Cinéma : « Call Me By Your Name » de Luca Guadagnino

4076138.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxxL’Histoire : Été 1983. Elio Perlman, 17 ans, passe ses vacances dans la villa du XVIIe siècle que possède sa famille en Italie, à jouer de la musique classique, à lire et à flirter avec son amie Marzia. Son père, éminent professeur spécialiste de la culture gréco-romaine, et sa mère, traductrice, lui ont donné une excellente éducation, et il est proche de ses parents. Sa sophistication et ses talents intellectuels font d’Elio un jeune homme mûr pour son âge, mais il conserve aussi une certaine innocence, en particulier pour ce qui touche à l’amour. Un jour, Oliver, un séduisant Américain qui prépare son doctorat, vient travailler auprès du père d’Elio. Elio et Oliver vont bientôt découvrir l’éveil du désir, au cours d’un été ensoleillé dans la campagne italienne qui changera leur vie à jamais.

« Call Me By Your Name » est une ode au désir, à l’amour, une célébration des sens mais également une réflexion profonde sur l’âge des premiers émois, sur le temps qui passe comme coule un torrent. On est ému par la beauté des décors, par la richesse du propos, la profonde humanité, la sincérité qui émane de ce film singulier, magistralement interprété par Armie Hammer et surtout le jeune Timothée Chalamet, qui m’a tout particulièrement touché par son jeu tout en nuance. Luca Guadagnino met en image l’écheveau des sentiments propre à l’adolescence, moments de découvertes, d’attirances plus ou moins refoulé vers l’un ou l’autre sexe ou bien encore les deux. Parce qu’ici au fond, il importe peu de savoir si ce jeune homme est plus attiré par les hommes que par les femmes, ce qui compte c’est la teneur des sentiments exprimés, leur vérité. A l’image d’un Kechiche dans « La Vie d’Adèle », Luca Guadagnino filme la passion, les tumultes qui la caractérise, l’assouvissement de la chair puis la séparation des êtres avec une maestria peu commune. Gorgé de soleil, d’eau, de nature, de nourriture, tout « Call Me By Your Name » tend vers cet éloge de la vie, de la chair, de l’apaisement des sens, de cette soif de culture, de comprendre ce qui peut se jouer dans ces moments délicieux où l’on semble perdre pieds. Rarement, le désir n’aura été aussi bien défini, montré comme étant à la fois métaphysique et dans un même élan joyeusement temporel. Vouloir être ou tout l’un ou tout l’autre est une erreur. Certes, on aime, surtout à notre époque, mettre des noms sur les choses, mettre l’attirance pour l’un ou l’autre des deux sexes dans des catégories, dans des cases, mais luca Guadagnino nous délivre un message d’universalité ou comment être à la fois nous même et dans un même élan se fondre, s’oublier dans les yeux de cet autre pour qui bat notre coeur. Ce film est sublime, délicat, sensible, il se joue de notre trouble, de ce miroir tendu sur nos regrets, nos déceptions, nos peines tout en apportant non pas une réponse à ces maux (ce serait trop simple) mais une réelle proposition de cinéma, audacieuse, vivante. Magistral.

Ma note:5/5.

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