Ma chronique :

Parce qu’elle est éternelle et mythique, la guerre de Troie ne connaîtra pas véritablement de fin. Olivier Rolin nous immerge dans le bain bouillonnant de toutes ces villes ayant souffert le martyre. De Troie en passant par Carthage, Dresde, Hiroshima, Marioupol et Gaza. Je songe aux mots d’Arnaud Amaury lors du massacre de la ville de Béziers, le 22 juillet 1209 : « Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens. » Une phrase terrible qui dénote un mépris fondamental et total de la vie humaine. Toutes ces villes ont eu leurs martyrs. La culture d’Olivier Rolin est impressionnante ; il embrasse à la fois la culture hellénistique classique et une maîtrise de l’histoire contemporaine qui rend cette lecture passionnante. « La Guerre éternelle », cette chute de Troie est la matrice de toutes les atrocités et, dans ce domaine, l’homme sait se montrer particulièrement inventif. Olivier Rolin écrit magnifiquement bien et j’ai trouvé son récit, cette mise en abîme sur la violence, absolument brillant et intelligent. « La Guerre éternelle » fait partie de la sélection 2026 du prix Goncourt. Comme un éternel recommencement, un reboot historique, un bégaiement de l’Histoire, Olivier Rolin mène une réflexion à mi-chemin entre le roman et l’essai. Il y a trente-trois siècles, la ville de Troie tombait et, avec elle, s’accompagnait la longue litanie des cohortes d’atrocités, de viols et de violences en tout genre. C’est un livre sombre, ténébreux, tempétueux, un cri du cœur face à l’adversité, une volonté farouche d’inverser les rôles, un peu comme si Troie n’était pas la fin mais, bel et bien, le début. Je recommande.

Date de publication: 20 août 2026 ;Éditeur: Gallimard ;Nombre de pages: 224 p.

Mon avis :

Note : 4.5 sur 5.