LES FILMS DE L’ANNEE 2015 !

FILM DE L’ANNEE 2015 !

FELIXETMEIRA_120X160DEF_PRINT.indd1 « FELIX ET MEIRA » Date de sortie 4 Février 2015

L’Histoire : Tout oppose Félix et Meira. Lui mène une vie sans responsabilité ni attache. Son seul souci, dilapider l’héritage familial. Elle est une jeune femme juive hassidique, mariée et mère d’un enfant, s’ennuyant dans sa communauté. Rien ne les destinait à se rencontrer, encore moins à tomber amoureux.

Quel plaisir de découvrir enfin grâce à la VOD, ce film si touchant, si enthousiasmant qu’est « Félix et Meira« . Découvert grâce au magazine Première en Février 2015, il avait immédiatement attiré mon attention mais il n’était malheureusement pas sorti en salle dans mon cinéma préféré. Cet impair est aujourd’hui réparé. Maxime Giroux a vu son film se voir décerner le titre de meilleur film canadien devant excusez du peu, Xavier Dolan lui-même. Précédé de critiques élogieuses, je peux vous confirmer le bien fondé de ces dernières. Ce film est un écrin délicat, sensible où vivent et meurent sous nos yeux les sentiments amoureux, ceux d’une femme prisonnière du carcan religieux imposé par sa communauté, par son mari, et ceux d’un homme qui n’a pas encore trouvé sa place en cette vie. Ces deux êtres fêlés, blessés par la vie vont se retrouver et s’aimer ou pas.. car chez Maxime Giroux, la question des sentiments n’est pas archétypale et simpliste. Chacun des trois êtres (Félix, Meira et son mari) lutte pour trouver le chemin qui lui paraîtra le plus juste. Sans a priori et avec une belle liberté, il brosse le portrait de cette femme mère d’une enfant, de son mari Juif fervent et de Félix celui auprès de qui elle se sent enfin libre. L’utilisation de la musique magnifie des images qui font apparaître tout le talent de ce réalisateur qui ne cède jamais aux facilités. Son film est lent, profondément sensible, délicat, majestueusement filmé, servi par des comédiens d’une justesse rare. Hadas Yaron et Martin Dubreuil nous laissent profondément ému, pleins de questions face au jeu des sentiments, du désir, de l’amour. La fin que je vous laisse le soin de découvrir est d’une rare subtilité. Si ce film avait été réalisé par James Gray (que j’adore par ailleurs), on crierait au génie. Dans la lignée d’ »In The Mood for love » de Wong Kar Wai et autres « Two lovers » de Gray. Un grand film, vraiment.

Ma note:♥♥♥♥♥/5.

http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19548324&cfilm=230965.html

2614852 « SICARIO » Date de sortie 7 Octobre 2015

L’Histoire : La zone frontalière entre les Etats-Unis et le Mexique est devenue un territoire de non-droit. Kate, une jeune recrue idéaliste du FBI, y est enrôlée pour aider un groupe d’intervention d’élite dirigé par un agent du gouvernement dans la lutte contre le trafic de drogues. Menée par un consultant énigmatique, l’équipe se lance dans un périple clandestin, obligeant Kate à remettre en question ses convictions pour pouvoir survivre.

Précédé de critiques enthousiastes au festival de Cannes au Printemps dernier où « Sicario » a fait l’unanimité de la presse et du public (sauf Libération et les Cahiers du cinéma qui n’ont pas goûté ce plaisir défendu d’un cinéma populaire et exigeant à la fois.. ont-ils déjà aimé un film ? la question reste entière..), c’est donc avec une grande impatience que j’attendais le dernier long métrage de Denis Villeneuve (réalisateur qu’on ne présente plus tant ses derniers films ont prouvé la valeur de son travail en matière de cinéma). Villeneuve s’essaie au film de genre, le thriller sur les cartels de la drogue, le trafic, ses victimes, la guerre qui se joue à la frontière entre le Mexique et les Etats-Unis dans la tristement célèbre Ciudad Juárez (une ville située au nord de l’État de Chihuahua). La toile de fond est posée et l’histoire de servir de prétexte pour une plongée dans les méandres de cette guerre où Emily Blunt (parfaite dans son rôle) représente le droit dans sa stricte légalité en tant qu’agent du FBI, tandis que Josh Brolin en chef d’opération spéciale et surtout l’immense Benicio Del Toro en tueur implacable, charismatique à souhait et qui nous glace le sang tout au long du film constituent eux la face sombre et pas vraiment légal de cette guerre contre la drogue. Un casting de premier ordre qui est un des atouts majeurs de « Sicario ». Qui sont les bons et les méchants, avec cette question au fond qui traverse le film de part en part, qui contrôle vraiment qui ? personne au fond mais le film dresse un visage et un bilan sans concession de la guerre contre les cartels de la drogue. La séquence au début du film de la sortie de Ciudad Juárez d’un baron de la drogue arrêté puis extradé aux Etats-Unis, est un modèle du genre. L’angoisse que connaît Emily Blunt durant tout le film, ses interrogations, tout cela nous tenaille nous spectateurs pendant toute la durée de « Sicario ». Le casting je l’ai dis est parfait avec une mention spéciale à Benicio Del Toro que je n’avais pas vu aussi convaincant depuis longtemps, ainsi qu’à Emily Blunt qui ne cesse de subir la dure réalité de ce qu’est la guerre contre ces criminels au jour le jour. C’est bluffant de réalisme, nullement moralisateur et le réalisateur de nous laisser scotché par ce « Sicario » (nom donné aux tueurs à gages au Mexique) qui confirme s’il en était besoin que Denis Villeneuve est un grand. Sans aucun doute, un des films de l’année 2015 !

Ma note:♥♥♥♥♥/5.

http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19555421&cfilm=228114.html

5702183 « AMERICAN SNIPER » Date de sortie 18 Février 2015

L’Histoire : Tireur d’élite des Navy SEAL, Chris Kyle est envoyé en Irak dans un seul but : protéger ses camarades. Sa précision chirurgicale sauve d’innombrables vies humaines sur le champ de bataille et, tandis que les récits de ses exploits se multiplient, il décroche le surnom de « La Légende ». Cependant, sa réputation se propage au-delà des lignes ennemies, si bien que sa tête est mise à prix et qu’il devient une cible privilégiée des insurgés. Malgré le danger, et l’angoisse dans laquelle vit sa famille, Chris participe à quatre batailles décisives parmi les plus terribles de la guerre en Irak, s’imposant ainsi comme l’incarnation vivante de la devise des SEAL : « Pas de quartier ! » Mais en rentrant au pays, Chris prend conscience qu’il ne parvient pas à retrouver une vie normale.

Sacré défi que celui relevé par Clint Eastwood dans son nouveau film « American Sniper ». Comment aborder la figure du héros Chris Kyle sans tomber dans l’hagiographie ? Je préfère vous le dire tout de suite, le procès intenté à Eastwood est profondément malhonnête. Oui, il y est question de patrie, de patriotisme, d’une forme d’héroïsme mais ce dernier est toujours vain et c’est là que réside à mon sens le point fondamental de la réflexion tenu par Clint. Bradley Cooper est exceptionnel dans son rôle. Il est ce héros au masque se fissurant au fur et à mesure que tombe ses dernières illusions sur ce combat. Pourquoi se bat-il au juste ? Pour protéger les siens, son pays contre ce qu’il perçoit comme étant le mal. Il ne sera pas un « mouton » mais bel et bien le « gardien du troupeau » face aux « loups ». Ce passage du film est intéressant car il consigne le matériel intellectuel et le conditionnement dans lequel on maintient Chris depuis qu’il est tout jeune. Bradley Cooper est un héros mais tout a une fin. Ses amis tombent les uns après les autres, sa femme (Sienna Miller magistral dans son rôle d’épouse et de mère) tente coûte que coûte de maintenir un semblant de vie normal mais le mal est fait. Kyle revient d’Irak miné par des troubles d’ordre psychiques liés au stress des combats qui est un point très bien rendu dans le film. Les scènes de combat sont affreuses, où peut-on voir ici une glorification du fait guerrier ? Kyle est un héros pour ses frères soldats. Lui ne fait au fond que ce qu’il sait faire : tuer. Mais l’aspect fondamental c’est que tout est vain, la chasse des terroristes d’Al Quaîda, le sacrifice des femmes et des enfants envoyés à la mort par des fanatiques aussi.. Bouleversant, révoltant dans ce qu’il nous montre de la réalité d’une guerre « propre » qui n’est qu’un concept pour technocrates bornés, qualificatif voulant masquer la réalité, cette réalité. Oui la guerre est sale, fût elle au nom d’idéaux aussi beau que ceux de liberté etc. Un grand film est celui qui ne vous laisse pas de conscience au repos. Un grand film vous questionne. Qu’aurais je fais moi ? Injustement boudé aux Oscars, Eastwood a obtenu la plus belle des victoires avec un succès public majeur aux États-Unis et un peu partout dans le monde. Un hommage poignant mais aussi tout en pudeur sur une des pages les plus sombre du XXIème siècle. Avec « American Sniper », Eastwood signe son film le plus abouti. Une œuvre maîtresse à n’en pas douter.

Ma note:♥♥♥♥♥/5.

http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19550839&cfilm=208041.html

1132764 « LES CHANSONS QUE MES FRERES M’ONT APPRISES » Date de sortie 9 Septembre 2015

L’Histoire : Johnny vient de terminer ses études. Lui et sa petite amie s’apprêtent à quitter la réserve indienne de Pine Ridge pour chercher du travail à Los Angeles. La disparition soudaine du père de Johnny vient bousculer ses projets. Il hésite également à laisser derrière lui Jashaun, sa petite sœur de treize ans dont il est particulièrement proche. C’est tout simplement son avenir que Johnny doit maintenant reconsidérer…

« Les Chansons que mes frères m’ont apprises« , un titre énigmatique, poétique et profond qui colle parfaitement à la sensation qui nous traverse au sortir de ce film signée par Chloé Zhao, une jeune réalisatrice née en Chine et vivant depuis dix ans à New York. Ce regard, son regard n’est pas celui des vautours voleurs d’images funèbres. Elle pointe avec délicatesse, sans suffisance aucune, les difficultés d’existence, le mal de vivre, dans une réserve indienne du Dakota, à Pine Ridge. Un endroit qui accumule les handicaps : l’alcool surtout qui rend fou, l’obésité, la drogue, les familles déchirées, la violence des gangs, les trafics en tout genre, le suicide, l’ennui enfin et le fait de n’être pas considéré tout à fait comme des hommes à part entière.. Ces humiliations, ces blessures, les indiens des Etats-Unis les vivent plus que de raison. On est ému par cette réalité, révolté même mais sans que jamais l’auteure ne cède aux facilités dramatiques communément admises dans malheureusement beaucoup trop de film-documentaire. La force de ce dernier, c’est de puiser justement dans son aspect naturaliste. Les acteurs sont au diapason, la relation si forte et si belle entre un frère et une sœur que rien ne peut séparer, John Reddy (d’une intensité rare) et la toute jeune Jashaun St. John (éblouissante) est le point fort de cette traversée d’une Amérique à la dérive, en perte de repères. Jamais sépulcrale ou mortifère, ce n’est pas ce qu’a souhaité exprimer Chloé Zhao, on sent bien au contraire poindre ici et là des notes d’espérances et une poésie des mots et des images saisissantes. Cela fait plaisir de voir qu’il y a encore des cinémas en France qui osent programmer de véritables œuvres qui donnent non seulement à voir mais également à penser notre monde et sa complexité.

Ma note:♥♥♥♥♥/5.

Interview de la jeune réalisatrice sur Télérama :

http://www.telerama.fr/cinema/chloe-zhao-j-ai-perdu-toutes-mes-illusions-sur-le-cinema-independant-americain,130987.php

http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19553259&cfilm=233834.html

0520745 « STAR WARS – LE REVEIL DE LA FORCE » Date de sortie 16 Décembre 2015

L’Histoire : Dans une galaxie lointaine, très lointaine, un nouvel épisode de la saga « Star Wars », 30 ans après les événements du « Retour du Jedi ».

Tout a déjà été dit au sujet de cette attente interminable du nouvel épisode de la saga Star Wars. Allait-il être capable de nous faire oublier les errements de la prélogie pour mieux nous rappeller les qualités immenses de la trilogie originelle de Georges Lucas ? Lorsque nous avons appris la vente par ce dernier des droits de l’oeuvre ultime de science fiction à Disney, nous pouvions craindre le pire. Je ne prolonge pas plus longtemps votre attente fébrile, « Star Wars, le réveil de la force » est Le film que nous n’attendions plus, un hommage en bonne et due forme à « La guerre des étoiles » qui nous replonge avec délice dans tout ce que nous pouvions ressentir de fort dans la saga. Les plans de soleil couchant, les séquences d’émotions pures, d’action, d’humour aussi, les décors, la musique, le choix d’acteurs au diapason des anciens, tout culmine dans ce « Star Wars » pour ressusciter en nous la magie de la trilogie. J. J. Abrams utilise avec parcimonie les effets spéciaux, recherchant le « vrai » là où sonnait tant le « faux » de la prélogie. Incarné dans tous les sens du terme, ce film l’est en tout point. Daisy Ridley est charismatique à souhait tandis que John Boyega apporte ce qu’il faut pour que notre duo sonne juste. Mais, si ce « Réveil de la force » est aussi puissamment évocateur c’est aussi parce qu’il nous permet de revoir avec émotion Han Solo, la princesse Leia, ainsi que Luke Skywalker (pour ce dernier je ne vous dévoile rien). Le seul bémol, s’il devait y en avoir qu’un, serait sans doute cette volonté de ne pas rompre d’un pouce avec la trilogie originelle. Un hommage et non un pastiche qui ravive en nous la flamme et nous fais dire que décidément nous ne sommes pas près de quitter des yeux cette très lointaine galaxie.

Ma note:♥♥♥♥♥/5.

http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19558259&cfilm=215097.html