
Je remercie chaleureusement les éditions Albin Michel et sa collection Terres d’Amérique pour cette lecture enrichissante !
Ma chronique :
L’autrice américaine Karen Russell nous revient avec un roman absolument formidable qui s’intitule « Quand vient la tempête ». Il est paru dans la collection Terres d’Amérique chez Albin Michel. Un texte plein de fougue, jubilatoire et follement romanesque. Karen Russell nous interroge sur l’histoire de son pays, sur les pages sombres qui s’y sont écrites mais, dans un même élan, sur cette possibilité jamais démentie de tenter sa chance. Nous sommes dans un Nebraska des années 1930, durement frappé par la Grande Dépression. La tempête s’est levée, une poussière qui annihile tout : les récoltes, le bétail. L’odeur de la sécheresse la plus extrême, âcre. Le soleil écrasant qui éreinte les corps à la tâche. Les descriptions sont frappantes, saisissantes ; la nature se veut destructrice et, pourtant, dans la petite ville d’Uz, Karen Russell nous dépeint la seule ferme aux cultures encore vertes, celle de Harp Oletsky. Il est d’origine polonaise et, malgré la pauvreté de cet État, on peut dire qu’il s’est parfaitement intégré. Une galerie de personnages hauts en couleur avec une femme surnommée « l’Antidote », à qui les habitants viennent confier leurs secrets, leurs souvenirs. Asphodel est la nièce orpheline de Harp Oletsky. Elle est considérée comme une prodige du basket-ball et cherche à faire le deuil de sa mère. C’est un personnage particulièrement intéressant à suivre. Enfin, Cleo, photographe afro-américaine possédant un appareil capable de voyager dans le temps. Karen Russell questionne la notion d’oubli, de temps qui passe, le transgénérationnel et l’intégration. Que choisit-on d’oublier ou de conserver ? Une Amérique qui n’a pas fait la paix avec son passé que certains voudraient volontairement oublier, voire effacer. Une fresque saisissante, magnifiquement écrite, confirmant le talent hors norme de l’autrice Karen Russell.
Date de publication : 19 août 2026 ; Éditeur : Albin Michel ; Nombre de pages : 496 p.
Mon avis :

