Littérature : « Idaho » d’Emily Ruskovich – Histoire : « Koursk, 1943, la plus grande bataille de la seconde guerre mondiale » de Roman Töppel


ob_04570e_idahoL’Histoire :
Idaho, 1995. Par une chaude journée d’août, une famille se rend dans une clairière de montagne pour ramasser du bois. Tandis que Wade, le père, se charge d’empiler les bûches, Jenny, la mère, élague les branches qui dépassent. Leurs deux filles, June et May, âgées de neuf et six ans, se chamaillent et chantonnent pour passer le temps. C’est alors que se produit un drame inimaginable, qui détruit la famille à tout jamais. Neuf années plus tard, Wade a refait sa vie avec Ann au milieu des paysages sauvages et âpres de l’Idaho. Mais alors que la mémoire de son mari s’estompe, Ann devient obsédée par le passé de Wade. Déterminée à comprendre cette famille qu’elle n’a jamais connue, elle s’efforce de reconstituer ce qui est arrivé à la première épouse de Wade et à leurs filles.

Avec « Idaho« , son tout premier roman, Emily Ruskovich tutoie les sommets. On ressort de cette lecture comme hébété, ému, touché par le sens de la narration, le style d’écriture sublime de cette jeune auteure au talent fou. L’histoire est tragique, il y a de la colère, de la souffrance face aux tourments du deuil, de la maladie, mais c’est aussi une oeuvre sur la rédemption, le pardon. Comment survivre à une telle tragédie ? sombre et parfois désespéré, les différentes voix des personnages peuvent aussi trouver en l’amour, en l’amitié d’improbables ressources pour conjurer le destin parfois si cruel. Au coeur des ténèbres, Emily Ruskovich nous cueille en décrivant avec un immense talent les moments de grâce, l’irruption d’une lumière douce et incandescente, accueillante et presque miraculeuse. Mais nul mysticisme ici. Dieu est absent. Le destin, la fatalité seul pèsent sur les êtres : tempéré par la force inouïe de l’amour. Récit vertigineux aux confins des sentiments exprimés ou enfouies, Emily Ruskovich, dresse avec grâce un véritable hymne à la rédemption. Malgré l’horreur, les tragédies de la vie, il faut garder foi non pas en Dieu mais en l’homme car lui seul à la capacité insensé d’absoudre et d’aimer !

Ma note:5/5.

Broché: 360 pages
Editeur : Editions Gallmeister (3 mai 2018)
Collection : Americana

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005355413L’Histoire : Le récit démystifié de la plus grande bataille de la Seconde Guerre mondiale, point d’orgue de l’affrontement dantesque entre la Wehrmacht et l’Armée rouge.

Roman Töppel est docteur en histoire. Il est né à Bautzen en Allemagne et signe ici « Koursk, 1943, la plus grande bataille de la seconde guerre mondiale« , un ouvrage salutaire en des temps troublés, notamment en Russie où l’histoire est pris au piège du pouvoir politique et de sa doxa. L’auteur démystifie cet immense affrontement en partant du postulat suivant : tous les témoignages de généraux et de maréchaux, qu’ils soient du côté allemand ou russe, sont faux. On a instrumentalisé cette victoire soviétique à la Pyrrhus pour glorifier Staline et l’Union soviétique. Aujourd’hui, encore en Russie Poutinienne, et c’est de ce point de vue édifiant, remettre en cause certains fondamentaux de la propagande soviétique sur cette opération allemande qu’est « Citadelle » et la fameuse bataille de Koursk en Juillet-Août 1943 à l’Est, c’est contrevenir aux devoirs envers son pays, la Russie. Ainsi beaucoup d’historiens russes ou allemands qui ont travaillés sérieusement sur cette question sont censurés en Russie. Cette immense bataille vit s’affronter plusieurs millions de soldats allemands et soviétiques, plus de dix mille blindés et canons automoteurs, ainsi que des milliers d’avions. Rarement autant d’hommes, autant de matériels ont été engagés, et détruits, en si peu de jours et dans un tel espace. La bataille de Koursk s’achève sur une défaite allemande. Aucun des buts poursuivis à l’été 1943 n’a été atteint par les Allemands. S’en suit une contre offensive russe de grande ampleur qui ne s’achèvera véritablement que dans les ruines de Berlin en avril/mai 1945. La force de ce livre c’est sa démonstration magistrale des nouveaux apports de la recherche concernant bien des aspects de la bataille de Koursk. Un affrontement décisif pour la victoire soviétique et à contrario pour la défaite nazie mais Töppel n’hésite pas à bousculer les légendes et parti pris pour nous offrir une vision renouvelée de ce drame humain. La traduction de Jean Lopez fait le reste. On apprend beaucoup de choses. C’est pour moi un des livres d’histoire à recommander en cette année 2018. Une leçon d’histoire.

Ma note:5/5.

Broché: 336 pages
Editeur : Perrin (1 mars 2018)
Collection : Domaine étranger

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