Littérature : « Le manteau de neige » de Nicolas Leclerc (Le seuil)

712Z-wPVIhLL’Histoire : Katia est haptophobe : elle ne peut supporter aucun contact physique. Ses parents ont tout tenté depuis son enfance, médecins, psys, guérisseurs, rien n’y fait. Mais le malaise de Katia prend une ampleur plus inquiétante lorsque son grand-père est sauvagement assassiné par sa femme. Un détail cloche cependant : cette dernière était dans un état végétatif depuis 30 ans…

La couverture représente une maison isolée au milieu d’une forêt enneigée. Elle interpelle, tout comme le bandeau titrant « Du sang frais dans le thriller français », telle est l’enveloppe de ce « Le manteau de neige » de Nicolas Leclerc aux éditions Le seuil. Avec une telle annonce, nous n’avons que deux choix possibles, succomber à la magie d’un thriller ou alors tomber de haut, choir lamentablement et le ranger aux rayons des promesses non tenues. Je vous le dis tout de go, sans vouloir maintenir un suspens hitchcockien, ce livre est une véritable pépite qui m’a laissé bluffé par le talent, ce sens inné du rythme, des circonvolutions d’un scénario millimétré et qui va en faire cauchemarder plus d’un(e). Le style d’écriture est au cordeau, diaboliquement efficace. Nicolas Leclerc cite John Carpenter et Stanley Kubrick pour son inspiration de cinéphile mais aussi le génial et indétrônable Stephen King. Pour vous décrire ce livre, je dirais que Shining à rencontrer le sixième sens. Le récit de fantôme est très difficile à mener car le lecteur d’aujourd’hui est un peu blasé. Ici, la peur s’insinue dans tous les pores de la peau. On ressent le malaise de la jeune héroïne Katia, une adolescente haptophobe, ce qui signifie qu’elle ne peut supporter aucun contact physique. Quel est l’origine de cette pathologie qui affecte leur fille unique ? Cette question Alexandre et Laura se la posent depuis plusieurs années déjà. Ils ont tout essayé mais la souffrance de leur fille s’accentue. Alexandre a un père Étienne, celui-ci vit seul à l’écart d’un village perdu dans les montagnes enneigées. Il a aussi une mère qui vit dans un état végétatif depuis plus de trente ans. Un jour, cette dernière se lève, se saisit d’un couteau et égorge son mari avant de retomber dans son état catatonique. L’enquête est vite menée et conclue à un acte de folie. Katia et ses parents se rendent dans la ferme au lendemain de l’enterrement de leur grand père. Étienne, un homme haï dans la région et que Katia ne voyait plus depuis que son père avait coupé les ponts avec celui-ci. Le cœur de Katia s’emballe dès son arrivée, quelque chose, une force inconnue occupe ces lieux.. Ses parents découvrent stupéfait qu’Étienne a légué la ferme à Katia. Bientôt des choses étranges se manifestent. Que ressens Katia , que voit-elle et qui la terrifie au point de se faire du mal ? Qui était Étienne ? Une histoire redoutablement efficace, très cinématographique avec une absence de temps mort. On s’imprègne de ces lieux, le personnage de Katia est attachant et la description de sa pathologie très bien menée. Pour un premier roman, j’ai été bluffé par la maestria de ce thriller qui réussi à réinventer le genre sans trahir les codes traditionnels propre à ce type de récit. Très addictive, l’histoire nous plonge dans ce que l’homme a de plus mauvais, de plus vil. On termine ce livre en se disant que l’on a déjà hâte de découvrir la suite car un grand auteur français de thriller est né. A découvrir absolument.

Ma note: 5/5
Broché : 352 pages
Éditeur : Le Seuil (6 février 2020)
Collection : Romans français (H.C.)

Je vous mets le lien vers l’excellente chronique de Pascaline du blog « Lire et Courir »  https://lireetcourir.com/2020/04/17/le-manteau-de-neige-nicolas-leclerc/

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