
Ma chronique : Les Editions du sous-sol font paraître ce qui, pour moi, est à ce jour le meilleur roman de la littérature du réel de l’immense auteur David Grann : « Les naufragés du Wager. » Un travail de recherche historique, de reconstitution d’une période, les années 1740, absolument phénoménal. Naviguer au XVIIIème siècle sur les bâtiments de la Royal, au nom du souverain d’Angleterre, était une mission quasi suicidaire, tant les conditions de vie sur ces navires étaient épouvantables. Si l’on rajoute au scorbut, aux nombreuses autres maladies liées à la promiscuité, au manque d’hygiène, aux rats presque aussi nombreux que les hommes d’équipage, les risques de la guerre, avec une violence sidérante, dans les affrontements lors des prises d’assaut de navires, on obtient un cocktail particulièrement éprouvant pour les pauvres bougres servant sur ces vaisseaux de la marine anglaise. Le navire le Wager quitte l’Angleterre en 1740 avec, à son bord, deux cent cinquante officiers et hommes d’équipage. Il fait partie d’une escouade chargée de pourchasser un galion espagnol chargé de trésors inestimables. L’Espagne et l’Angleterre sont en guerre dans les années 1740. Le soucis, c’est que les navires britanniques vont devoir franchir le cap-Horn pour rejoindre le Pacifique. Les navires du malheureux commodore Anson vont connaître les tempêtes les plus violentes qui soient, des vagues et des vents mêlés de pluie qui vont provoquer, malgré tous les efforts du commandant et de son équipage, le naufrage du Wager, sur une terre désolée où il n’y a absolument rien pour subsister. Nous sommes au large de la Patagonie, sur une île, où tout semble se liguer contre les survivants du Wager. Nul ne sait ce qu’il est advenu du reste de la flotte du commodore Anson. « Les naufragés du Wager » s’inscrit dans la lignée des récits de guerre navales d’un Patrick O’Brian, un mélange pour ceux qui apprécient le cinéma, de « The revenant » de Alejandro González Iñárritu et de « The Master and commander » de Peter Weir (inspiré des romans de Patrick O’ Brian justement). La description apocalyptique des conditions de vie des survivants ou plutôt des « vivants pas tout à fait mort » est sidérante. Le style d’écriture, la qualité des descriptions des lieux et des rapports entre les hommes, notamment en questionnant la notion d’autorité, que serions nous capable de faire pour survivre ? On songe à la tentation de franchir le Rubicon quant au tabou du cannibalisme, entre autres choses. On ressort de ce roman groggy mais heureux d’avoir pu connaître cette épisode terrifiant du naufrage du Wager. Un récit aux rebondissements incroyables, digne des plus grandes productions hollywoodiennes. Martin Scorsese et Léonardo Di Caprio ne si sont pas trompés en achetant, dès sa sortie, les droits du roman de David Grann. Tout est décrit avec un sens du détail, du réalisme, absolument époustouflant. Si vous aimez les grands récits d’aventure maritime, embarquez sur les navires de Sa Majesté, plongez vous dans le quotidien de ces marins, la violence également des règles d’autorités régissant les journées des pauvres bougres. A noter également que le recrutement était on ne peut plus chaotique, on prenait ce qui se présentait. Les possibilités d’évolution de carrière étaient réelles mais pour une minorité d’éléments provenant de milieux les plus favorisés. Au final, la vie de l’équipage au sein de l’HMS Wager reprenait, peu ou prou, les éléments de cette réalité sociale anglaise (Qui était la même partout ailleurs en Europe d’ailleurs). On ne se côtoyait pas et chacun, selon ces appartenances à telle ou telle classe sociale, restait à sa place. La hiérarchie sociale sur les navires était appliquée avec une grande rigueur. Malheur à celui qui aurait souhaité sortir de sa place, du rôle qui lui était assigné par la Royal. Le châtiment tombait séance tenante. « Les naufragés du Wager », c’est paru aux Editions du sous-sol et s’est signé David Grann. Vraiment, c’est un énorme coup de cœur !
Mon avis :

⛵⛵🌊
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Coucou Frédéric, je te souhaite une très belle année ! 🎉☺️
Il me semble que tu avais déjà grandement apprécié la BD récemment, contente de voir que le roman a su être des plus saisissants. Ce genre de voyage devaient être un véritable enfer entre maladie, danger, famine… Je serais plus tentée par la BD, mais je te remercie pour ton avis. ☺️ Passes un très beau week end 🔆🙂
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Terminé il y a peu (je vais pouvoir me rabattre sur Heat 2 😉), et comme toi je reste sous le choc. C’est d’abord, comme tu l’écris très bien, un éclairage sur une épisode assez bref et méconnue de la rivalité maritime entre Angleterre et Espagne appelé « la guerre de l’oreille de Jenkins ». Rien que le nom, déjà, interpelle et promet une histoire complètement folle. Et puis il y a cette affaire du Wager, bien embarrassante pour la couronne d’Angleterre, longtemps mise sous le boisseau, à peine évoquée dans des poèmes de Byron, lui-même descendant d’un survivant de l’équipage. Enfin, il y a le récit qu’en fait Grann, dans ce registre nouveau appelé « littérature du réel » ou « non-Fiction littéraire » qui emprunte aux codes du roman et à l’écriture journalistique pour faire œuvre d’historien. Grann y excelle en effet, ce n’est d’ailleurs pas étonnant de voir déjà deux de ses livres adaptés au ciné (the lost city of Z et Killers of the Flower Moon). J’ai du mal à visualiser celui-ci sur un écran néanmoins, tant certaines pages relèvent de l’horreur pure simple. En tout cas, ça reste un grand moment de lecture dont ton article témoigne parfaitement.
Très bon dimanche Frédéric.
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Ah ce Heat 2 il est formidable ! J’ai adoré😉. Je compte lire « The lost city of Z » car j’avais beaucoup aimé la version cinéma de James Gray. Cela va être un pari fou de l’adapter au cinéma. Je fais confiance à Scorsese pour nous livrer un grand moment de cinéma. Tu as raison certains passages font songer à « The Revenant » de Alejandro González Iñárritu. Il y avait déjà Leonardo Di Caprio qui sera du projet « Les naufragés du Wager. » Un croisement entre « Master and commander » et « The revenant » se serait génial. Je rêve 😉 Passe une excellente fin d’après-midi 😊
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Le roman est sublime ! Il te plaira j’en suis sûr mais tu as raison commence par la BD. Excellente fin d’après-midi à toi 😊
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Merci Frédéric, contente de te revoir par ici 🙂 Je te souhaite une belle journée !
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Plaisir partagé que celui de te retrouver ici Ludivine, belle journée à toi ! 😊
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Merci beaucoup ! 😊
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Rebonsoir, c’est un très bon récit détaillé mais je dirais comme pour La note américaine, et malgré le sujet, cela manque d’émotion. Bonne soirée.
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Ils vont l’adapter en film avec Scorsese. Je pense qu’il privilégie la véracité à l’émotion. C’est un choix de l’auteur mais je comprends que l’on puisse regretter le manque d’émotion. Très bonne journée à vous 🙂
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