Littérature : « Moby Dick » Herman Melville

-_Moby-DickL’Histoire : Le jeune Ismaël décide de reprendre la mer pour fuir l’ennui. Il choisit cette fois de s’embarquer sur un baleinier. Il rejoint l’équipage du Péquod, aux commandes duquel sévit un redoutable capitaine. Celui-ci, le capitaine Achab, a eu une jambe arrachée par Moby Dick, une gigantesque baleine blanche. Son seul but est de la retrouver et de la tuer. Il entraîne ainsi son équipage à travers une incroyable et obsessionnelle course poursuite sur toutes les mers du globe.

Se confronter au texte de « Moby Dick », paru en son intégralité dans l’édition Phébus ici présente, c’est vouloir affronter un véritable mythe de la littérature américaine et, disons le tout de go, mondiale écrit par l’aventureux Herman Melville dont la vie est non moins passionnante que ses romans. Sorti en 1851, cet ouvrage aujourd’hui reconnu comme étant un des sommets créatifs de son auteur (qui lui-même le considérait comme son chef d’oeuvre !) ne fût point reçu avec les mêmes éloges au moment de sa sortie et ce quasiment jusqu’au centenaire de sa parution. Melville devait souffrir toute sa vie de cet échec lui qui finit par mourir dans un anonymat presque complet en septembre 1891 à New York (ville de sa naissance en 1819). Un seul journal lui consacra une notice nécrologique de trois ou quatre lignes ! « Moby Dick » est un ouvrage d’une rare puissance d’évocation, un hymne à l’océan, aux cachalots pourchassés tout au long de ce récit, d’une précision infinie quant aux usages de la pêche aux cachalots et autres baleines franches dans tous les océans du monde. Un drôle de livre, une somme qui de digression en digression tout au long de l’histoire, nous plongent dans les méandres de cette pêche, de cette lutte dantesque entre l’homme et la nature indomptable symbolisée par la personne de ce cachalot blanc, Moby Dick. Le savoirherman-melville encyclopédique de l’auteur qui tel Gargantua accumule pour notre connaissance des quantités astronomiques de détails sur cette expérience de la pêche (qu’il a très bien connu puisqu’il fût lui-même marin durant bien des années avant de se mettre à écrire) nous donne le sentiment d’être en face d’une oeuvre prodigieuse et totale. Ce n’est pas un livre évident à aborder car il est effectivement chargé d’une telle symbolique, qui dépasse même le mythe propre de Moby Dick, qu’il est parfois difficile de retenir cette foule de détails tout sauf insignifiants. La quête du capitaine Achab est aussi une réflexion sur l’obsession, sur le thème du bien et du mal, sur la folie enfin d’un homme qui entraîne tout son équipage et son vaisseau à sa perte. L’écriture est sublime, élégante mais aussi endiablée lorsqu’il s’agit de conter les délires et autres élucubrations de ce capitaine fou d’Achab, mais également tour à tour poétique, drôle, bliblique, dantesque ! La fin est absolument prodigieuse même si connu de tous, l’apocalypse Achabien est à la hauteur d’un ouvrage qui distille tout au long de son récit, érudition, humour, réflexions philosophiques et autres équations naturalistes à faire pâlir les tenants de la nouvelle rentrée littéraire française ! Un livre populaire et énigmatique, conciliant les deux publics dans son élégante majesté, un vaisseau fantôme qui poursuit son sillage et continue d’embarquer port après port les lecteurs qui ont, juste récompense, établi le mythe de « Moby Dick » permettant à Melville de célébrer d’outre tombe le statut aujourd’hui légendaire de son chef d’oeuvre ! Ma note:5 /5.

neely, 7/24/07, 11:02 PM,  8C, 4114x10331 (2548+250), 138%, Repro 2.2 v2,  1/40 s, R59.8, G56.3, B76.5

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