Ma chronique : Rien ne prédisposait sœur Cathy Cesnik à devenir la victime d’un vaste complot compromettant l’Eglise de Baltimore. Cathy était à quelques semaines de prononcer ses vœux définitifs pour devenir pleinement religieuse. Elle a 26 ans et enseigne dans un lycée de Baltimore. Tous les enseignants et la direction sont catholiques et issus de l’Eglise romaine. Ses élèves l’apprécie. Son sourire lumineux, sa personnalité solaire font l’unanimité. Seulement des rumeurs courent. Deux hommes : le père Joseph Maskell qui dirige l’établissement avec son collègue psychologue et prêtre Neil Magnus. Deux monstres pédophiles, deux pervers narcissiques d’une intelligence diabolique. Ces deux hommes vont être les chantres des abus sexuels et viols commis sur des enfants et des adolescents pendant des décennies. Cela se sait dans le microcosme puritain de la paroisse catholique à Baltimore où sont présents Maskell et Magnus. Le visage du mal. Sœur Cathy se refuse à accepter les rumeurs. Après un cours, elle demande à une élève Jean Whener si elle subit des sévices notamment du directeur Joseph Maskell. Jean acquiesce. Le 7 novembre 1969, Cathy disparaît inexplicablement. Elle était sur le point de dévoiler la réalité des crimes commis dans cet établissement très côté où la bourgeoisie jouait des coudes pour y inscrire leurs enfants. Le corps de Cathy est retrouvé, deux mois plus tard, dans un sous-bois. Ce crime reste irrésolue même si, au cours des 7 épisodes absolument passionnants, se définit les racines d’un complot visant à protéger prêtres pédophiles, policiers corrompus et politiques de la mairie de Baltimore. Les noms défilent. Aucun voyeurisme mais des réponses, celles recherchées par les victimes aujourd’hui sexagénaires. Le traumatisme est intact, la colère et les larmes, la dépression, les difficultés à exprimer toutes ces violences endurées, le sentiment de culpabilité face aux paroles cruelles de père Maskell qui disait abuser de ces jeunes victimes parce qu’elles étaient possédées par le démon. On reste sans voix, révolté, en colère face à l’inertie de la police, des erreurs nombreuses dans l’enquête, des failles laissant à penser que les complicités étaient hauts placées. L’Eglise ne fera absolument rien. Le père Maskell, pédophile et pervers diabolique est simplement muté de paroisse en paroisse jusqu’à sa mort paisible, sans jamais, en aucune façon être inquiété. 7 épisodes salués par la critique, notamment par Télérama. L’enquête menée par Ryan White est exceptionnelle. On suit les victimes et leur volonté de connaître la vérité sur l’assassinat de sœur Cathy et la collusion police, mairie, Eglise pour protéger deux prédateurs sexuels particulièrement dangereux pour la société. L’Eglise n’a rien fait, mais pire encore, elle s’enfonce dans le déni et ne fait toujours rien. On n’est estomaqué face au témoignage d’un homme sexagénaire victime du père Maskell, à qui l’Eglise catholique promet un bateau en l’échange de la fin des poursuites judiciaires. Comment peut-on être aussi insultant, la vie brisée d’un homme abusé sexuellement et comme par magie, un bateau viendrait combler le désespoir, les idées noirs, l’horreur des sévices subies. C’est révoltant et d’une honte absolue. Le documentaire achevé, je puis vous dire que le catholique que je suis ne se reconnais plus dans cette Eglise catholique romaine. J’ai honte pour ces pontes de l’Eglise et leurs mensonges, toujours prompt à s’opposer au mariage pour tous alors que dans la bergerie vaticane, les loups pédophiles profitent d’un silence assourdissant. C’est vraiment un documentaire essentiel, le travail de Ryan White est prodigieux. L’émotion et les pensées, l’effort d’une impossible résilience puisque père Maskell et Magnus n’ont jamais répondu de leurs crimes.

Mon avis :

Note : 5 sur 5.
Les pères Neil Magnus et Joseph Maskell, les visages du mal absolu