Littérature : « Celle qui pleurait sous l’eau » de Niko Tackian (Calmann-Lévy)

126106991L’Histoire : Aujourd’hui, Clara n’est plus qu’un dossier sur le bureau de Tomar Khan. On vient de la retrouver morte, flottant dans le magnifique bassin Art Déco d’une piscine parisienne. Le suicide paraît évident. Tomar est prêt à fermer le dossier, d’autant qu’il est très préoccupé par une enquête qui le concerne et se resserre autour de lui. Mais Rhonda,son adjointe, peut comprendre pourquoi une jeune femme aussi lumineuse et passionnée en est venue à mettre fin à ses jours. Elle sent une présence derrière ce geste. Pas après pas, Rhonda va remonter jusqu’à la source de la souffrance de Clara. Il lui faudra beaucoup de ténacité – et l’appui de Tomar – pour venir à bout de cette enquête bouleversante.

Tout d’abord, j’aimerais vous dire combien je trouve ce titre mélancolique, un peu comme une épiphanie de « Celle qui pleurait sous l’eau« . Il y a aussi cette couverture qui nous met dans l’ambiance tout de suite. Niko Tackian démontre une nouvelle fois sa très belle sensibilité car l’émotion affleure tout au long de l’histoire bouleversante de ce polar qui se veut un hommage au combat de toutes ces femmes qui subissent les blessures physiques et psychiques de ces monstres pervers narcissique et manipulateur. La souffrance de Clara qui est retrouvée morte les veines tranchées dans la piscine qu’elle fréquentait, dans cette eau où elle aimait plonger pour oublier et parfois même pleurer sous l’eau, cette expression définissant une personne en souffrance qui vient noyer sa peine dns l’eau des bassins. C’est la compagne et équipière de ce cher Tomar Khan qui mène l’enquête. Tous pense au suicide mais l’instinct de Rhonda lui dicte qu’il y a quelque chose d’autre à chercher. Comment peut-on en arriver au suicide ? qui se cache derrière cela ? Rhonda est un personnage fort et doté aussi d’une profonde humanité. Je l’ai trouvé très attachante. Et puis, il y a Thomar Khan, notre commandant de police préféré. Lui cache ses blessures notamment celles infligées par son tortionnaire de père qui frappait sa mère et son frère jusqu’à la délivrance de cette violence avec son parricide qui n’a de cesse de le hanter. Il y a aussi cette enquête sur la mort d’un de ses collègues qui voulait le faire tomber. Une nouvelle procureur veut lever le voile sur cette affaire. L’a-t’il tué ou si ce n’est pas lui, qui d’autre aurait pu commettre cet assassinat. Une double enquête menée tambour battant, un rythme à cent à l’heure comme sait si bien les construire Niko Tackian. C’est un polar percutant, un des meilleurs Niko Tackian sans nul doute mais je dois émettre une petite réserve sur ce livre : je l’ai trouvé trop court. J’aurais aimé en apprendre davantage sur Clara, que l’histoire autour d’elle soit plus étoffée car j’ai été profondément touché par ce qu’elle a subi. En voulant rendre un vibrant hommage aux femmes qui tentent de se libérer de l’emprise de ces hommes violents, le tout en plein mouvement MeToo, Niko Tackian m’a ému.

Ma note: 4/5

Broché : 250 pages
Éditeur : Calmann-Lévy (2 janvier 2020)
Collection : Les enquêtes du commandant Tomar Khan (3)

niko