Ma chronique :

Quel plaisir de retrouver une salle de cinéma pour un film qui m’a transporté et bouleversé pendant un peu plus de deux heures. C’est LE film de ce début d’année à ne surtout pas manquer. « Hamnet » de Chloé Zhao s’inspire d’un roman historique de Maggie O’Farrell paru en 2020. J’avais déjà adoré le roman de cette formidable autrice, mais je dois dire que l’adaptation de Chloé Zhao est au plus près du texte originel, très respectueux. Le film a remporté le Golden Globe du meilleur film dramatique et celui de la meilleure actrice dans un film dramatique. Il faut dire que la performance de Jessie Buckley crève l’écran dans un rôle qui la voit jouer la femme de Shakespeare, très bien interprété par le charismatique Paul Mescal. Le couple a trois enfants mais, leur petit dernier prénommé Hamnet attrape la peste bubonique, à la toute fin du XVIe siècle, et ce pauvre petit en meurt. Jessie Buckley est marqué par le deuil insoutenable de la perte d’un enfant. Elle en veut à Shakespeare de se rendre à Londres pour son travail d’écrivain et de créateur de pièces de théâtre dramatiques. Leur couple va devoir surmonter cette épreuve. Buckley est une femme de la forêt, son refuge. On dit des médisances sur elle, car elle connaît les remèdes fabriqués à l’aide de plantes médicinales. Paul Mescal campe un Shakespeare torturé, mais qui va sublimer la mort de son fils, sa souffrance en écrivant le fameux « Hamlet ». Le rythme est lent, volontiers contemplatif, mais qu’est ce que c’est beau. J’ai aimé la photographie. J’ai songé à Jane Campion pour son magnifique « Bright star » dans cette façon de capter la nature. Les deux histoires sont complètement différentes, mais il y a du Jane Campion chez Chloé Zhao. Cette réalisatrice, je la suis depuis très longtemps avec notamment son tout premier film vu au cinéma « Les Chansons que mes frères m’ont apprise ». Les critiques presses et spectateurs sont excellentes, seuls certains journalistes rabat-joie ont trouvé le long-métrage trop lacrymal. Cela me fait sourire, car on parle tout de même de la perte d’un enfant et du deuil qui s’en suit. C’est un très grand film et j’espère vraiment qu’il sera à nouveau récompensé aux Oscars 2026 car il le mérite. C’est aussi le récit d’un amour fusionnel, mais qui devient différent suite aux départs de Shakespeare à Londres, mais surtout suite au décès de leur fils. Malgré tout, l’amour entre ces deux êtres sera toujours présent malgré les avanies de la vie, ces épreuves. Jessie Buckley est d’une justesse rare. J’avoue être passé à côté de ses autres films mais là elle crève l’écran. Paul Mescal est plus en retrait, mais il demeure excellent lui aussi. J’ai vu « Hamnet » dans un cinéma qui diffuse des films d’auteurs. Il n’était pas à l’affiche du complexe cinéma et c’est bien dommage. Un film crépusculaire, mais où l’amour perce les nuages qui s’amoncellent. Attention, on est tout sauf en face d’un énième film sentimental ou mièvre, bien au contraire. Alors vraiment, si vous avez l’occasion de le voir au cinéma, n’hésitez pas !


Mon avis :

Note : 5 sur 5.