Les disques de l’année 2016 !

Et voici venu l’heureux temps des bilans de cette année 2016 ! De vraies découvertes, des coups de cœur et bien sûr quelques déceptions, bref une année riche en musique ! alors quels sont les cinq disques qui ont retenus le plus mon attention cette année ? La réponse c’est ici et maintenant avec ce classement Dudesque à souhait !
ALBUM DE L’ANNEE 2016 !

 leonard_cohen-2016-you_want_it_darker Léonard Cohen « You Want It Darker »

Dans « You Want It Darker » , l’immense Leonard Cohen signe des adieux déchirants. Celui qui a aujourd’hui 82 ans, avait, en juillet dernier, adressé une lettre à son ancienne compagne Marianne Ihlen, sa muse de « So long Marianne » alors à l’agonie, où il confiait qu’il n’allait pas tarder à la rejoindre. L’heure est venu pour le poète qu’il est, celui qui écrit des chansons comme autant de prières selon les propres mots du récent prix Nobel de littérature Bob Dylan, de creuser inlassablement le sillon ouvert depuis plus de cinquante ans déjà. On y retrouve la quintessence de son œuvre. L’artiste soigne les arrangements et les mélodies mélancoliques à souhait. On y retrouve des chœurs féminins sur « Traveling Light » mais également à d’autres moments du LP, notamment sur « It seemed the better way » ceux du chœur de la plus ancienne synagogue de tradition ashkénaze du Canada. La voix de Cohen, sépulcrale, profonde donne à ce disque une profondeur, une richesse, une teinte crépusculaire qui m’a touché. C’est cette façon d’écrire, cette poésie, cet appétit des mots, ce questionnement permanent sur la vie et la mort qui ont toujours fait de Léonard Cohen un artiste unique. Elégants, intemporels, les huit titres qui composent cet album le sont. L’ultime morceau, avant l’instrumental reprenant la mélodie de Treaty, est « Steer your way« . D’une poésie et d’une grâce ayant peu d’équivalent il nous fait ressentir le frémissement, le froissement d’une vie qui s’en va, d’une page qui se tourne. Magistral. Ma note:♥♥♥♥♥/5.

a-quoi-ressemble-blackstar-le-nouvel-album-de-david-bowie,M2844762 David Bowie  « Blackstar »

David Bowie sort son 28ème album le 8 Janvier prochain, jour de son 69ème anniversaire et comme à chaque fois c’est un évènement célébré par tous les amateurs de musique. Bowie adore prendre le contrepied de ce que l’on peut attendre d’un artiste aussi immense que lui. Il n’a plus rien à prouver, a décidé de ne plus se produire en live, bref après « The Next Day » son précédent opus que l’on peut qualifier d’accessible, son nouveau LP « Blackstar » renoue avec ce côté confectionneur de sons plus sophistiqués que j’affectionne tout particulièrement. Dès la première écoute, on se rend vite compte que ce disque a une toute autre ampleur, ambition que son prédécesseur. Le son du saxophone revient de façon très marquante tout au long de l’album donnant un côté très jazz-rock aux titres. L’ensemble de celui-ci est magnifiquement produit, chaque morceau étant minutieusement travaillé avec ce soucis du détail propre aux génies tel que lui. Un « Blackstar » où Bowie renoue avec son côté expérimental, défricheur de sons qui l’avait quitté sur « The Next Day« . « Girl loves Me » et son refrain asséné et si entêtant, « Blackstar » le premier single au titre éponyme, « Dollar Days » et son sublime solo de saxophone, enfin pour clôturer ce disque en beauté, un titre plus rythmé « I can’t give everything away » qui emporte définitivement mes faveurs. « Blackstar » est un grand disque signé par un David Bowie plus inspiré que jamais. Le premier moment fort de cette rentrée musicale 2016.

Ma note:♥♥♥♥♥/5.

Norah-Jones-Day-Breaks-2016-2480x2480-696x6963  Norah Jones « Day Breaks »

En 2002, quelques mois seulement après la tragédie du 11 Septembre à New York, une voix gracieuse et apaisante charma tout son monde avec un disque « Come Away With Me » qui allait marquer son époque. Norah Jones, (fille de l’Indien Ravi Shankar, le célèbre joueur/compositeur de Sitar) atteignit dès son premier album un degré de succès et de notoriété unique en son genre. Le temps a passé, Norah Jones est aujourd’hui une maman de 37 ans ( elle a deux enfants, on sait seulement que son mari est musicien) qui sort en ce jour son sixième album solo intitulé « Day Breaks » toujours sur le label Blue Note. Un retour à ses racines Jazz et à son instrument de prédilection, le piano, qu’elle avait quelque peu abandonné pour ses deux précédents LP au son plus pop (« The Fall » en 2009 et « Little Broken Hearts » en 2012). La New-yorkaise a composé neuf nouveaux titres auxquels s’ajoutent trois reprises de Neil Young « Don’t Be Denied », de Duke Ellington « Fleurette Africaine »  et de Horace Silver « Peace ». Pour « Day Breaks » Norah Jones a collaboré avec le légendaire saxophoniste Wayne Shorter ou le maître de l’orgue Lonnie Smith ou bien encore le batteur Brian Blade. Il en ressort un album d’une classe folle, délicatement ciselé, qui met en évidence la voix toujours aussi envoûtante de Norah. Cette dernière signe des chansons aux thèmes très actuels. Le titre « Flipside » évoque ainsi, par exemple, le problème du contrôle des armes à feu aux Etats-Unis. Une voix unique et un disque doux et délicat, profondément apaisant qui va m’accompagner pendant de longs mois. Et si c’était son meilleur Lp à ce jour ?

Ma note:♥♥♥♥♥/5.

12615517_1071227966274951_2981976005712012733_o4  Christophe « Les Vestiges du Chaos »

Le beau bizarre sort aujourd’hui son tout nouvel album intitulé « Les vestiges du chaos« . Christophe a mis huit ans à le peaufiner, en perfectionniste du son et des mots qu’il est. Tout ce travail se ressent à l’écoute de ce qui constitue à mon sens son meilleur album. Trois albums studio seulement depuis 2001, Christophe sait se faire désirer. Il retrouve le temps d’un titre son compère des « Mots bleus » et des « Paradis Perdus » Jean Michel Jarre qui signe le texte pour le titre éponyme « Les vestiges du chaos« , titre qui n’est pas le sommet du disque tant attendu, mais l’un de ses sommets parmi tant d’autres. Des titres forts, ce LP en regorge. « Océan d’amour » et ce refrain entêtant, « Dangereuse« , « Lou » sur Lou Reed qui est absolument sublime, le duo avec Alan Vega, l’enlevé « Tangerine« , « Les mots fous« , et ma préférée « Tu te moques« , autant de chansons qui confirme s’il en était besoin que le talent du bonhomme ne se tari pas avec l’âge. 70 ans.. Christophe a toujours été sur la corde raide, son look improbable, ses interviews surréalistes (cf. celle de Libération dernièrement), tout chez lui aurait pu paraître ringard et pourtant c’est lui qui trace la voie et montre à la nouvelle génération le chemin qu’il reste à parcourir pour atteindre ce degré de créativité. Le dernier des Dandy construit un peu plus sa légende, celle d’une carrière irréprochable, d’une exigence créative de tous les instants.
Ma note:♥♥♥♥♥/5. 

arton279495  Yann Tiersen « Eusa »

Autre talent précieux, le compositeur breton Yann Tiersen qui a sorti le 30 septembre son 9e album studio, « Eusa«  (nom breton de cette terre), uniquement composé au piano. Dans ce disque sublime, il nous invite au voyage et rend un magnifique hommage à l’île d’Ouessant (à vingt kilomètres de la côte ouest du Finistère) où il vit depuis une dizaine d’années. Autrefois, les navires étaient souvent victimes de naufrages aux abords de l’île. On dit d’ailleurs ce vieux dicton : «Qui voit Ouessant voit son sang». Tiersen a enregistré ses morceaux au studio d’Abbey Road, à Londres. Pern, Porz Goret, Lok Gweltaz, Penn Ar Roc’h… En tout, dix titres portant le nom de lieux spécifiques de  l’île de Ouessant. Intercalé entre chaque morceau, des titres baptisés hent ou «chemin» en breton. Dans le premier titre et le dernier titre d’Eusa, une voix féminine (sa femme) récite un texte en breton de la poétesse bretonne Anjela Duval. Une langue que Tiersen a apprise récemment lui qui n’a de cesse de vouloir plonger dans ses racines bretonnes. Il faut écouter ce disque, profondément apaisant, face à la mer et contempler l’horizon à perte de vue. Les embruns, les oiseaux, sentir, ressentir, s’imprégner de ce que la Bretagne nous offre chaque jour. Une terre de légendes et de mystères, de korrigans et de druides, de poètes et de voyageurs. Yann Tiersen signe ici un album d’une grande sincérité, mettant en musique ce que l’on peut percevoir comme les battements de cœur de notre chère terre de Bretagne ! Envoûtant.

Ma note:♥♥♥♥♥/5.

Publicités