Ma chronique : Ils ne sont pas légion les films fantastique dans le cinéma français, d’autant plus lorsqu’ils ont une folle ambition, celle de nous offrir un pur moment de grâce comme c’est le cas avec « Le règne animal » du réalisateur Thomas Cailley. Tout y est, de l’émotion, celle d’une relation père-fils déchirante, un Romain Duris toujours aussi bon, et surtout un Paul Kircher, véritable révélation du film, en fils torturé devant faire face à l’improbable. Adèle Exarchopoulos a un rôle moins important, mais chacune de ses apparitions, prend sens dans une histoire qui monte crescendo. Nous sommes dans un monde en mutation, en France, où certains humains deviennent des animaux. Le comment, le pourquoi, n’ont pas d’importance ici et c’est toute la magie du cinéma que celle de nous faire croire en ce synopsis. Romain Duris interprète François qui voit sa femme être touchée par cette maladie. Elle est transformée et donc enfermée dans un hôpital. Car les créatures sont pourchassées dans le but d’être emprisonnées voir tuées. François et son fils Emile vont quitter Paris pour rejoindre la Gascogne, alors que le monde autour d’eux change et que les transformations se multiplient. Peu à peu, le climat se fait inquiétant, mais quelle magie, quel talent dans la mise en scène, les effets spéciaux, le jeu des acteurs. On est emporté par ce récit pleins d’émotion. L’adolescence, cette colère sourde, le besoin de franchir les étapes pour grandir, tout y est, c’est un formidable film sur la transgression, qui questionne la norme et notre réaction lorsque celle-ci vacille et voit les lignes bouger. Paul Kircher est saisissant en adolescent en quête de lui-même. Plus le film déroule son histoire et plus l’émotion nous saisit à la gorge. Il y a longtemps que je n’avais pas vu un film de genre aussi convaincant. Thomas Cailley qui a co-écrit le scénario avec Pauline Munier, signe une réussite totale. On est hanté par des images s’inscrivant durablement dans la rétine. J’aurais incontestablement donné le César du meilleur film à celui-ci. Il l’aurait amplement mérité tant sa maîtrise et son ambition sont folles. Si vous ne l’avez pas encore vu, j’espère vous avoir donné l’envie de vous y plonger.

Mon avis :

Note : 5 sur 5.