Ma chronique :

« La Lumière qui nous reste« , un très joli titre pour un roman noir publié chez Sonatine début octobre. Fort du succès de « Toutes les nuances de la nuit », qui est son quatrième roman, Sonatine publie pour la première fois en France (paru en 2017 aux États-Unis) son deuxième roman « La lumière qui nous reste ». Chris Whitaker n’a pas son pareil pour créer des personnages attachants, malgré leurs problèmes, leurs difficultés, la pauvreté qui guette et qui sévit. Rien n’est tout noir ou tout blanc. Il y a une forme de subtilité, une formidable sensibilité pour dépeindre ces écorchés vifs, ces laissés-pour-compte de l’Amérique. On retrouve des personnages marquants auxquels on s’attache drôlement. C’est le cas de Raine, une adolescente en recherche d’affection qu’elle déguise sous un aspect bourru. Son franc-parler, son courage et sa ténacité m’ont énormément plu. Nous sommes à Grace en Alabama, cinq jeunes filles ont disparu dans ce petit périmètre. La paranoïa s’installe. Qui a pu commettre l’insoutenable ? Pourquoi elles cinq ? Lorsque la sœur de Raine, Summer, est enlevée, Raine et ses deux amis Noah et Purv vont tout faire pour la retrouver. Ils vont aller au-devant de grands dangers, de secrets inavouables et bien gardés par certains habitants de Grace. Ils vont découvrir l’envers du décor de la vie en apparence sans histoire de Summer. Chris Whitaker s’intéresse à l’adolescence et à ses codes, ses transgressions, son envie de tout mettre en l’air. L’auteur écrit vraiment bien. Sa perception des affres de l’adolescence est très juste. Ce sentiment d’appartenance à un groupe, à une communauté. Raine déplacerait des montagnes pour retrouver Summer. Une force de caractère et un courage peu commun. Elle semble avoir déjà vécu mille vies. C’est un univers sombre sans être plombant. L’auteur tisse une intrigue très intéressante. Une description d’une Amérique qu’on ne voit pas, que l’on préfère ne pas entendre. Après le Chuck Wendig lu il y a quelques semaines de cela, je peux vous dire que « La lumière qui nous reste » est un autre gros coup de cœur, toujours publié chez Sonatine, qui décidément fait un sacré boulot éditorial. Je pourrais noter ici ou là quelques répétitions et une histoire qui prend son temps. Mais cela fait partie de ce que souhaitait l’auteur. Au final, on obtient un roman noir captivant sur fond de fresque sociale. Un grand roman noir que je vous recommande de lire ou d’offrir.

Date de publication : 1 octobre 2026 ; Éditeur : Sonatine ; Nombre de pages : 480 p.

Mon avis :

Note : 4.5 sur 5.