Littérature : « Couleurs de l’incendie » Pierre Lemaitre – « Le Doute » S.K. Tremayne


9782226392121-jL’Histoire :
Février 1927. Le Tout-Paris assiste aux obsèques de Marcel Péricourt. Sa fille, Madeleine, doit prendre la tête de l’empire financier dont elle est l’héritière, mais le destin en décide autrement. Son fils, Paul, d’un geste inattendu et tragique, va placer Madeleine sur le chemin de la ruine et du déclassement. Face à l’adversité des hommes, à la cupidité de son époque, à la corruption de son milieu et à l’ambition de son entourage, Madeleine devra déployer des trésors d’intelligence, d’énergie mais aussi de machiavélisme pour survivre et reconstruire sa vie. Tâche d’autant plus difficile dans une France qui observe, impuissante, les premières couleurs de l’incendie qui va ravager l’Europe.

Mon profil sur Babelio.com

« Couleurs de l’Incendie » de Pierre Lemaitre fait suite au prix Goncourt 2013 « Au revoir là haut« . On y retrouve l’histoire de Madeleine, fille de Marcel Péricourt, le fondateur de la banque du même nom. Le jour de l’enterrement de ce dernier, un accident survient. Paul, le fils de Madeleine devient handicapé suite à cela. Déjà, les couteaux s’aiguisent et Madeleine apparaît alors comme une proie facile afin d’assouvir les hautes ambitions de certains. C’est alors la chute, le déclassement. Mais Madeleine ne s’avouera pas vaincu. L’heure de la vengeance à sonner. « Couleurs de l’incendie » est un roman vertigineux sur la chute, l’effondrement, la rancœur, la colère, la vengeance. Pierre Lemaitre bâti ici un récit d’une puissance d’évocation rare. Le souffle de cette histoire fait penser au meilleur de la littérature, aux grands classiques. On est emporté par cette tragédie en plusieurs actes. C’est aussi, un roman sur le deuil, celui de Paul notamment qui devra se battre pour dépasser, transcender son handicap; le deuil d’une mère.. Déjà, les bruits de bottes de l’autre côté du Rhin sèment le doute. L’Allemagne souhaite la guerre et se réarme. Fascinant par son climat, sa toile de fond historique, celle de la fin des années 1920 et des années 1930, « Couleurs de l’incendie » réussi avec éclat à nous emporter dans son sillage. Pierre Lemaitre, nous conte une histoire passionnante, foisonnante et tragique. La déchéance et l’avilissement des hommes pour satisfaire leurs désirs de pouvoir et d’argent. La compromission des milieux d’affaires, de la classe politique et des médias étaient déjà une réalité. On songe à notre époque en lisant « Couleurs de l’incendie ». Sans anachronisme certes, mais avec cette précision chirurgicale de l’écriture de Pierre Lemaitre qui brosse le portrait passionnant d’une période de notre histoire contemporaine où les instincts les plus vils côtoyaient le sublime. En état de grâce, Pierre Lemaitre signe ici une tragédie, celle de la vacuité, de l’attraction vertigineuse de l’argent, du pouvoir sur les hommes et les femmes. Un immense roman que je vous invite à découvrir. D’ors et déjà, un des sommets de cette rentrée littéraire de janvier 2018.
Ma note:♥♥♥♥♥/5.

Le-douteL’Histoire : Un an après le décès accidentel de Lydia, l’une de leurs filles jumelles, Angus et Sarah Moorcroft quittent Londres pour oublier le drame. Ils s’installent sur une petite île écossaise, qu’ils ont héritée de la grand-mère d’Angus, au large de Skye. Mais l’emménagement ne se passe pas aussi bien que prévu. Le comportement de Kirstie, leur fille survivante, devient étrange : elle se met à affirmer qu’elle est en réalité Lydia. Alors qu’un brouillard glacial enveloppe l’île, l’angoisse va grandissant… Que s’est-il vraiment passé en ce jour fatidique où l’une des deux sœurs a trouvé la mort ?

Mon profil sur Babelio.com

 

Il y a des livres qui vous font éprouver la peur, d’autres plus rares qui vous glacent littéralement le sang. « Le Doute » fait partie de cette seconde catégorie. Le mystère plane autour de l’identité de l’auteur(e) de ce thriller psychologique renversant digne des plus grands classiques du genre. On sait seulement que c’est un(e) auteur(e) britannique à succès écrivant sous le pseudonyme de S.K. Tremayne. Rien de plus. Un thriller psychologique qui fait furieusement penser aux meilleurs livres de Stephen King, le maître américain de l’horreur. « Le doute », un titre et une sensation qui ne nous quitte pas avant de l’avoir achevé. On est pris dans cette histoire dès les premières pages, cueilli, saisi, bouleversé par le récit de cette impossible deuil. Une thématique du deuil qui est en creux tout au long du récit. L’auteur(e) joue parfaitement sur les sentiments qui peuvent habiter un couple perdant l’une de ses filles jumelles. J’ai trouvé très touchant le récit de la solitude, de la tristesse de cette petite fille survivante, tout comme celui de cette mère, de ce père épleuré. Le pari réussi du livre c’est qu’il est impossible de le lâcher avant d’en connaître l’issue. Addictif, effrayant, nous décrivant avec finesse tantôt la psychologie d’Angus, le père ou de Sarah, la mère. Le lieu où se déroule l’histoire est oppressant, on étouffe, on est pris de vertige mais la véritable ingénierie littéraire mise en place est implacable. Sans temps mort aucun, on se prend à douter tout au long du récit (rarement le titre d’un ouvrage n’aura été aussi révélateur de son contenu). On songe à Shining dans cette mise en abîme de toute la fantasmagorie qui a trait au deuil, au fantôme, aux endroits reculés, isolés. A lui seul, le décor de cette île écossaise est un personnage à part entière. C’est sans aucun doute, l’un des thrillers psychologique les plus angoissant lu depuis longtemps. Une réussite totale.
Ma note:♥♥♥♥♥/5.

Publicités