Musique : « Day Breaks » Norah Jones – « Eusa » Yann Tiersen

Norah-Jones-Day-Breaks-2016-2480x2480-696x696En 2002, quelques mois seulement après la tragédie du 11 Septembre à New York, une voix gracieuse et apaisante charma tout son monde avec un disque « Come Away With Me » qui allait marquer son époque. Norah Jones, (fille de l’Indien Ravi Shankar, le célèbre joueur/compositeur de Sitar) atteignit dès son premier album un degré de succès et de notoriété unique en son genre. Le temps a passé, Norah Jones est aujourd’hui une maman de 37 ans ( elle a deux enfants, on sait seulement que son mari est musicien) qui sort en ce jour son sixième album solo intitulé « Day Breaks » toujours sur le label Blue Note. Un retour à ses racines Jazz et à son instrument de prédilection, le piano, qu’elle avait quelque peu abandonné pour ses deux précédents LP au son plus pop (« The Fall » en 2009 et « Little Broken Hearts » en 2012). La New-yorkaise a composé neuf nouveaux titres auxquels s’ajoutent trois reprises de Neil Young « Don’t Be Denied », de Duke Ellington « Fleurette Africaine »  et de Horace Silver « Peace ». Pour « Day Breaks » Norah Jones a collaboré avec le légendaire saxophoniste Wayne Shorter ou le maître de l’orgue Lonnie Smith ou bien encore le batteur Brian Blade. Il en ressort un album d’une classe folle, délicatement ciselé, qui met en évidence la voix toujours aussi envoûtante de Norah. Cette dernière signe des chansons aux thèmes très actuels. Le titre « Flipside » évoque ainsi, par exemple, le problème du contrôle des armes à feu aux Etats-Unis. Une voix unique et un disque doux et délicat, profondément apaisant qui va m’accompagner pendant de longs mois. Je suis d’autant plus impatient de la voir sur scène le 15 Novembre prochain à la salle Pleyel à Paris. Et si c’était son meilleur Lp à ce jour ?

Ma note:♥♥♥♥♥/5.



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Autre talent précieux, le compositeur breton Yann Tiersen qui a sorti le 30 septembre son 9e album studio, « Eusa«  (nom breton de cette terre), uniquement composé au piano. Dans ce disque sublime, il nous invite au voyage et rend un magnifique hommage à l’île d’Ouessant (à vingt kilomètres de la côte ouest du Finistère) où il vit depuis une dizaine d’années. Autrefois, les navires étaient souvent victimes de naufrages aux abords de l’île. On dit d’ailleurs ce vieux dicton : «Qui voit Ouessant voit son sang». Tiersen a enregistré ses morceaux au studio d’Abbey Road, à Londres. Pern, Porz Goret, Lok Gweltaz, Penn Ar Roc’h… En tout, dix titres portant le nom de lieux spécifiques de  l’île de Ouessant. Intercalé entre chaque morceau, des titres baptisés hent ou «chemin» en breton. Dans le premier titre et le dernier titre d’Eusa, une voix féminine (sa femme) récite un texte en breton de la poétesse bretonne Anjela Duval. Une langue que Tiersen a apprise récemment lui qui n’a de cesse de vouloir plonger dans ses racines bretonnes. Il faut écouter ce disque, profondément apaisant, face à la mer et contempler l’horizon à perte de vue. Les embruns, les oiseaux, sentir, ressentir, s’imprégner de ce que la Bretagne nous offre chaque jour. Une terre de légendes et de mystères, de korrigans et de druides, de poètes et de voyageurs. Yann Tiersen signe ici un album d’une grande sincérité, mettant en musique ce que l’on peut percevoir comme les battements de cœur de notre chère terre de Bretagne ! Envoûtant.

Ma note:♥♥♥♥♥/5.


 

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