Histoire : « Héros et merveilles du Moyen Age » et « Saint François d’Assise » Jacques Le Goff – « L’homme et le miracle » Pierre-André Sigal

url47896L‘Histoire : Arthur, Mélusine, le Prêtre Jean, Tristan et Iseut, le Graal, Merlin, la Fontaine de Jouvence, la Table ronde, les fées, les nains. Ces personnages, mythes et utopies apparus entre les XIIe et XVe siècles continuent de bercer notre imaginaire. Plongée, avec Jacques Le Goff au cœur de ce merveilleux Moyen Age.

On ne présente plus le grand historien médiéviste Jacques Le Goff récemment disparu. « Héros et merveilles du Moyen Age » est un travail passionnant sur l’origine de ces derniers et leur évolution au cours des siècles. L’ensemble peut se lire comme un grand roman au style, comme à chaque fois chez lui, très agréable. On est tantôt ému, rieur, et nous de mesurer à quel point certains récits ont pu influencer notre imaginaire aujourd’hui encore. Une jolie façon de redécouvrir avec délice l’histoire des mentalités au Moyen Age. Ma note:5/5.

4578213698744554dessin-moyen-ageL’Histoire : J’ai toujours été fasciné par le personnage de saint François d’Assise, l’un des plus url145896impressionnants en son temps et jusqu’aujourd’hui de l’histoire médiévale. D’abord par le personnage historique qui, au cœur du tournant décisif du XIIe au XIIIe siècle, où naît un Moyen Âge moderne et dynamique, fait bouger la religion, la civilisation et la société. […] Mais l’homme aussi m’a fasciné, alliant simplicité et prestige, humilité et ascendant, ouverture et refus, physique ordinaire et rayonnement exceptionnel, se présentant dans une authenticité accueillante qui permet d’imaginer une approche à la fois familière et distanciée. François a été très tôt celui qui, plus que tout autre, m’a inspiré le désir d’en faire un objet d’histoire totale, exemplaire pour le passé et le présent. Ce qui m’a retenu d’écrire cette vie, c’est que j’étais absorbé par une réflexion et des travaux d’historien d’un caractère plus général et qu’en outre il existait d’excellentes biographies de François. Ne me satisfaisant pas, aujourd’hui, d’avoir investi l’essentiel de mon entreprise biographique dans un Saint Louis très différent par son héros et par la dimension monumentale de ma tentative, je me suis résolu à publier l’ensemble des textes que j’ai consacrés à saint François.

Jacques Le Goff s’intéresse ici à une figure historique et mystique, celle de « Saint François d’Assise » dans un livre regroupant les articles qu’il a pu écrire sur ce sujet passionnant. Comme à chaque fois, l’écriture est un régal et nous de nous plonger dans cette histoire à hauteur d’homme. La pauvreté dans la joie telle pourrait être la maxime de Saint François d’Assise, apôtre de la non-violence et amoureux transi de la nature vécue comme un cadeau de Dieu. L’ouvrage sort des idées reçues sur le franciscanisme afin de plonger au plus près du désir d’amour et de paix de cet homme qui par bien des côtés est hors norme dans l’histoire pourtant chargée des saints du moyen âge. Si Saint François d’Assise nous touche toujours autant aujourd’hui c’est aussi parce que son discours est profondément intemporel. Je pense par exemple à son message écologique. Sans vouloir tomber dans le péché absolu guettant tout historien et étudiant en histoire, à savoir l’anachronisme, on peut affirmer qu’il y a chez lui, dans son discours et ses actes, une forme de modernité qui me paraît intéressante à comprendre. A dévorer sans modération. Ma note:5/5.

url7487355746_oGiotto-saint-francois-mort-et-AscencionurlL’Histoire : S’il est de tous les temps, le fait miraculeux est diversement vécu et interprété. Qu’est-ce qu’un miracle dans les mentalités médiévales ? Où et quand survient-il le plus souvent ? Dans quelles circonstances est-il espéré, sollicité ? Par qui ? De quels saints cherche-ton à en obtenir ? Qui en sont les bénéficiaires ? Comment manifestent-ils leur reconnaissance ? L’auteur a dépouillé plus de cinq mille récits (« Vies » de saints, recueils de miracles, etc). Il montre la permanence des modèles évangéliques de miracles. Invoqués dans tous les moments difficiles de l’existence (accouchements, maladies, captivité, calamités … ), les saints médiévaux sont avant tout des guérisseurs imitant fidèlement le Christ et les Apôtres. Qu’ils agissent de leur vivant ou par leurs reliques, à proximité ou à distance, des relations de confiance et d’échange se tissent entre eux et les fidèles : d’où les vœux, les offrandes, les ex-voto. De sa capacité à faire des miracles dépend la réputation de chaque saint. L’analyse fait apparaître les ressorts des « rumeurs de miracles » où pèlerins et desservants des sanctuaires remplissent le rôle de publicistes. Extraordinaire mais familier, surnaturel mais attendu, le miracle révèle tout un pan de la vie profonde du Moyen Âge et de l’histoire de la piété chrétienne. Il constitue un important chapitre de l’histoire du corps humain.

Pierre-André Sigal s’interroge sur la signification du miracle dans la France médiévale des XIème et XIIème siècles. Qu’est ce qu’un miracle ? C’est avec plaisir que je me suis plongé dans cette histoire des mentalités, de la sacralité, de la place de la foi chrétienne dans les esprits au Moyen-Âge. Les derniers chapitres du livre sont plus fastidieux et disons le assez anecdotiques. Le style n’est pas flamboyant, ni transcendant, on est loin d’un Jacques Le Goff pour ne citer que lui. Ce livre vaut pour l’originalité de son sujet. En dehors de cela point de salut.. Une déception. Ma note:2/5.

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