Ma chronique :

« Les Invisibles« , un titre et une couverture qui manient avec brio la science du mystère. Car apprécier l’œuvre de l’immense auteur américain de thrillers R.J. Ellory, ce n’est pas toujours choisir la voie de la facilité. On est souvent dérouté, baladé sur les écheveaux d’une histoire qui ne se révèle qu’en ces toutes dernières pages. Une nouvelle fois, notre cerveau et notre esprit rationnel sont mis à rude épreuve. 540 pages où Ellory prend son temps, celui de tisser un récit où l’on se perd parfois, mais pour mieux nous surprendre et nous alpaguer dans ses filets. Ellory, c’est la quintessence même du roman noir américain, du thriller tel qu’on l’aime. Avec « Les Invisibles », nous nous retrouvons avec une histoire en quatre parties allant de 1975 à 1994. Syracuse, 1975, dans l’État de New York, on retrouve le cadavre d’une jeune institutrice. Un assassinat parmi tant d’autres, sauf que l’auteur de ce crime a laissé un message cryptique où il cite « La Divine Comédie » de Dante. Un second meurtre particulièrement atroce confirme qu’il s’agit de la même personne. Dante est cité mais également le prénom d’une toute jeune enquêtrice de la police locale : Rachel Hoffman. Cette dernière est un personnage particulièrement attachant et passionnant à découvrir. Comment et pourquoi l’auteur de ces crimes cite son nom ? Dans quelle machination se retrouve-t-elle embarquée malgré elle ? Rachel est un personnage dont Ellory a le secret. Elle est cabossée par la vie. On ne choisit pas la police et plus tard le FBI comme enquêtrice, par hasard. Il faut encaisser les coups et les visions de ce que l’homme est capable d’infliger comme souffrance à ses semblables. Se blinder, elle sait le faire, mais cette enquête va l’amener au bout du bout, au seuil de la folie et de l’enfer. Une histoire où l’on suit Rachel dans ses tourments, ses doutes, ses hésitations, toutes les sensations vécues quand un enquêteur se retrouve bloqué sur un dossier qui l’obsède. Un peu moins de deux décennies durant lesquelles Rachel va subir les bégaiements de l’enquête, les hésitations, les errances aussi d’une vie personnelle mise à rude épreuve. Un roman noir introspectif où l’auteur prend son temps. C’était déjà le cas de son précédent roman où le rythme était lent. Cela peut dérouter mais pour moi, cela a fonctionné puisque j’ai vraiment beaucoup aimé ce nouveau livre de R.J. Ellory. Il confirme, à mon sens, une nouvelle fois tout son talent.

Date de publication : 2 avril 2026 ; Éditeur : Sonatine ; Nombre de pages : 541 p.

Mon avis :

Note : 4.5 sur 5.