Littérature : « A la grâce des hommes » Hannah Kent


9782258104501
L’Histoire :
Dans le nord de l’Islande, en 1829, Agnes Magnúsdóttir est condamnée à mort pour l’assassinat de son amant, Natan Ketilsson. En attendant que la sentence soit exécutée, Agnes Magnúsdóttir est placée en résidence surveillée à Kornsá, dans la ferme de l’agent de sécurité du canton, Jon Jonsson, avec sa femme et leurs deux filles. Horrifiées à l’idée d’héberger une criminelle, les membres de la famille évitent tout contact avec Agnès, qui leur inspire autant de peur que de dégoût. Seul Totti, le jeune révérend que la meurtrière a choisi comme guide spirituel pour la préparer à sa fin prochaine, tente de la comprendre. Alors que les mois passent, contraints de partager le quotidien, de travailler côte à côte cette terre gelée et hostile, le fermier et les siens se laissent peu à peu apprivoiser par la condamnée. Encouragée par le pasteur, Agnès livre le récit de sa vie, de son amour pour Natan, et des semaines qui ont conduit au drame, laissant entrevoir une vérité qui n’est pas forcément celle que tous pensaient connaître. Inspiré de la véritable histoire d’Agnes Magnúsdóttir, la dernière femme condamnée à mort en Islande, A la grâce des hommes est un roman sur la vérité, celle que nous croyons savoir et celle à laquelle nous voulons croire.

« A la grâce des hommes » de l’Australienne Hannah Kent est une bien jolie découverte. Porté par un sujet fort et un style d’écriture qui nous plonge dans l’Islande du premier tiers du XIXème siècle, avec une reconstitution passionnante des mœurs et coutumes en usage alors, c’est avec délice que j’ai dévoré les 400 pages de ce qui constitue, à mes yeux, un grand livre. Les personnages sont définis avec toutes leur complexité, leur faille, leur mensonge et leur part de vérité. Roman sur la culpabilité et le jugement hâtif que l’on peut jeter sur celui qui a commis une faute, écrin délicatement ciselé emmené avec un sens de la maestria peu commune, difficile de résister à l’envie de finir ce livre pour en connaître l’issue, même si cette dernière n’est pas à proprement parlée énigmatique puisque l’on sait dès le départ qu’elle sera forcément tragique. Non, « A la grâce des hommes » est un chemin sinueux, une quête du champ des possibles, un livre sur la rédemption et la puissance du verbe qui délivre. Méticuleux sans être ennuyeux, on est transporté par cette grâce confinant au petit miracle d’une œuvre âpre, rugueuse par ces attraits mais aussi fondamentalement humaine et touchante.

Ma note:5/5.

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