Livre culte du Dude : « Le bruit et la fureur » William Faulkner- Photographies Dorothea Lange

Le Bruit et la fureur

Faulkner (1897-1962) reçoit le prix Nobel de littérature en 1949. Il est considéré comme l’un des plus grands auteurs de la littérature américaine des années 1930, avec un style bien à lui fait d’ellipses narratives, de narration multiple. Faulkner élabora ce que l’on appellera le « courant de conscience », une technique littéraire qui décrit le point de vue d’un personnage en donnant tout le processus de pensée de ce dernier. C’est une forme de monologue intérieur où le processus de pensée du locuteur (qui produit les paroles) est adressé à lui-même. On suit ainsi tout le cheminement de la pensée du locuteur, les choses dites et les non-dits, ce que l’on pense mais que l’on ne prononce pas à cet instant donné. Parmi ses romans les plus connus, nous pouvons citer « Tandis que j’agonise » (1930), « Sanctuaire » (1931), « Lumière d’août » (1938), « Absalon, Absalon ! » (1936) et ce livre que je viens de terminer « Le Bruit et la fureur » écrit en 1929. Faulkner écrit des romans que l’on peut qualifier de « drame psychologique ». Lire un de ses livres c’est se plonger dans un univers sans nulle autre pareil, c’est accepté de ne pas avoir les réponses à nos questions, ou alors bien plus tard dans le récit, tant le mode de narration peut paraître déroutant à celui qui n’a jamais lu un livre de cet auteur. L’histoire elle-même de ce livre est presque irracontable si nous ne voulons pas dévoiler des points essentiels de ce roman. C’est le quatrième roman de Faulkner et il fût publié en 1929, en pleine crise économique. Le titre du roman fait référence à la pièce de théâtre deShakespeare « Macbeth » (acte 5, scène 5) :
« La vie (…) : une fable

Racontée par un idiot, pleine de bruit et de fureur,
Et qui ne signifie rien« .
Ce roman est divisé en quatre parties dans lequel Faulkner utilise la technique littéraire du courant de conscience. Les trois premières parties sont écrites selon le point de vue de personnages différents :
-La première partie, Benjy Compson, un homme attardé;
-La deuxième partie Quentin Compson, étudiant de Harvard qui nous parlent de sa dernière journée avant son suicide (je ne dévoile rien ici, on le sait dès la préface…);
La troisième partie Jason Compson, le frère cynique des deux personnages précédents.
Le personnage principal de ce roman n’a pas de partie dédiée, elle se prénomme « caddy », c’est la soeur des trois précédents personnages, objection de l’affection débordante de Benjy, de l’amour incestueux de Quentin et la haine farouche de Jason. L’histoire se passe sur trois jours d’avril 1928 (partie I, III et IV) et  en 1910 (partie II) , dans un ordre non chronologique. C’est un roman âpre et difficile d’accès mais pour celui qui veut se donner la peine de pénétrer dans cet univers, le voyage est inoubliable et laisse le lecteur quelque peu sans voix face à tant de maîtrise tant sur le fond que sur la forme. Un roman que je vous conseille, malgré sa difficulté c’est une expérience à tenter, émouvante et éprouvante mais qui vaut vraiment le coup. Ma Note:*****/5.

La couverture du livre est elle-même très belle, puisqu’elle est nous montre une photo prise lors de la Grande Dépression par Dorothea Lange (1895-1965) , la célèbre photographe américaine. Voici pour clore cette note quelques-uns de mes clichés préférés de cette photographe exceptionnelle.



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