Netflix : « La Révolution » une uchronie réussie ?

L’Histoire : Royaume de France, 1787. Enquêtant sur une série de meurtres mystérieux, Joseph Guillotin – futur inventeur de la guillotine – découvre l’existence d’un nouveau virus : le sang bleu. La maladie  se propage au sein de l’aristocratie et pousse la noblesse à attaquer le peuple. C’est le début d’une révolte … Et si on nous avait menti depuis plus de deux siècles ? Voici la véritable histoire de la Révolution Française…

Ma note :

Note : 4 sur 5.

« Une série Z historico-fantastique consternante (…) » Télérama n’y va pas par quatre chemins pour décrire l’objet de son courroux : « Révolution » la nouvelle série française signée Netflix et créée par Aurélien Molas. L’ensemble de la presse française a démoli le projet parlant de série nanardesque mal jouée, d’histoire tronquée, de falsification de la véritable histoire de la Révolution. La liste des griefs est longue et le débat sur la qualité de la série semble entendu. Loin de moi l’idée de vous vendre cette série comme un authentique chef d’œuvre, mais je dois également être honnête, et vous dire pourquoi j’ai aimé « Révolution ». Impossible de ne pas penser « Au Pacte des Loups » en regardant ce qui n’est pas une série historique mais bien une série fantastique aux codes légèrement gores. Je pense que beaucoup s’attendaient à une reconstitution sérieuse de cette période mais ce n’est pas du tout le cas ici. L’époque choisie est juste là pour une relecture imaginant un récit totalement farfelu et assumé : et si une maladie concoctée à Versailles pouvait offrir aux sangs bleus l’éternité au prix de la transformation en zombie/vampire se nourrissant du peuple au sens propre et non au figuré. Il s’agit de regarder cette série non comme une leçon d’histoire du formidable historien spécialiste de la Révolution, Timothy Tackett, mais comme un trip halluciné un peu gore et foutraque, en somme une uchronie. La série ne se prend pas au sérieux et le côté décalé m’a tout de suite séduit. La forme esthétique est très réussie, les images et effets spéciaux sont beaux, le casting est très bon avec la ravissante Marilou Aussilloux en tête. Amir El Kacem qui interprète le médecin Jacques Guillotin est également excellent. Le jeu du comte dépravé Donatien (Julien Frison) peut apparaître outrancier mais là encore je l’ai trouvé vraiment bon. L’histoire est prenante et la fin m’a donné envie de regarder une éventuelle saison 2. La petite fille qui joue Madeleine de Montargis en proie à des hallucinations est également très douée. Il y a des rebondissements, de l’intensité, des décors et des costumes forts réussis.. Franchement, j’ai vu des séries Netflix américaines bien pires que « Révolution » qui ne mérite pas tout cet acharnement. Pour une fois qu’un scénariste et réalisateur français s’aventure hors des chemins battus de la fiction, on pourrait au moins lui trouver du cran d’avoir osé bâtir un récit aussi fantasque. Alors bien sûr, ce n’est pas un chef d’œuvre loin de là mais j’ai trouvé disproportionné la réaction de la presse face à une série qui est efficace et remplie son rôle de distraction. Un conseil, faites vous votre propre opinion. Une nouvelle fois je note le fossé qui se creuse entre l’avis de la critique presse et celui du public. Avec je l’espère de tout cœur, une saison 2 !