaginez-vous une île perdue au beau milieu de l’océan austral. Une nature vengeresse qui crie sa colère, sombre comme un océan qui dévore une île qui s’effrite à grands pas. Seul avec sa famille, un homme, Dominic Salt et ses trois enfants sont les gardiens de cette île qui abrite un immense bunker où sont entreposées une énorme réserve de graines qui doivent servir à les replanter suite à une apocalypse nucléaire, par exemple, ou à une catastrophe écologique majeure. Les autres occupants de l’île l’ont quitté il y a déjà longtemps. Officiellement, cette famille est restée surveiller des graines d’une importance inestimable. Il y a cette forte angoisse et ce personnage à part entière qu’est l’océan qui ronge de façon vorace cette île condamnée à disparaître. Une nature démiurge, toute puissante, tel un châtiment infligé à ceux qui ne l’ont pas respectée. Un jour, une femme s’échoue sur le rivage. Qui est-elle ? Que fait-elle sur cette île hostile alors qu’il n’y a personne à des centaines de kilomètres à la ronde ? Un bateau doit venir les secourir, mais les conditions météorologiques font qu’il leur faudra plusieurs semaines. Les langues vont se délier peu à peu car tous cachent de lourds secrets, de ceux qui pèsent sur les consciences. Une ambiance sombre, mystérieuse qui interroge les liens entre les êtres dans des environnements extrêmes. Un roman polyphonique où nous pénétrons à chaque chapitre dans l’esprit d’un personnage différent. Les chapitres sont courts, ce qui donne une force au récit, véritable page-turner que l’on ne peut plus quitter. L’île de Shearwater cache des secrets inavouables. Peu à peu, comme pour un puzzle, les différentes pièces se mettent en place. Il y a beaucoup d’émotions lorsque l’on découvre cette famille, où l’on panse les blessures. Les enfants ont perdu leur mère. C’est aussi un récit écologique où l’on cache une réalité. Cette île qui s’effrite si violemment est la métaphore du délitement de cette famille. L’arrivée de cette inconnue changera t-elle cela ? Pour Dominic Salt, la sauvegarde des graines qui vont être emportées sur le bateau venant les chercher est prioritaire. Un roman écologique également, car l’on voit la famille Salt respecter l’écosystème de Shearewater. Mais derrière cette harmonie, il y a cette île qui bientôt ne sera plus car dévorée par l’océan. Une histoire follement romanesque sans être à aucun moment mièvre. Un texte tourmenté où Charlotte McConaghy nous emporte. Je la rapprocherais de l’autrice M.L. Stedman, qui elle aussi écrit très bien, un peu dans cette veine. Il y a aussi de l’amour dans cette famille même si les choses ne sont pas toujours faciles. Au final, je ne peux que vous recommander cette lecture (la couverture est magnifique en plus) et j’en profite d’ailleurs pour remercier les amies blogueuses de m’avoir incité à lire cet excellent roman signé Charlotte Mc Conaghy et paru aux éditions Actes Sud.

Date de publication : 14 janvier 2026 ; Éditeur : Actes Sud ; Nombre de pages : 384 p.

Mon avis :

Note : 4.5 sur 5.