Littérature : « Etat d’ivresse » de Denis Michelis

Meilleurs vœux à toutes et à tous pour 2019 ! Merci pour votre fidélité et ces échanges, ces partages nombreux qui rendent cette aventure sur WordPress toujours aussi passionnante ! Bises bretonnes. Voici le tout premier livre lu pour cette rentrée littéraire de janvier 2019. Il sort demain !  
imagesYRWNLQBSL’Histoire :
« État d’ivresse brosse le portrait d’une femme brisée qui, en s’abîmant dans l’alcool, se fait violence à elle-même. La mère d’un adolescent, en état d’ivresse du matin au soir, se trouve en permanence en errance et dans un décalage absolu avec la réalité qui l’entoure. Épouse d’un homme absent, incapable d’admettre sa déchéance et plus encore de se confronter au monde réel, elle s’enferme dans sa bulle qui pourtant menace de lui éclater au nez. Comme dans ses deux précédents romans, on trouve sous la plume de Denis Michelis les thèmes de l’enfermement et de la violence conjugués à l’impossibilité d’échapper à son destin. « Il ne me reste plus qu’à prendre mon élan, qu’à courir pour sortir de cette maison et ne plus jamais y revenir. Mais quelque chose m’en empêche, et cette chose se trouve là, à mes pieds : mon verre tulipe. »

« Etat d’ivresse » est signé par l’écrivain Denis Michelis. C’est son troisième roman à paraître aux éditions Noir sur Blanc. Ne faisons pas durer plus longtemps le mystère autour de la qualité de ce livre, « Etat d’ivresse » est un très bon roman qui débute telle une peinture sociale sur la réalité d’un mal profond et lancinant : l’alcoolisme. On adopte le point de vue d’une femme souffrant de ce cancer de l’âme et qui s’abime dans les affres de l’alcool, s’étourdissant pour mieux se détruire. Vous allez me dire, encore un livre sur ce sujet.. Je vous répondrais que l’originalité de l’ouvrage de Denis Michelis n’est pas celle de se plonger dans l’esprit, l’intimité d’une personne dépendante de l’alcool car d’autres l’on déjà fait. Mais bien plutôt, après un début somme toute assez conventionnel, de faire basculer, peu à peu, son récit, celui de notre narratrice dans la folie, la paranoïa, la psychose. Son fils est lycéen et il tente de se sauver au milieu de ce drame de l’intime. Son père est absent et puis il y a cette voisine, une amie ou plutôt une « ancienne » amie. Peu à peu, brique après brique un mur s’élève entre le monde de notre narratrice et celui de son fils, de son mari, de son travail de journaliste.. Sans artifice mais aussi sans complaisance, Denis Michelis dresse le portrait saisissant d’une folie au quotidien, de celle qui vous font sombrer, vaciller aussi sûrement que d’autres formes de dépendance. Pas de « drogue » ici mais ce monstre affreux, hideux qui vous foudroie du regard lorsque vous vous regardez dans un miroir.. et qui vous répète en boucle dans votre esprit que la bataille est perdue d’avance, que l’hydre à plusieurs têtes a vaincu ! Sans jamais tomber dans le sordide ou le simple fait divers, Denis Michelis instaure un climat troublant, presque kafkaïen où la folie se niche dans les moindres subreptices, les moindres pores de la peau. On plonge tête la première dans cet enfer et on en ressort bouleversé. Le style d’écriture ciselé achève le tout et donne à ce livre de Denis Michelis un cachet certain. Une réussite.
Je remercie chaleureusement, l’auteur Denis Michelis, merci également aux éditions Noir Sur Blanc ainsi qu’à la Masse critique privilégiée et Babelio pour ce très beau moment de lecture !

Ma note:4/5.

Broché: 161 pages
Editeur : Les Editions Noir Sur Blanc (3 janvier 2019)
Collection : Notabilia

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